Devant, l’Antarctique, derrière, le continent africain

BONDYMONDE dimanche 20 juin 2010

Par Inès El laboudy @InesLabou



Le Cap est connu pour ses paysages magnifiques et ses plages de pingouins et otaries. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu un coup de foudre pour une ville autre que Paris. C’est décidé, mes prochaines vacances, je les passerai au Cap. Plus précisément à la pointe ouest du Cap : Cap point. Oui bon, je sais que pour cela il faut avoir des thunes parce que c’est un coin plutôt bourge, mais ça n’interdit pas rêver. En tout cas, tout notre groupe est d’accord sur un fait : le Cap, c’est mortel !

Se trouver sur une plage à même pas 9 heures du matin, c’est un luxe. Un air marin glacial vous réveille de plein fouet. Tout le monde à la tremblote tant l’air est frais. On prend quelques photos puis direction l’« île aux phoques ». Beauté du tableau, mais l’odeur nauséabonde dégagée par les rochers, du fait des excréments des otaries qui les recouvrent, renvoie tout le monde à l’intérieur du bateau plus tôt que prévu.

Ensuite le jardin botanique de Kirstenbosch nous ouvre ses portes. L’entrée coûte 30 rands soit 3 euros environ. En été c’est 35 rands car on donne là des concerts classiques ou folkloriques. Dans ce parc, il y a 9000 des 20 000 espèces de fleurs recensées en Afrique du Sud. Une explosion de couleurs rien que pour vos yeux. Il s’étend sur une trentaine d’hectares et des bancs en bois munis d’une plaque nominative jonchent le chemin. Ces plaques portent le nom des personnes qui ont fait des dons pour le parc.

Il n’y a pas de personnel affecté à l’entretien du parc. Chaque personne est responsable du ramassage de ses ordures et on se rend compte qu’il n’y a pas une saleté au sol. Il faudrait que certains Français fassent un stage de civisme dans ce parc. Il compte 45 jardiniers qui se transmettent la charge de père en fils et on y trouve même des Ibis, des oies, des pintades et des canards égyptiens, en références au noir qui entour leur yeux comme le maquillage des pharaons.

Des cordes tendues ont été tendues pour permettre aux aveugles de se promener dans ce lieu. Les non voyants marchent donc en tenant la corde et dés qu’ils rencontrent une pierre, ils savent qu’il faut s’arrêter car une plante se trouve là. Une plaque en braille leur donne toute l’info. Dans ce parc, une plante est particulièrement présente, le cycad, « la plante que les dinosaures ont vu », comme l’indique une plaque. A la sortie, il y a plein de « fleurs du paradis » à côté d’une statue de Nelson Mandela. Ces fleurs, magnifiques, on été plantées en son hommage.

Après un déjeuner au bord d’une plage de sable blanc, où nos petits reporters ont pu se dégourdir les jambes en jouant au foot avec leurs profs et des petits locaux, nous nous dirigeons vers Simon’s Town, petite ville bucolique de bord de mer bordée d’une superbe plage protégée, car elle est recouverte de pingouins. Enfin, comme nous sommes tous de vains sportifs, nous nous rendons au Parc national du Cap de Bonne-Espérance. C’est une réserve naturelle réputée pour sa flore endémique exceptionnelle. Et pour ses animaux. Des autruches, springboks, élands ou encore zèbres ont été réintroduits dans ce parc. Nous avons eu la chance de tous les voir, avec des pintades et des babouins en prime.

En 1580, l’explorateur anglais Francis Drake parlait de la pointe du Cap comme du plus bel endroit qu’il ait vu au cours de sa navigation autour du monde. Après être monté tout en haut d’une falaise pour rejoindre le phare qui la surplombe, nous sommes allés à un endroit symbolique portant cet insigne : « Cape of good hope, the most south-western point of the african continent ». En se mettant face à l’Océan Pacifique, on se dit qu’à 300 km devant nous il y a l’Antarctique et derrière nous, des millions d’Africains habitant de nombreux pays aux coutumes toutes aussi variées les unes que les autres. Nous nous trouvons simplement à la pointe extrême ouest de l’Afrique du Sud…

Inès El Laboudy (Le Cap)

Précédents articles de la série :
Vuvuzelas-nous-voici
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Chez-une-seconde-epouse-dans-un-village-du-swaziland

Inès El laboudy