Syrie : "Il nous arrive de ne pas avoir de nouvelles de notre entourage"

C'EST CHAUD mardi 8 octobre 2013

Par Tom Lanneau @TomLanneau93 ET Kevin Té

Cham, Firas et Khaled, trois Syriens réfugiés en France, sont impuissants face au conflit qui touche leur pays. La guerre a déjà fait 100 000 morts selon les Nations Unies. Inquiets pour leurs familles, ils n’attendent qu’une chose : la chute de Bachar el-Assad. Rencontre.

Mercredi, 20 heures dans Le Bistrot Syrien du 14 boulevard de Bonne-Nouvelle, une quinzaine de personnes sont attablées. Des « test micro » gutturaux et un effet Larsen proviennent de l’intérieur du restaurant, accompagnés de rires et d’exclamations joyeuses. Un bébé passe de bras en bras pour être pris en photo, jeu auquel il se prête volontiers, les yeux rivés sur l’objectif.

Firas, un serveur syrien, artiste peintre de formation, accueille les clients à bras ouverts pour cette soirée culturelle. En effet, dans quelques minutes, un groupe de rap va se produire au sein de l’établissement. La majorité des clients sont des Syriens. Bien que l’ambiance est festive, on sent quand même, mêlée aux odeurs des plats orientaux, un fort parfum de révolte. La plupart des personnes sur place parlent de politique et évoquent avec un air rêveur, la chute du régime de Bachar el-Assad.

Autour d’une table sont réunis Khaled, Firas et Cham. Le premier est arrivé en France au début du conflit, en mars 2011, en tant que réfugié politique. Il vient de Hama, au centre du territoire syrien. Firas, originaire de Damas, et Cham sont quant à eux venus en France pour leurs études. Aucun d’entre-eux n’a pu retourner au pays depuis le début du conflit, mais chacun se revendique comme étant « activiste politique » à sa manière et à distance : réseau d’information, manifestations…

Les trois protagonistes évoquent la peur qu’ils éprouvent en pensant aux membres de leurs familles restés dans ce pays en proie au chaos. Appréhension accrue par le fait que « le régime d’el-Assad coupe souvent les lignes de télécommunication. Donc il nous arrive de ne pas avoir de nouvelles de notre entourage pendant un certain temps » explique Cham.

Leurs points de vue divergent sur la position de François Hollande vis-à-vis de la Syrie. Pour Cham, cette annonce fut un soulagement. « Ça faisait deux ans qu’on attendait le soutien de la communauté internationale ! Même si on n’a pas forcément envie que notre pays soit frappé, il le faut ».Cham nous fait part d’une certaine frustration au sujet des Français qui militent contre la guerre en Syrie. « Personne n’est pour la guerre. Sur ça, je comprends les Français. Mais j’aimerais savoir pourquoi ceux qui militent contre l’intervention française en Syrie pour des motifs pacifistes ne manifestent pas contre le régime de Bachar el-Assad qui mène une guerre contre son propre peuple ». Khaled, lui, ne croit pas les paroles du Président français. « La preuve : il n’y a que des paroles mais aucun mouvement » conclut-il avec un léger sourire.

Lorsque l’on évoque l’avenir de la Syrie, Firas Cham et Khaled ont du mal à l’imaginer avant « le départ d’el-Assad » : « Depuis le début de la guerre, 30% de nos infrastructures nationales ont été détruites, 4 millions de Syriens ont fui le pays et 550 000 personnes sont mortes au cours des affrontements, dit Cham d’un air abattu, mais je crois en mon pays et je pense que chacun aura un rôle à jouer lors de sa reconstruction » assène-t-elle avec une pointe d’espoir dans la voix. Selon Khaled, il faudra laisser le temps à son pays de se reconstruire « pour un avenir rayonnant qui nous mènera vers la démocratie. Je le vois dans les yeux de mes concitoyens ».

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x15f8y7_bistrot-syrien-paris_news[/dailymotion]

Tom Lanneau et Kevin Té

Les réactions des internautes

  1. mardi 8 octobre 2013 18:47 hop HOPE

    Tout ce que j'entends et lis ne fait que jeter le doute dans mon esprit Qui dit vrai , qui manipule qui , dans quel but ? etc..ILy a BEAUCOUPS de souffrances chez les citoyens lambda Comme pendant toutes les guerres il y a des "statèges" et des tragédies et ça , ça reste constant partout , hélas !
    • mercredi 9 octobre 2013 10:33 hop HOPE

      EXCUSEZ . STRATEGES
    • mercredi 9 octobre 2013 07:49 ledaron

      Comme pour toutes les guerres,il faudra du recul pour connaitre les tenants et aboutissants de cette tragédie.
  2. mardi 8 octobre 2013 08:54 commandant minos

    mais qui pour remplacer Bashar El Assad ? les islamistes ?
    • mardi 8 octobre 2013 23:26 ledaron

      Nous sommes tous le con de quelqu'un ,suffit de le savoir :) Cependant commandant ( titre largement usurpé au vue de la reflexion de basse intensité) ,va falloir étayer tes propos ( en fait des slogans) pour nous éclairer sur une situation régionale quelque peu confuse....
      • mercredi 9 octobre 2013 07:46 ledaron

        Confondre critiques et invectives......la confusion règne dans ton esprit.Les critiques sont étayées ,suffit de les contrer ,c'est cela le débat d'idées,la France n'est-elle pas pourtant LE pays de la rationnalité ?
      • mercredi 9 octobre 2013 06:52 commandant minos

        et vous, quand abandonnerez-vous vos invectives faciles et gratuites pour nous offrir votre réflexion sans doute divinement inspirée ?
    • mardi 8 octobre 2013 12:42 BC

      en effet ,mais on comprend aussi pourquoi les régimes dictatoriaux du moyen orient ont été néfastes ,ils ont combattu les démocrates ,les ont forcé à l'exil et ainsi favorisé les "mosquées "qui devenaient les seuls endroits d'opposition .....c'est ce qui s'est passé aussi en Pologne où l'église catholique bien que réprimée fut le pilier de l'opposition au régime communiste ...... ces régimes dictatoriaux ont fait le lit de l'islamisme ,il ne faut pas l'oublier ,on l'a vu en Egypte ,en Lybie et Tunisie et même en Algérie ...... El Assad est responsable de ce qui se passe ,il ne peut pas être la solution !
      • jeudi 10 octobre 2013 00:38 ledaron

        Ton analyse partiel BC montre que tu n'est pas au fait des dynamiques politiques qui se sont forgées durant ces cinquantes dernières années dans la région,seule région au monde ( avant les différentes "révolutions" ) qui stagnait du fait de régimes répressif sans aucun état d'ame,régime et tu as bien fait de le rappeler soutenus par les puissances occidentales ,d'ou peut etre pour les suppliciés et leurs familles quelques récriminations des populations envers ce meme Occident qui se garagarise par aileurs de "droits de l'Homme) .Les partis à dominantes islamiques ont fait les frais les premiers de la répression ( voir Nasser en Egypte, se souvenir du massacre de Hama en Syrie du temps de Hafez el assad ( le père),en Tunisie les mosquées étaient quasi interdites d'accès sous Ben Ali,bref je peux te renvoyer à des lectures interessantes sur le sujet si tu veux forger ton savoir dans cette thématique.....
      • mardi 8 octobre 2013 12:44 BC

        je rajoute que les pays occidentaux qui ont "soutenu " ces régimes sont aussi coupables de cet état de fait ..... mais quand ils réagissent comme ils le font actuellement ....personne ne comprend plus car ils ont l'air de soutenir les opposants donc in fine les islamistes !