Sur le fil

Dixième jour de détention pour Nadir Dendoune

C'est chaud Vendredi 1 février 2013

Par Wassila Belkadi

Il est 17h00 à l’institut du Monde Arabe. Je me présente à l’entrée de la salle où doit se projeter le documentaire « Palestine », documentaire réalisé par Nadir Dendoune. 17h00, c’est l’heure à laquelle doit commencer la conférence de presse au sujet de l’arrestation du journaliste. A l’entrée, un membre du comité de soutien pour la libération de Nadir Dendoune m’arrête et me dit en souriant: « la conférence de presse, c’est que pour les journalistes ». Après lui avoir dit que j’étais là pour écrire un article, elle me demande mes coordonnées. Sur une feuille blanche qu’elle a dénichée en vitesse, elle note nom et prénom. Elle semble agitée, perturbée et pour cause, cette conférence a été organisée la veille : « Ça a été fait à l’arrache ». Le personnel s’agite aussi, il chuchote monte, descend, remonte.

17h15, la conférence commence. Emilie Raffoul, membre du comité de soutien prend la parole. Elle replace le contexte : « Nadir est actuellement détenu par les autorités irakiennes. Il est parti avec un visa pour un reportage pour Le Monde Diplomatique et avec une lettre de mission en tant que journaliste. Il avait servi de bouclier humain en 2003 devant une usine de traitement d’eau et avait promis de retourner voir les gens qu’il avait rencontrés lors de ce voyage.  J’ai été en contact avec lui trente minutes avant son arrestation, il me disait que tout allait bien, les gens l’avaient reconnu. Il est actuellement détenu par l’armée, on lui reprocherait d’avoir pris des photos de sites sensibles. Le Quai d’Orsay est  mobilisé. On pense qu’il est interrogé de manière régulière par des militaires, avec des techniques de militaires tous les jours mais il est bien traité, c’est ce qu’on a pu comprendre. Nadir est arrivé avec un passeport algérien,  le profil de quelqu’un comme lui peut sembler suspect pour des gens qui sont adossés aux USA. Il est dans une situation fragile, nous n’avons eu aucun contact direct avec lui et l’armée ne communique pas. La situation est très complexe, c’est compliqué entre les civils et l’armée. Nous journalistes, nous ne pouvons pas accepter cette situation ».

Le but de ce voyage était de rapporter des informations sur un pays « qui est devenu un trou noir » depuis le changement de gouvernement. Madjid, élu de Seine-Saint-Denis mais aussi ami du détenu, explique que Nadir a annoncé lui-même son arrestation en ayant passé un appel à une amie. Il fait le point sur les conditions de vie du détenu : « Il est interrogé depuis 4-5 jours, il a le moral et il est en cellule avec 28 charmants codétenus. Nous n’avons pas eu de contact direct depuis lundi 18 heures. On commence à être inquiets. Demain, c’est son  dixième jour de  détention. Le connaissant, on s’imagine qu’il va commencer à tourner en rond, à péter les plombs, ça devient urgent, la famille est très inquiète. »

Pendant la conférence, plusieurs mises au point ont été faites, particulièrement sur le fait que certains critiquent le statut de journaliste français du détenu  mais aussi sur le manque de considération des médias télévisés pour le détenu : « Nadir a une protection au-dessus de la tête, Nadir est journaliste et il est français. J’insiste sur le fait qu’il soit français. On a besoin des journalistes pour pouvoir entourer Nadir, lui donner du soutien.  Il a le droit à autant de considération qu’un autre détenu. Ce qui va l’aider, c’est la forte mobilisation qu’il y aura autour de lui ».

La conférence se termine avec un message adressé à tous : «  On compte sur vous pour que la mobilisation ne faiblisse pas jusqu’à la libération de Nadir». Un rassemblement de soutien à Nadir Dendoune est d’ailleurs prévu  ce vendredi à 17H30 à la fontaine des Innocents, à Châtelet-les-Halles.

Wassila Belkadi

Les réactions des internautes

  1. Jeudi 7 février 2013 13:10 Maunoury

    Nadir est journaliste. Hier soir, mercredi 6 février,sur le parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro à Paris nous étions nombreux à demander sa libération, Philippe Rochot journaliste, détenu 105 jours à Beyrouth en 1986, est venu apporter son soutien. Il peut arriver que, journaliste ou non, l'on prenne une photo d'un site sensible, souvent sans le même le savoir. Cela peut se solder par une garde à vu et des remontrances. Mais là il est détenu depuis le 23 janvier, 16 jours, c'est beaucoup trop. Le soutien est important.
  2. Lundi 4 février 2013 20:11 Nema Cheikh Bounena

    Hourrah!!!!! On a eu la tête du webmaster!
  3. Samedi 2 février 2013 10:30 commandant minos

    encore une victime de la discrimination au faciès
  4. Vendredi 1 février 2013 16:29 nina

    Je pense et même etre sûre que les juifs sionistes sont derrière son arrestation.il est très engagé pour la cause palestinienne et il n'a pu présenter son documentaire sur la palestine
    • Vendredi 1 février 2013 16:41 commandant minos

      Non, c'est un coup de la loge maçonnique vénusienne
      • Vendredi 1 février 2013 21:08 ...

        Moi qui croyais à un coup des illuminatis venu de Mars. La vérité est ailleurs d'après X-Files... :-)
  5. Vendredi 1 février 2013 12:13 samson

    Mais c'est un homme caméléon que l'Irak détient en prison depuis plus de dix jours .Français,Australien et Algérien tour à tour . Sa dernière mutation était algérienne .L'Algérie ,puissance musulmane ,saura libérer au plus tot son fils naturel . Ne craignons rien pour lui .
    • Vendredi 1 février 2013 12:33 ...

      Boutef' n'aime pas les bi-nationaux. http://www.algerie-actualites.com/article.php3?id_article=1241 Alors les tri-nationaux... Lui reste plus que l'Australie et le France. J'espère qu'il y fasse sa peine, pas comme cette p*ute (terme utilisée par la femme de I.Vallarta) de Florence Cassez. F.Cassez a quand même avouée nourrir le petit Christian, 11 ans et otage... C'est fait chopée par la police sur la route avec la rançon du petit... Etc... Elle a méritée ses 60 ans de taule mais est libre et reçue à l’Élysée. Qu'il reste dans sa taule.
      • Vendredi 1 février 2013 13:06 filippini

        Pardon??? Où avez vous lu une chose pareil?? Dans un journal à scandale mexicain?? Le petit Cristian et sa mère, les mêmes qui avaient dit qu'il n'y a avait pas de femmes dans la bande. La police a retrouvé la rançon, la même police qui a organisé la fausse arrestation?? Révisez vos sources!!!
        • Vendredi 1 février 2013 21:05 ...

          Renseignez-vous. Le témoignage du petit Christian est un des seuls a ne pas être contesté par la défense et FC a confirmé sans y revenir plus tard pas comme pour les autres témoignages effectivement vérolés par la police.