Sur les traces du Premier ministre

AMBIANCE jeudi 6 décembre 2012

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’aller visiter un bâtiment, avec 22 de mes camarades. Un endroit qui nourrit certains mythes et certaines intrigues, au 57 de la rue de Varenne : l’Hôtel Matignon, lieu de résidence et de travail du Premier ministre. On comprend que le quartier n’est pas banal lorsque l’on sort de la station de métro Varenne : vue sur la Tour Eiffel, sur l’Esplanade des Invalides et ses fameux canons, voitures de luxe telles que Lamborghini, Ferrari et 2 ou 3 Peugeot 206… En tant qu’enfant de la banlieue, j’ai pu remarquer quelque chose de choquant par rapport à mon lieu de résidence : il serait impoli de révéler la moyenne d’âge du quartier, d’après ce que j’ai pu constater. Mais la chose la plus choquante pour moi : aucun Kébab à l’horizon. Après ce genre d’observations, je suis arrivé en face du lieu de résidence actuel de M. Ayrault. Je reconnais la porte que j’observe sur BFM TV quasi-quotidiennement. Grande porte blindée, ouverte furtivement d’où sort en hâte la voiture du Premier ministre sous la cascade des flashes des paparazzi, chahutés plus ou moins violemment par des gendarmes.

Aujourd’hui, l’entrée de l’hôtel est calme. Je pense que c’est dû au fait que les journalistes n’ont pas jugé utile de filmer l’entrée des étudiants de Paris 8 dans la demeure du chef du gouvernement. Un garde est présent, nous regardant d’une cabine identique à celle que l’on trouve au jardin du Luxembourg. J’ai de la compassion pour lui : il semble s’ennuyer fermement, et nous observe, histoire de passer le temps.

Bref, à l’heure prévue, un gendarme sort d’une petite porte sur la gauche. Il vient nous donner les consignes : ne pas pénétrer à plus de cinq dans une petite salle cernée par six policiers, où l’on passe nos sacs aux rayons X. On atterrit dans la cour officielle de Matignon, celle qui accueille les nombreux chefs d’Etats.Voitures dignes de clips de rap. Mon père et sa vieille Xantia peuvent donc retourner à la casse.

Marcher sur les traces de personnes comme Obama ou Giorgo Napolitano, présent deux jours avant notre venue, représente un symbole fort pour un jeune élève de science politique. Dans la cour de Matignon, nous avons été dès lors, encadrés par un homme ressemblant fortement à Jean-Marc Ayrault. Il nous a énuméré ses nombreuses fonctions au sein de « la maison » : animateur (il se charge d’organiser les évènements culturels prévus par le chef de gouvernement et son épouse), conservateur du patrimoine de Matignon et pour couronner le tout, chargé des relations avec le public, d’où sa présence lors de la visite de ma classe.

Bref speech sur la création de Matignon en 1720, bâtiment abritant la famille royale de Monaco (que l’on aurait donc aussi pu appeler « Hôtel de Monaco »). Après de nombreux changements de propriétaire, Matignon est assigné au chef du gouvernement à partir de 1935. Rapide photo de ma promotion à l’endroit même où les ministres font leur « photo de classe ». On entre par une petite porte dans une salle comme celle que l’on voit dans les films. Grande table, couverte d’une nappe rouge avec juste un dossier, un stylo et un micro en face de chaque chaise. Nous sommes invités à siéger autour de cette table, où prennent place habituellement les énarques du conseil ministériel ou les membres du cabinet. Nouvelle présentation de la vie de Matignon.

La chose m’ayant le plus marquée lors de cette intervention d’une demi-heure fut le fait de constater que les membres travaillant à Matignon, quelles que soient leurs idées politiques, peuvent rester en poste 30 ans de suite au sein de l’hôtel (ce qui était par ailleurs le cas de notre guide, fonctionnaire de Matignon depuis 1979). Pour garder ce genre d’emploi, nous avons par ailleurs pu observer l’admirable langue de bois, propre aux politiciens, de notre hôte à la question de notre camarade québécois « quel est le Premier ministre sous lequel vous avez préféré travailler ? »

Nous sommes ensuite passés par une ou deux autres pièces, où, je dois l’avouer, mon attention était partie se balader dans les rues parisiennes. Je me rappelle juste que le guide a évoqué le fait que la salle était identique à son état au XVIIIe siècle. Mon esprit ne m’est revenu qu’après avoir repris contact avec l’extérieur, dans les jardins de Matignon. Grand espace vert, parsemé d’arbres, sous lesquels sont placés quelques bancs. J’anticipe la question : « T’as croisé le Premier ministre ? ». La réponse est non.

