UMP : les coulisses d’un duel

Les partisans de l’UMP devront bientôt désigner leur dirigeant. Le choix est simple : François Fillon ou Jean François Copé. Le soir du 18 novembre, la droite aura un nouveau patron. En attendant, les deux hommes se disputent un siège particulièrement confortable puisqu’il pourrait bien, en 2017, propulser le vainqueur du duel à l’Elysée.
Du François dans leurs prénoms – un patronyme de président décidément – les deux hommes partagent aussi un certain nombre de points communs. Durant leur débat télévisé assis autour du plateau « Des paroles et des actes » sur France 2, les deux candidats se sont exprimés posément, avec calme. Normal. Jean-François Copé a déclaré durant le débat : « François et moi faisons partie de la même famille. » Son adversaire a souri poliment.
Copé et Fillon ont fait une chose intelligente: ils se sont entendus, compris et complimentés, sous le regard de millions de Français. Une bonne stratégie. Pourquoi voter pour un parti politique si les désaccords et une mauvaise entente toxique s’affichent avec trop de force entre ses leaders ?
En 2011, lors des primaires citoyennes du Parti Socialiste, François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Montebourg et les autres étaient un poil plus cache. Des petites phrases ont été sorties, voir quelques piques. Dans la famille socialiste, l’adage « L’union fait la force » avait été quelque peu oublié le temps d’une primaire.
Copé et Fillon semblent avoir la maxime en tête pour le moment et l’appliquent, en apparence tout du moins. Leurs soutiens, et parmi eux d’anciens ministres, ne se privent pas pour postillonner sur l’adversaire de leur champion. «Copé n’a jamais fait de reforme », affirme par exemple Valérie Pécresse, ancien ministre du Budget sous le gouvernement Fillon, et soutien actuel de l’ancien Premier ministre.
Frapper sur l’orientation, la pensée, ou les idées politiques de son adversaire se fait toujours avec une arme à double tranchant, quand celui à qui on veut porter le coup fait partie de la même famille politique. C’est comme dans la vraie vie : si les embrouilles de famille sont souvent les plus violentes, nul sur la place du marché ne doit les deviner.
Surtout que cette année l’UMP fête ses 10 ans, le 17 novembre prochain, la veille du scrutin. Une date symbolique qu’a choisie Jean-Louis Borloo comme jour de naissance de son nouveau parti, l’Union des démocrates indépendants. Une défaite électorale à digérer, un anniversaire à fêter et une nouvelle concurrence à gérer, les deux candidats doivent marcher sur des œufs pour faire la différence.
Heureusement la technologie aide à se démarquer sans trop montrer qu’on tapote sur l’adversaire. Jean-François Copé semble bien dans son temps, avec pas moins de 93.000 abonnés à son compte Twiiter, qu’il fournit généreusement de sa pensée, photos et autres vidéos. François Fillon n’a que 32.500 personnes qui le suivent mais le nombre de messages postés reste équivalent. Les tweets des deux candidats se ressemblent parfois comme deux gouttes de pluie : «Je veux saluer le courage, l’engagement, la passion de tous ceux qui ont tout donné pour #Sarkozy lors de la campagne », clamait Jean-François Copé. « Beaucoup de Français n’ont pas vu à quel point les mesures difficiles que nous prenions avec Nicolas Sarkozy étaient absolument nécessaires », affirmait l’ancien Premier ministre. Là aussi, aucune divergence affichée concernant l’héritage léguée par le vaincu de la dernière présidentielle. Les nombreux nostalgiques de Nicolas Sarkozy doivent être séduits.
Pour l’instant, François Fillon fait la course en tête. D’après les sondages 45% des Français souhaitent qu’il soit élu à la tête de l’UMP contre 11% pour son adversaire. Mais ce ne sont pas tous les Français qui voteront le 18 novembre, juste les militants du parti. C’est là tout l’espoir de Jean-François Copé.
L’ancien Premier ministre est favori, malheureusement il a pour l’instant d’autres soucis. Mercredi soir, il est entré à l’hôpital du Val-de-Grâce pour des souffrances liées à un calcul rénal. Mais son entourage promet qu’après un repos forcé, la course à la présidentielle de l’UMP reprendra dès le week-end prochain.
Kahina Mekdem

Les réactions des internautes
Jeudi 8 novembre 2012 21:46 JN Tribolo
Vendredi 9 novembre 2012 08:08 ledaron
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Jeudi 8 novembre 2012 09:10 LANDREAU
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Jeudi 8 novembre 2012 06:04 luxus