A passage to India 4/5

BONDYMONDE, C'EST CHAUD jeudi 13 septembre 2012

Par Hugo Nazarenko-Sas

L’Inde aime le cinéma. Passionnément. Dimanche soir. Il est un peu plus de 19 heures. Le jour se couche sur Jaipur, situé au nord de l’Inde. Le cinéma Raj Mandir, lui, se réveille seulement. Ici c’est une institution. Une fierté locale. C’est le plus grand du pays quand même. Au programme ce soir, une superproduction bolywoodienne – Ek Tha Tiger – attendue comme le messie par des centaines de millions d’Indiens.

La séance est pour 21h30. Mais déjà des centaines de personnes se massent devant les guichets chauffés à blanc. Hommes et femmes ont chacun leur file. Celle des hommes semble être régie par une règle simple : la loi du plus fort. On se bouscule, ça joue des coudes, près d’une heure et demi avant l’ouverture des guichets, Mais une chose est déjà sûre : tous n’auront pas  leur place.

Un premier ordre semble s’établir. Un homme, qui compte parmi les premiers dans la file, jouit de son statut. Il se dresse sur les balustrades et lance une vanne, visiblement a l’attention de ceux de derrière. Et la foule de s’esclaffer. Une partie du moins. Dans l’autre, les esprits commencent à s’échauffer, rendant l’atmosphère, déjà lourde, quasi irrespirable.

Les plus chanceux sont venus accompagnés. Mon voisin, qui doit avoir une quinzaine d’années tout au plus, me présente sa femme avec une certaine émotion. Grace à elle, il aura une place. Ce a quoi chacun ici aspire. Du coup, bouillonnement perpétuel. Et plus encore. Deux énormes tracteurs ( !?) viennent fendre la foule, pressant les candidats aux billets contre les barrières, jusqu’à plus d’air. Un policier arrive. C’est lui qui vient inscrire le nombre de places disponibles sur le tableau – on ne s’étonne plus de rien maintenant. La mèche s’allume. Tout un chacun hurle, pousse. Le policier joue du bâton.

21 heures. Les guichets ouvrent. Les mal placés souffrent. Ceux qui ont leur ticket en poche soufflent. Ils vont pouvoir reprendre le leur pendant quelques minutes. Après il faudra redonner du sien. Très vite en fait. Tous sont installes maintenant. L’énorme écran s’allume et inonde de lumière l’immense salle – on doit être plus de cinq cent là dedans.

Salman Khan apparaît. Mon ignorance quant à la notion d’icône disparait. Chacun y va de son cri, bat des mains et cogne son siège. Brouhaha monstre. Pourtant, monsieur Khan n’est pas dans la salle. Juste sur l’écran. Un peu plus tard, revoilà notre héros, en pleine séance de séduction. Un homme se lève et braille quelque chose en Hindi. Au vu de l’enthousiasme de la salle, ça doit se rapprocher de près ou de loin d’un vibrant ” Pécho laaaaaaaaa”.

A chaque prouesse du dieu Khan, on n’entend plus rien.  Heureusement, les dialogues ne sont pas le principal point fort du héros. Ça donne deux heures et demi à plein régime.

Il est minuit. Devant le cinéma, les possesseurs de motos roulent des mécaniques et font vrombir leurs moteurs. Ceci explique cela. Dans la scène finale, Salman Khan parvient à échapper à ses ennemis … à moto.

Hugo Nazarenko-Sas, Jaipur ( Rajasthan)

Les réactions des internautes

  1. lundi 17 septembre 2012 07:45 Terao

    L'écriture est bonne mais c'est tout. Je m'explique : c'est du journalisme français courant, à savoir une description d'un pays que le narrateur ne connaît pas. En gros, n'importe quelle personne qui vient d'arriver en Inde peut écrire ça (je vis en Inde, donc je sais de quoi je parle). Quand je lis des articles, je veux que l'auteur soit un spécialiste du pays. Si je veux des descriptions d'amateurs, je me contente de blogs classiques... Je considérais le Bondy blog comme un media spécialiste, mais je me suis trompé apparemment. Un autre problème est le style déductif utilisé plusieurs fois dans cette série d'articles. Ex : un homme se lève et braille quelque chose en Hindi. Au vu de l’enthousiasme de la salle, ça doit se rapprocher de près ou de loin d’un vibrant « Pécho laaaaaaaaa ». Là aussi, du journalisme, c'est censé être de l'info, pas de l'imagination. Si on sait, on écrit, sinon on n'écrit pas, point. Mais continue comme ça. Tu es bien parti pour avoir ta place dans une rédaction de journaleux français.
    • lundi 17 septembre 2012 09:30 commandant minos

      Terao, le bondy blog est un blog, pas un journal, fait par des amateurs.
  2. vendredi 14 septembre 2012 09:40 hop HOPE

    Pour une séance de cinéma , quelle ambiance faut-il qu'ils aient besoin "d'échappatoires" pour embellir leur quotidien Texte "pris sur le vif", qui mets dans l'ambiance et fait participer aux émotions vécues J'ai n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation du brouhaha lors de l'apparition de la star quelle ambiance, en sortant de là vous deviez être "étourdi "par tout ce remue-ménage Merci d'avoir fait partager tous ces moments ainsi que celui à la sortie Je me souviendrai un bon moment de votre séance de cinéma à Jaïpour
    • vendredi 14 septembre 2012 11:23 Sage homme

      Chère madame, L'inde n'est pas ce que transcrit ces billets, ecrits seulement par des aspirants journalistes qui copie "l'objectivité" perçue suivant ma définition. En effet, il n'y a rien de plus tendancieux qu'un objectif , qu'il soit d'une camera ou bien un but à atteindre. Un Objectif quelconque est par définition focalisant, et ne vous montre que ce que l'on veut vous faire croire. Croyez en un ancien qui s'est fait des idées préconçues au travers de la télévision et des journaux à propos de beaucoup de pays, avant d'avoir la chance de vivre dans plusieurs de ces pays de longues périodes de sa vie. Madame, la seule chose que je vous direz de l'inde, est que ce n'est pas un pays de rêve mais pas pour ceux qui y vivent. bonne journée madame. :sad:
      • vendredi 14 septembre 2012 11:44 hop HOPE

        @Sage Homme Je ne pense pas sincèrement avoir une connaissance de l'Inde à travers ce billet mais avoir assisté à un moment du voyage du journaliste qui l'a marqué et il nous l'a fait partager Rassurez-vous je n'ai pris cela que pour un évènement donné en un lieu et jour donnés avec des protagonistes qui se sont précipités un jour de première d'un film qui me semblent un peu trops "actifs" en ce lieu Ici à ce qu'il semble il se passe "des trucs" un peu du même genre lorsque sort un nouveau jeu électonique ou un nouveau modèle de ces appareils que beaucoups désirent posséder les premiers pour des raisons qui leur sont propres et.. risibles à mon avis Très bonne journée à vous monsieur
      • vendredi 14 septembre 2012 11:24 Sage homme

        "dirai" c'est mieux
  3. jeudi 13 septembre 2012 22:41 Rémi HATTINGUAIS

    Super article Hugo !! on y était !!!
  4. jeudi 13 septembre 2012 19:30 Kamran

    c'est salman KHAN et non KAHN.