Les politiques prennent l’avion : ça balance grave…

C'EST CHAUD samedi 27 novembre 2010

Par Mimissa Barberis

T’as déjà vu Rachida Dati ? Oui, la première fois, elle était encore ministre de la justice. Elle était accompagnée de son garde du corps armé. Elle se tenait toute droite, pas de sourire, le visage fermé. Elle regardait droit devant et traçait son chemin. Et François Bayrou, le président du Modem ? Bayrou, je le kiffe. Qu’il soit à la bourre ou en avance, il est toujours le même. Il va vers les gens. Limite si tu ne le tutoies pas. Il est très agréable. A l’aéroport où je travaille, tout le monde le kiffe. Les hôtesses de l’air d’Air France, je ne t’en parle même pas…

La première fois que je l’ai vu, il était à la bourre. C’était il y a huit mois je crois. Je suis allée le chercher à sa voiture, au niveau des départs. Il était avec son garde du corps armé, un grand Antillais, lui aussi adorable. Bayrou était souriant. Son « bonjour mademoiselle » est sincère. Il te pose des questions sur les conditions de ton travail, il te demande si « tout se passe bien ». Un moment donné, lorsqu’on est entré dans l’aéroport, il a entouré mon épaule de son bras. Sur le coup, je n’ai pas compris ce qu’il était en train de faire, mais ça m’a trop fait kiffer. On a traversé le hall jusqu’au PIF (poste d’inspection filtrage). Ensuite je l’ai monté au salon Air France, un salon VIP. Il m’a remerciée. Il a égayé ma journée.

Michèle Alliot-Marie, la ministre des affaires étrangères ?

Il y a un an, elle arrivait d’un vol de Biarritz. Elle devait repartir sur Paris en deux-deux. C’était à une période, je crois, où il y avait une campagne électorale. Elle est arrivée, très fraîche mais elle voulait absolument se refaire une beauté. Je l’ai accompagnée aux toilettes. Elle s’est changée, remaquillée. Elle est ressortie double V, la grande classe comme d’habitude. C’est vraiment une femme proche des gens, elle est très souriante, charismatique. Lorsqu’elle te parle, elle te regarde droit dans les yeux. Elle te dit bonjour avec une forte poignée de main. Elle est très agréable. C’est un plaisir de faire ses escortes. C’est pas comme certains qui t’ignorent de long en large, du style Rachida Dati. Tu sais, il y en a un autre, je ne sais plus comment il s’appelle… Tu sais, il est un peu rond…

Euh, je ne vois pas… Tu veux parler de Xavier Bertrand ?

Oui. Alors lui, c’est comme Rachida Dati, il t’ignore.

Du style ?

Du style il ne te calcule pas. Il fait comme si que tu n’étais pas là. T’es juste là pour lui faciliter le passage.

Qui d’autre encore ?

Attends, je réfléchis. Ah oui, il y a Morizet. Valérie Morizet. Non, pas Valérie Pécresse. Je n’arrive pas à retenir son nom.

Tu veux parler de Nathalie Kosciusko-Morizet, la nouvelle ministre de l’écologie ?

Oui, voilà. Alors, elle, tu n’as même pas envie de lui faire un salut. Sais pas, elle a une manière hautaine de regarder les gens. Tu sais, elle te regarde comme ça, sur le côté.

Oui mais bon, elle réagit quand tu lui dis bonjour ?

Ouais, elle réagit, mais elle trace.

Who else ?

Dominique de Villepin… Alors lui, c’est une crème. Il arrivait d’un vol du sud de la France. Je ne sais plus d’où exactement, enfin bref. Il était chaussé d’une petite paire de mocassins, sans chaussettes, vêtu d’un petit pantalon en lin et d’une petite chemise en lin. Sa femme l’accompagnait. Elle est très coquette, discrète, polie, classe. Lui, il a de la prestance, il est grand, élancé… Tu le remarques, quoi !

Et Jean Sarkozy, tu l’as déjà vu ?

Alors lui c’est la poule mouillée de service.

Comment ça ? T’exagères pas un peu…

Je te jure, c’est un peureux. Il a peur de son ombre.

Raconte, qu’est-ce qui s’est passé ?

Il partait sur un vol en France et il lui fallait toute une ribambelle de gardes armés. Il fallait qu’à son passage il n’y ait personne, aucun passager sur son chemin.

Mais pourquoi ?

Sais pas, peut-être qu’il a peur de quelque chose, mais bon, en même temps, c’est le fils du président.

Bon, qui on n’a pas fait encore… Ah, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur et de l’immigration…

Là, tu touches à du lourd. Hortefeux c’est waaaahh ! Lui, c’est des grosses anecdotes à te balancer et à me faire virer… Tout le monde flippe de lui à l’aéroport, que ce soit les flics, les nanas d’Air France, le personnel.

Ah oui, pourquoi ?

Parce qu’il est très rigide. Il veut qu’on se lève quand il passe devant les PIF. C’est un tueur ! C’est tellement un tueur que plus personne ne veut faire ses escortes.

C’est à dire ?

C’est quelqu’un de très spécial. Tout doit être carré quand il débarque. Il veut être salué. Limite si on ne lui déroule pas le tapis rouge. Quand il part sur un vol, une personne de l’aéroport lui est attitrée. C’est toujours la même personne qui s’occupe de lui. C’est vraiment le relou de service, le casse-bonbons de service si tu préfères…

Exemple ?

Un jour, il y avait un collègue qui était en train d’effectuer des contrôles. Hortefeux arrive. Il monte au service Air France. Le collègue ne l’a pas vu arriver. Au moment où il passe, le collègue ne se lève pas. Boum ! Ça a fait boule de neige… Hortefeux s’est plaint auprès de la directrice de l’époque, jugeant admissible le comportement du collègue qui ne s’était pas levé à son passage. Rapport. La directrice a fait redescendre  l’« incident » par la voie hiérarchique. Elle a demandé des explications au collègue. Il s’est expliqué. Conséquence : il a été sanctionné. Je pense que c’est à partir de là qu’une personne, toujours la même, lui a été affectée comme escorte.

Et sa femme, elle est comment ?

Elle est très classe. Eux deux, c’est le jour et la nuit. L’eau et le feu. La douceur et la rigidité. Elle, elle est belle, grande, élancée, des jambes magnifiques, gentille. Elle discute. Elle est très affectueuse avec ses enfants. Elle a l’air très cultivée.

Next. Rama Yade ?

Elle est extrêmement belle. C’est la classe absolue. Beaucoup de prestance. Elle est souriante, agréable. C’est bizarre quant tu la vois avec son mari. Ça fait un peu la nana de cité avec son mec BCBG. Ça se voit qu’ils s’aiment, ils vont bien ensemble.

Jean-Marie Le Pen ?

Il est excellent. Il arrive à l’aéroport, il est chez lui. Il vient, il rentre. Dès qu’il est opérationnel, il nous dit « si vous êtes prêts on peut y aller ». Il n’est vraiment pas pressant du tout. Il ne se prend pas la tête.

Et sa femme ?

Une vraie pipelette. Elle blablate pour ne rien dire. Elle parle durant tout le trajet : de l’endroit où on va les chercher jusqu’à leur avion. Le Pen, il reste cordial, il dit bonjour. Tu sais que son garde armé, c’est un grand Black ?

Qui donc encore ? Christian Estrosi (ancien ministre de l’industrie, maire de Nice) ?

Il est tranquille. Plus vite il est arrivé à Nice, mieux il se porte.

Propos recueillis par Mimissa Barberis