Il aurait fait, d’après les dires de certains élèves, une brève apparition au balcon, pour surveiller ce qui se passait dans son jardin, sans s’attarder. On voyait la lumière allumée dans son bureau. Sûrement en train de se triturer l’esprit à tenter de trouver une solution au casse-tête de Notre-Dame-des-Landes. On a par ailleurs obtenu un scoop : par tradition, comme tout Premier ministre, Jean-Marc Ayrault plantera un arbre dans les jardins de Matignon. Notre premier ministre jardinier plantera donc, en cette fun de mois de novembre, un magnolia.

Nous avons enfin terminé la visite là où nous l’avions commencée : dans la cour de Matignon, en train de rassembler avec peine mes 4 euros pour rentrer chez moi, faisant face aux voitures blindées sans prix des hauts fonctionnaires de Matignon. Deux prospectus nous ont été généreusement offerts par la maison.

Nous sortons par la grande porte, sauf que pour nous, aucune agitation, personne dans la rue à l’exception du même policier qu’à l’entrée. Je sais cependant que certains d’entre-nous se voient déjà, dans une trentaine d’années, sortir de ce même édifice, les regards braquées sur eux, assaillis par les flashes des photographes. Ils n’ont pas des « étoiles pleins les yeux » comme les petits enfants, mais des idées dans la tête, une ambition grandissante dans le cerveau.

Tom Lanneau

Les réactions des internautes

  1. vendredi 7 décembre 2012 16:09 Cath

    En sus du kébab vous avez oublié la boucherie halal. A chacun ses ambitions.
    • lundi 10 décembre 2012 10:57 Mathieu

      Vous commentez le bon article ?
  2. vendredi 7 décembre 2012 09:37 jps

    Mr Lanneau est il allé à Matignon? Il y a au moins une erreur par paragraphe. Ayant passé une partie de ma vie professionnelle et privée dans ce quartier j'y ai vu des voitures familiales classiques mais jamais de Lamborghini ou autres, le propre de la bourgeoisie et surtout de la bourgeoisie du 7ème arrondissement est d'être discrête. Les paparazzi devant Matignon on rêve, il peut y avoir des journalistes et c'est très rare. Les paparazzi sont à l'elysées-matignon club de nuit de l'avenue Matignon. On ne marche pas sur les traces d'Obama ou de Napolitano, à Matignon, le chef du gouvernement français ne reçoit pas de chefs d'Etats ceux-ci sont reçus au palais de l'Elysée. Le nom de Matignon vient d'un titre des princes de Monaco qui sont ducs de Matignon ville de Bretagne, donc l'hôtel de Matignon n'aurait jamais du s'appeler "de Monaco" On ne parle pas de langue de bois pour les fonctionnaires en place mais du devoir de réserve des fonctionnaires qui par ailleurs ne sont pas des politiciens. Tous les fonctionnaires prêtent serment et par ce serment sont tenus à ce devoir de réserve. Les voitures sans prix blindées des fonctionnaires c'est du délire. Si le "journaliste" n'avait pas eu la tête ailleurs il aurait pu nous rappeler que le jardin de l'hôtel de Matignon est le plus grand jardin privé de Paris.
  3. jeudi 6 décembre 2012 21:55 hop HOPE

    J'ai lu , comment dire cet endroit est juste un lieu ,vous semblez être troublé par le décor et les à-coté ; voitures , gardes , gendarmes ...les arbres du jardin Rue de varenne il y a aussi le musée Rodin ( entre autre ) En sortant du métro pour se diriger vers cette rue c'est l'impression de "froideur", peu de piétons qui m'avait troublée Cet endroit n'est pas un mausolé c'est un lieu de travail et de décisions qui nous concernent tous ,ceci vous ne l'abordez pas ,dommage cela aurait pu être interessant sous votre plume L'important n'étant pas le décor mais ce que l'on y fait à mon humble avis
  4. jeudi 6 décembre 2012 20:01 Bhake

