Les loups ont frappé dans Paris

C'EST CHAUD jeudi 6 juin 2013

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

Hier soir, un jeune militant du Front de Gauche, Clément Méric, a sauvagement été battu à mort dans les environs de la gare Saint-Lazare. Les auteurs des faits sont toujours en fuite. 

Mercredi 5 juin, un des premiers beaux jours de l’année. Les sourires, les odeurs de barbecue, les enfants et les couleurs reprennent leurs places dans les rues de nos villes. Cependant, c’est un triste jour pour la France, car « L’horreur fasciste vient de tuer en plein Paris » comme le titre l’article du Parti de Gauche.

Un jeune homme de 18 ans, soi le même âge que le mien, nommé Clément Méric, étudiant à Science Po, vient d’être assassiné dans un quartier de Paris, le 9e, aux abords de la station Saint-Lazare. Cette gare située à 15 minutes de Bondy et par laquelle la plupart des étudiants passent quotidiennement. Les témoins de la scène décrivent trois personnes (deux hommes et une femme) habillés « comme des skinheads » : bombers sur le dos et rangers aux pieds.

Ils aperçoivent Clément à la sortie d’une boutique de vêtements, puis les coups fusent et la bagarre se terminera par un drame : après avoir été battu, la tête de Clément ira heurter un poteau qui se trouvait sur le trottoir. Le soir même, le parti pour lequel il militait (le Front de Gauche), annonce que le jeune homme se trouve dans un état de « mort cérébrale ». Seuls des fils et des tuyaux qu’on lui a posés à l’hôpital lui permettent encore de respirer et de s’accrocher à la vie.

Il est encore trop tôt dans l’enquête pour connaître les réels motifs de cette altercation et pour donner un visage aux meurtriers, bien que les Jeunesses nationalistes révolutionnaires commencent déjà à être pointées du doigt. Mais d’après la description des agresseurs et les activités du jeune homme assassiné (connu pour son engagement contre l’extrême droite), nous ne pouvons concevoir que le meurtre qui s’est déroulé en plein Paris n’ait pas été motivé par une certaine idéologie politique.

Pour ma part, je suis particulièrement touché par cette mort affreuse ayant pour motif l’abomination que l’on nomme « intolérance ». Mon père, ayant grandi dans les années 80, me faisait récemment part de son grand désespoir lors des « Manif’ pour Tous » qui ont redonné de la visibilité à certains groupuscules d’extrême droite. Nous pouvons, pour ne citer qu’eux, évoquer « Génération Identitaire », « Printemps Français » ou encore « Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires », et souligner la présence de certains membres actifs condamnés à de multiples reprises pour injures à caractère raciste…

Je n’avais jamais vu de skin de ma vie jusqu’à il y a peu. Je pensais qu’ils étaient enfouis dans nos mémoires, comme un mauvais souvenir d’une société française dépassée et trop conservatrice. Mon père me racontait les combats menés par les Redskin et les Antifa afin de reprendre la rue à ces fascistes qui organisaient des « ratonnades » en plein Paris et qui étaient, parfois, protégés par les forces de l’ordre. Il me racontait aussi l’engagement de certains artistes dans cette lutte progressiste, telle que la prise de position des Berurier noir ( le titre Porcherie), et de leur service de sécurité qui encadrait aussi la Gay Pride.

Mais les agressions que mon père pensait révolues depuis plus d’une vingtaine d’années en France recommencent, et de plus belle, comme le prouve les expéditions punitives menées par ces « commandos » lors de la dernière Gay Pride ou récemment à Tours. Et je revois, comme mon père lorsqu’il avait mon âge, la montée en puissance des groupuscules d’extrême droite.

Monsieur Valls : À quand la dissolution de ces groupes prônant une idéologie haineuse et regréssiste ? Il faut agir, et vite. Il faut reprendre les rues françaises à ses « racailles », car déjà sur les réseaux sociaux, la révolte gronde, et si ce n’est pas la loi qui résout la situation, nous risquons d’assister à une autre forme de justice, car l’horreur commence à frapper à nos portes. Dans ces conditions, il est dur d’assimiler le fait que la raison doit primer sur l’émotion.

Tom Lanneau

Les réactions des internautes

  1. dimanche 9 juin 2013 18:52 auteur

    Je fais références aux années 1980... Nous ne sommes pas en 2030 a ce que je saches? d'ailleurs je trouve ça ironique de se faire insulter de lâche (en gros) par une personne qui déverse son venin sous anonymat sur un site internet... Vous me reprochez de manquer de courage en écrivant cet article... Donc pour vous se taire serait plus intelligent? Eh bien Je ne suis pas de votre avis.
    • dimanche 9 juin 2013 23:31 Raskolnikov

