Congrès de l'UOIF : Dieudonné et Soral en vedettes américaines

C'EST CHAUD mardi 14 avril 2009

Par Mimissa Barberis



Comme chaque année à la période de Pâques, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) a organisé sa rencontre des musulmans, du 10 au 13 avril, au parc des expositions du Bourget. Des personnalités de l’islam étaient présentes. Parmi elles, l’intellectuel Tariq Ramadan, l’imam de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, ainsi que le directeur de l’Institut européen des sciences humaines de Paris, Ahmed Jaballa. Et puis, au Bourget, on croise toujours des personnes connues, sans lien apparent avec l’islam : ce sont soit des membres du gouvernement – mais ça, c’était il y a quelques années, quand l’UOIF invitait le ministre de l’Intérieur Sarkozy à s’exprimer à la tribune –, soit des sympathisants de la cause, sans qu’on sache quelle cause au juste ils défendent. Samedi, ce furent Dieudonné et Alain Soral, ex-tête pensante du Front national, qui a quitté le parti de Jean-Marie Le Pen parce qu’il trouvait que sa fille Marine avait des idées un peu molles.

A l’entrée du Parc des expositions, une jeune femme distribue des tracts aux participants, annonçant la candidature de Dieudonné, Alain Soral et Yahia Gouasmi, président de la Fédération chiite de France, aux élections européennes du 7 juin sous les couleurs d’un Parti antisioniste (PAS). Dieudonné et Soral se tiennent près du stand des Editions Tawhid. Dieudonné est assiégé par des participants au congrès de l’UOIF, un caméraman filme la scène. Alain Soral déserte cet espace médiatique. En retrait, il semble apprécier la scène.

Tous les moyens sont bons pour démarcher des électeurs potentiels. Mais les avis sont partagés. Deux jeunes filles de confession musulmane voient là un « prétexte pour recueillir le plus de suffrages ». Elles considèrent la présence de Dieudonné et Soral comme « un abus et une atteinte à l’image de la communauté musulmane. Ce sont des personnalités d’extrême-droite qui n’ont pas à être présentes ici. Encore une fois, cela va contribuer à ternir notre image. » Un autre regrette en revanche de ne pas les avoir vus. « Ils ne me dérangent pas, dit-il. Et même si Dieudonné s’affiche avec le Pen, qu’importe, lui au moins il se mobilise contre l’Etat sioniste d’Israël et défend la cause palestinienne. »

Le conflit israélo-palestinien qui a fait couler tant d’encre et de sang en décembre et janvier derniers, justifie-t-il que certains musulmans épousent les thèses du Front national, quand ils ne vont pas plus loin qu’elles ?

Mimissa Barberis

Mimissa Barberis