« Il est impossible de vivre sans violence en Palestine »

Un groupe de jeunes palestiniens est récemment venu dans les locaux du Bondy Blog. Ils sont arrivés en pleine réunion de rédaction, pendant que nous enregistrions une des pastilles du prochain Bondy Blog Café. Les Palestiniens nous observent…Comprennent-ils seulement ce que l’on dit ? Peut-être, un peu.
Le doyen, qui a passé huit ans dans une prison israélienne, se décide enfin à parler : « Je suis très content de vous voir aujourd’hui. Je sais ce qui se passe politiquement dans votre pays et je remercie la France pour son soutien au peuple palestinien ». Dans le groupe, l’un d’eux est surnommé « I Love you », en raison de ses qualités de poète. Comme les autres, il parle en arabe et réagit, lui aussi, à la préparation de notre émission ; tout en prose: « La politique fait partie d’un Palestinien tout comme le sucre fait partie d’une pomme ».
« Les palestiens savent-ils, qu’ici, en France, il y a des personnes qui se battent pour eux au sein d’associations ? », questionne un blogueur. Le doyen répond, les deux mains jointes sous son menton : « Nous le savons. La France est un des pays qui soutient le plus la Palestine. Le peuple Français soutient la cause palestinienne et je le savais du fond de ma prison ! ».
« A quoi aspire les jeunes du pays, au-delà de la paix ? ». Daoud, l’un des jeunes palestiniens, conçu lors de l’exil de ses parents en Algérie, se lève et répond en anglais. Rires dans l’assemblée. Nous avons des palestiniens, alors on veut avoir la version originale ! Pour moi, s’il parle en anglais c’est un peu comme manger un Big Mac à Tokyo. Il nous parle de sa ville située au nord de la Cisjordanie.
Il nous explique qu’il y est impossible de vivre sans violence. Il rebondit aussi sur les questions de la politique interne de la France : « L’enfant palestinien naît avec la politique dans la tête, pas comme ici. Concernant la violence, s’il arrive qu’elle ne soit pas physique, elle est dans le cœur de tous les palestiniens, tous les jours ».
Raouf, un jeune étudiant en droit, a 18 ans. Selon lui : « Nous avons tous des rêves mais peut-être qu’ils ne se réaliseront jamais. Nous avons alors des rêves plus prioritaires que d’autres. Nous espérons que la prochaine génération pourra réaliser ses rêves. » Le doyen est aussi revenu sur les contrôles d’identités incessants qu’il doit subir aux zones de contrôles, comme tous ses concitoyens. Il nous montre ses papiers d’identité, usés par le temps : « Tout le monde doit l’avoir. C’est une pression depuis l’enfance. Et il arrive régulièrement que l’on nous retire nos vêtements pour la fouille ».
Kahina Mekdem

Les réactions des internautes
Mardi 5 février 2013 10:28 Zigomatiques
Lundi 28 janvier 2013 15:55 lucien
Dimanche 27 janvier 2013 23:33 Julien
Dimanche 27 janvier 2013 11:46 hop HOPE
Lundi 28 janvier 2013 14:11 blanche colombe
Lundi 28 janvier 2013 15:17 blanche colombe
Lundi 28 janvier 2013 21:47 hop HOPE