      Hé non, bonhomme, 'No pasaràn', c'est du temps de la guerre civile espagnole (1936/39) et le fascisme, c'est l'Italie de Benito, donc, oui, les références et slogans de ceux qui s'autoproclament "antifascistes" ont 70 voire 75 ans. La pointe de l'actualité. Deuxio, je ne t'insulte pas de lâche. De conformiste et de dogmatique, sûrement. Que tu sois -ou non- lâche, je m'en tape. Je ne te connais pas et à vrai dire, ça ne m'intéresse pas plus que ça. Troisio : mon 'venin' n'en est pas un. C'est une opinion. Qu'elle soit différente de la tienne, c'est une autre histoire. Le problème, avec les gens comme toi et ceux de ton camp, c'est que si on est pas d'accord, on est automatiquement un fasciste, ou un homophobe, ou un islamophobe. En résumé, vous avez le monopole de la vérité, de la raison, de la morale. L'idée ne vous vient jamais que d'autres opinions puissent exister et s'exprimer. Ca, c'est au delà de votre compréhension. Votre 'tolérance' est limitée, et à géométrie variable. Ce qui ironiquement fait de vous des prototypes de fasciste... Allez, l'auteur, rendez vous dans 30 ans, on est toujours un peu niais quand on est jeune... Je te laisse à tes combats contre un fascisme inexistant et mythifié. C'est confortable, ce genre de combat, ça évite de réfléchir.
  2. vendredi 7 juin 2013 08:55 hop HOPE

    Est-ce qu'il n'y a plus d'autre alternative actuellement que.... la brutalité ... les insultes .... la provocation ..... les "rêglements de compte" etc.......Faut-il que "la jeunesse" de n'importe quel milieu qu'elle soit issue ..... en vienne à ces ..pour avoir une "existence " .....Quel est le "ressort" de tout ceci ...Est-ce de la régression ... , l'incapacité ou l'impossibilité de dialoguer ...C'est quoi .....cette folie..... qui envahi apparement tous les niveaux de la societé et tous les lieux....Que présage toute cette rage ...exprimée avec force sous différentes formes
  3. vendredi 7 juin 2013 07:33 pierreBourdieu

    La sociologie de ces évènements est surprenante. La victime était issue de la bourgeoisie intellectuelle de province ( parents profs d'université) et préparait la révolution mondiale à Sciences Po. L'extrème gauche ne recrute pas dans le prolétariat. Celle du skin-head reste à faire : il était sans doute plus proche des classes précaires et sans avenir .
  4. jeudi 6 juin 2013 18:54 ...

    "jeune homme assassiné". Ah bon. Vous pouvez prouver la préméditation. "(connu pour son engagement contre l’extrême droite)". Oui c'est vrai, il était connu par la police pour chercher la bagarre. 5 contre 5. Il a joué, il a perdu. D'ailleurs selon le vigile de la vente privé ou ils se sont croisés dit que c'est lui qui a commencé l'agression. "« L’horreur fasciste vient de tuer en plein Paris » comme le titre l’article du Parti de Gauche." Le parti de Gauche fait de la récupération politique sur un cadavre encore chaud et sans savoir le déroulement des faits. Le jeune suspecté d'avoir porté le coup fatal s'appelle Esteban. Au passage le meurtre de François Noguier tué par un nord-af', par exemple ne vous gène pas, comme l'agression au couteau d'une septuagénaire par un ado de 13 ans bronzé, etc... Des meurtres il y en a plus commis par des racailles bronzés que par des blancs. Les faits divers sont très parlant.
  5. jeudi 6 juin 2013 18:04 Munch

    Il faut reprendre la rue à toutes les racailles. Pourquoi se montrer indulgents envers les racailles qui sévissent dans certains quartiers, leur chercher des excuses?
    • samedi 8 juin 2013 00:51 Karine

      reprendre la rue aux racailles ??? ne sommes nous pas dans une république, dans un pays civilisé (et qui a eu une longue histoire pour le devenir) pas dans lmad max. Il faut des lois, de la citoyenneté, des fonctionnaires d'Etat cohérents et impliqués, un peuple responsable et bienveillant... cela ne peut être pas être obtenu par l'incivilité. Cessons de tirer la France par le bas, quelque soient nos religions, classes sociales, idéologies !
      • samedi 8 juin 2013 00:51 Karine

        et bien sur une vraie idée de justice égalitaire, j'allais l'oublier...
  6. jeudi 6 juin 2013 16:38 Crocodile

    Il faut agir, et vite. Il faut reprendre les rues françaises à ses « racailles », car déjà sur les réseaux sociaux, la révolte gronde, et si ce n’est pas la loi qui résout la situation, nous risquons d’assister à une autre forme de justice, car l’horreur commence à frapper à nos portes. Dans ces conditions, il est dur d’assimiler le fait que la raison doit primer sur l’émotion. Si vous aviez utilisé une telle conclusion suite à n'importe quel fait divers ou suite aux événements du Trocadéro, vous auriez été traité de fasciste, d'anti démocrate ... Mais sur le BB la démocratie, le respect de la Loi, c'est à imposé aux autres ... Bruns comme rouges vous tous pareils. Votre seul avantage sur l'extrême droite, les médias vous sont favorables. Cette vieille image du révolutionnaire romantique sans doute. Jusqu'à la première purge ...
  7. jeudi 6 juin 2013 16:24 BC

    la dissolution des groupes est surement souhaitable mais comme il est évident qu'ils sont plus ou moins infiltrés par la police pour savoir ce qu'ils trament au long terme ,est ce que la dissolution ne serait pas pire au point d'avoir une nébuleuse au lieu de groupes définis .....parce que de toute façon ,ils se reconstruiront et il faudra de nouveau les infiltrer .......bref ! que la justice passe et vite .... serait plutot mon opinion