    Personne ne comprend le sens ironique de cette phrase qui fait polémique ? Êtres vous à ce point déconnectés du réel que vous ne puissiez comprendre qu'il faisait justement une blague sur le fait qu'il se trouve dans un quartier .. avec un certain standing, dirons nous, alors qu'il vient lui même du 93, banlieue populaire de Paris ? D'ailleurs, les abrutis se plaignant du fait qu'il mette en avant ses différence, devrait d'abord se renseigner (Mais bon, vu que réfléchir avec d'écrire n'a pas l'air d'être de mise quand on écrit un commentaire, ma remarque est peut être un peu déplacée), l'auteur est d'origine française, né en France, et est athée. Quant à sa remarque sur les voitures de fonctions .. Bien sûr que oui elles sont blindées, c'est un minimum de sécurité obligatoire prévu par tout organisme de défense un tant soit peu "pro". Mais bien sûr, encore une fois, ça dérange de dénoncer l'opulence de nos chers hauts fonctionnaires. Et quand je vois qu'on se permet de ne pas venir accueillir des élèves qui s’intéressent un tant soit peu à ce qu'on fait, je reste quand même un peu outré ..
    • vendredi 7 décembre 2012 14:40 Talleyrand

      après avoir ramassé une volée de bois vert, il est facile de dire que c'était ironique; mais ce qui est écrit est écrit. Tout à fait d'accord avec JPS
    • vendredi 7 décembre 2012 00:17 Bondynoise

      "D’ailleurs, les abrutis se plaignant du fait qu’il mette en avant ses différence, devrait d’abord se renseigner (Mais bon, vu que réfléchir avec d’écrire n’a pas l’air d’être de mise quand on écrit un commentaire, ma remarque est peut être un peu déplacée), l’auteur est d’origine française, né en France, et est athée." En êtes-vous si sûr? Vous affirmez que Tom Lanneau est athée, vous êtes son ami ? Le 93 n'est pas qu'une banlieue populaire. Je vous invite à Villemomble, Le Raincy , Les Pavillons sous Bois, Gagny , Les Lilas et même Livry- Gargan. Qui sait?Tom a peut-être fréquenté l'école Sainte Clotilde? Il suffit de lui demander.
    • jeudi 6 décembre 2012 20:50 blanche colombe

      merci pour les "abrutis " quand on fait de l'ironie ,il faut que cela soit compris par le lecteur c'est d'ailleurs pourquoi j'ai parlé de crêperie ,de taverne alsacienne ....ou d'un troquet du québec (je ne sais pas comment ils le disent là bas ) il y avait matière à mettre de l'ironie disons que c'est raté
  5. jeudi 6 décembre 2012 16:18 Talleyrand

    je suis affligé de lire un tel texte : les voitures blindées des hauts fonctionnaires (du grand n'importe quoi !) on sent dans le discours une certaine haine des fonctionnaires ; je ne parlerai même pas de la remarque risible sur les kébabs ; et heureusement qu'il n'y avait personne pour vous accueillir à la sortie vu le nombre grandissant (pas dans le cerveau) d’ânerie que vous débitez dans ce texte !
    • jeudi 6 décembre 2012 20:09 Lafayette

      Les voitures sont effectivement blindées.
  6. jeudi 6 décembre 2012 15:04 commandant minos

    relisez-vous, c'est truffé de fautes
  7. jeudi 6 décembre 2012 14:44 Bondynoise

    Tom, Je sais bien que les jeunes aiment manger des kebabs, mais le quartier n'est pas populaire . Ceci dit, vous étiez à l'école au Raincy, il me semble? "Depuis l’âge de 13 ans, je prends le RER quasi quotidiennement afin de me rendre en cours." Les kebabs ne sont pas nombreux dans cette ville résidentielle. Par contre, j'aurais compris que vous soyez choqué par des voitures de luxe comme des Ferrari.
    • jeudi 6 décembre 2012 18:55 calex

