Profs non-titulaires : l’angoisse à chaque rentrée

Qui sont les profs non-titulaires? Ces enseignants n’ont pas passé ou pas réussi à obtenir les plus ou moins rares places aux concours de l’Education nationale. Ils ont plutôt fait directement la preuve de leurs compétences sur le terrain, en cultivant leurs talents pédagogiques face à leurs élèves. Ils déplorent parfois leur manque de formation.
Il existe en effet une voie royale pour enseigner : la réussite du concours externe d’entrée à l’Education nationale Cette épreuve débouche sur une formation et un stage pratique à nouveau sélectifs, pour devenir un prof titulaire d’un concours. Les jeunes profs suivent généralement ce parcours assez difficile.
D’autres concours et formations très sélectifs s’adressent aux enseignants non-titulaires. Ces derniers sont des intérimaires et ils constituent environ 10 % des effectifs du second degré de l’Education nationale. Dans l’Académie de Créteil, ils représentent 15 à 20 % des profs selon les départements. Ils sont en proportion de 20 % dans les lycées professionnels.
Françoise, prof contractuelle, explique : « Chaque rentrée, pour découvrir mon affectation, je guette cette information qui arrive par voie syndicale et/ou sur le site du rectorat de Créteil ou par téléphone. J’ai intérêt à laisser mon portable ouvert toute la journée. Si je ne suis pas joignable, l’agent du rectorat peut proposer mon poste à un autre collègue. La connaissance de mon affectation pour la rentrée a lieu selon un calendrier très variable : très souvent fin août, certaines années lors de la première quinzaine de septembre… Si je n’ai pas de poste le jour de la rentrée, je dois m’inscrire à Pôle emploi pour toucher des allocations ».
« Les contractuels embauchés depuis plusieurs années peuvent s’inquiéter plus rapidement : ils ont gardé en mémoire le souvenir de la rentrée 2005, exceptionnellement difficile. Il n’y avait pas d’enveloppe budgétaire pour payer les non-titulaires. La majorité des contractuels avaient obtenu un remplacement de quelques mois vers la mi-novembre. Nous avons subi un travail à temps partiel. Certains d’entre nous n’ont pas pu avoir de travail pendant un an », se rappelle l’enseignante contractuelle.
Françoise constate que l’histoire des statuts des non-titulaires est un peu complexe : « Il y a quelques années, les maîtres auxiliaires devenaient automatiquement titulaires au bout de quelques années d’expérience, grâce à des « plans de titularisation ». Cette pratique a été supprimée ». En 2005, de nombreux enseignants débutants se sont vu proposer des contrats de vacataires d’une durée de 2 mois maximum non renouvelable et n’ouvrant pas de droits aux allocations chômage. La plupart de ces vacataires, avec l’action des syndicats, ont pu rebondir en devenant contractuels. Depuis 2007, les contractuels ont pu bénéficier, au bout de 6 ans d’expérience à plein temps minimum, d’un CDI ou contrat à durée indéterminée. Une partie des maîtres auxiliaires avaient été spontanément embauchés avec une obligation de réemploi. Mais au bout de quelques années, leur contrat a finalement été transformé automatiquement en CDI. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
« Il ne faut pas croire, poursuit Françoise , qu’avec un CDI on est vraiment tranquille. Un collègue, en CDI, se retrouve avec un temps partiel imposé. Il travaille à mi-temps mais il touche 70 % de son salaire. J’ai aussi une amie, dans l’académie de Versailles, exactement dans la même situation, qui touche 100 % de son salaire… Le sort d’un prof peut donc être différent d’une académie à l’autre ».
Au ministère de la Culture, la durée d’un CDI n’est pas remise en cause périodiquement. Le ministère de l’Education nationale, qui gère la plus grosse quantité de personnel en France et doit payer plus de 850 000 profs, n’ose donc pas trop s’engager côté stabilité de l’emploi… Cette année, sur 3200 contractuels dans l’Académie de Créteil, environ 2000 d’entre eux avaient une affectation dix jours avant la rentrée. Puis les affectations ne se poursuivaient plus pendant quelques jours, pour des raisons budgétaires. Le 5 septembre, 500 contractuels attendaient encore un poste…
Elodie Vittet
Publié le 13 septembre 2012

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Vendredi 11 janvier 2013 20:53 zinzin
Mardi 8 janvier 2013 21:54 Abrikoos?
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