      Je ne pense pas que votre vision des étudiants en science politique soit appropriée. J'aimerais dénoncer ces clichés sans cesse collés aux étudiants en science politique. Vous pensez réellement qu'on ne leurs demande pas d'etre intelligent , eh bien excusez moi mais votre vision très cliché des étudiants en science politique , c'est a dire des personnes qui aime étudier la chose politique et non forcément entrer dans le système politique en soit très critiquable je le conçois, est elle dénouée de toute intelligence et de réflexion poussée. Les personnes étudiants dans cette filière sont en grande partie révoltés elles aussi par ce que vous dénoncé , mais bon c'est une chose qui semble vous échapper a priori. De plus il faut préciser que l’on parle ici d'étudiants a la fac de Saint Denis, et non de l'école Science Po , ou l'état d'ésprit n'est pas le meme. Donc avant de caricaturer avec atrocité comme vous l'avez fait, essayé de pousser votre réflexion , ce serait bien plus respectable pour les étudiants en science politique , merci.
      • jeudi 6 décembre 2012 19:03 Bondynoise

        @ Calex, Ce serait bien de savoir à qui vous adressez ce message? A Christophe, je suppose.
        • jeudi 6 décembre 2012 20:31 Calex

          @ Bondynoise Oui à Christophe , excuser moi pour cet oublie
  8. jeudi 6 décembre 2012 13:47 est il francais ???

    d’après ce que j’ai pu constater. Mais la chose la plus choquante pour moi : aucun Kébab à l’horizon non mais d ou tu sors toi?? cela te choque qu il n y ait aucun kebab??ben dit donc un rien te choque a toi.mdr!! avec ce qui se passe dans le monde le mec est choqué qu il manque un kébab. pfffff j en peux plus de lire des conne.ries pareilles!!!!!!!!!!!!! je vais m arréter là ou sinon on va me traiter de raciste. mdr aucun kebab!!!! bouffon!!!
    • jeudi 13 décembre 2012 22:24 Ktoul

      Je pense que l auteur était soulagé inconsciemment de ne pas voir de Kebab! Et je le comprends...
    • jeudi 6 décembre 2012 20:57 Cam Isole

      Les kebabs n'ont pas manqué à Tom, il remarque simplement, avec ironie, que contrairement à sa banlieue, Matignon n'abrite pas des Kebab. Rien de plus. La subtilité ne semble pas être le fort de beaucoup de lecteurs...
      • jeudi 6 décembre 2012 21:28 ok!

        mais bien sur et la marmotte met le chocolat dans le papier alu.
        • jeudi 6 décembre 2012 21:36 mais oui

          encore heureux qu il n y a pas de kébab a matignon.
    • jeudi 6 décembre 2012 18:58 saintbernard

      Moi, c'est quand il y a un kebab que ça me choque.
      • vendredi 7 décembre 2012 16:06 Cath

        Et que dire des boucheries halal.
      • jeudi 6 décembre 2012 19:04 ok!

        mdr!!!
  9. jeudi 6 décembre 2012 13:29 blanche colombe

    bonjour , dès le premier paragraphe ,j'ai failli stopper la lecture :aucun kebab à l'horizon pourquoi ne pas avoir continué dans la même veine :aucune créperie,aucune taverne alsacienne ,(je pourrais continuer ) alors qu'habitant l’île de France ,vous avez la chance de visiter les monuments de Paris et des endroits célèbres pour pas cher ,il faut que vous rameniez votre différence comme si seule la différence était importante vous avez à peine écouté le guide ,votre cerveau a gommé le passé ,vous n'avez rien appris que ce tout le monde sait désolant et dire que je paye des impôts pour que vous suiviez des études .. de science politique ;; si j'ai bien compris
    • jeudi 13 décembre 2012 22:38 Ktoul

      Blanche, Sache que tu payes aussi des impôts pour engraisser tous ces porcs de hauts fonctionnaires qui vivent ds ces palais somptueux, mais aussi pour payer la Caf des gérants de Kebabs qui se gavent en faisant du black ( encore faut il que la viande soit fraîche). Et oui tout ça est dur à encaisser je sais, mais comme quoi tout se recoupe... Par contre si tu pouvais faire une petite rallonge pour que Tom fasse sa formation de journaliste tu serais sympa
    • jeudi 6 décembre 2012 14:48 Bondynoise

      Bonjour Blanche Colombe, "désolant et dire que je paye des impôts pour que vous suiviez des études .. de science politique ;; si j’ai bien compris." Je crois que Tom est à la faculté de Paris 8 ( Sain-Denis). Il a passé un bac ES. http://yahoo.bondyblog.fr/201209260206/rentree-universitaire-ou-sont-les-pom-pom-girls/
      • jeudi 6 décembre 2012 15:38 blanche colombe

        bondynoise merci pour la précision mais c'était une boutade pour moi plus qu'autre chose