Valérie Pécresse : « Si je pars, qu’est-ce qu’il reste ? »

AMBIANCE vendredi 13 juin 2014

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

Vendredi 6 juin, pour la dernière émission de la saison, le Bondy Blog Café recevait Valérie Pécresse, secrétaire générale de l’UMP. La députée de la deuxième circonscription des Yvelines est revenue sur la crise actuelle que traverse son parti.  Teaser avant diffusion samedi 14 juin à 12 h sur FranceÔ et dimanche 15 juin à 13 h sur LCP.

Tailleur rouge sur haut blanc, l’actuelle députée, la « banlieusarde de Neuilly-sur-Seine », est arrivée en RER aux alentours de 18 h 30. Léger sourire aux lèvres, poigne de fer et démarche assurée, elle salue un à un tous les blogueurs, dans un bar où la température concurrence celle d’un hammam.

Après un bref passage sur la chaise de la maquilleuse, la députée de la deuxième circonscription des Yvelines rejoint Nordine Nabili au bar, pour la première séquence de l’émission. Nordine commence par faire visionner à Valérie Pécresse la conférence de rédaction des blogueurs. Nombreux sont les sujets qui y sont abordés : qui réussira à redresser l’UMP après les nombreuses affaires, l’avenir politique de Valérie Pécresse, son image que certains blogueurs considèrent comme « propre », ses trente déplacements en Seine-Saint-Denis lors des municipales… Nous apprenons même que l’ancienne ministre a appris le russe à Yalta en 1982, dans un camp d’été des jeunesses communistes ! Par la suite, Valérie Pécresse est invitée à rejoindre le plateau, afin de discuter avec les trois blogueurs qui lui feront face : Myriam Boukhobza, Badroudine Saïd Abdallah et Mehdi Meklat.

Le portrait de Valérie Pécresse est réalisé par Imane Youssfi. Au cours de celui-ci, Michaël Darmon, journaliste à iTélé, déclare percevoir l’ancienne porte-parole du gouvernement Sarkozy comme « un mix entre Michelle Alliot-Marie et Ségolène Royal. » Loin de trouver la comparaison vexante avec l’actuelle ministre de l’Ecologie, Valérie Pécresse concède avoir plusieurs fois « regardé le parcours de Ségolène Royal car elle abordait des sujets que ne traitait pas la droite à l’époque ». Les blogueurs évoquent ensuite l’histoire d’amour politique qui la relie à Jacques Chirac, son mentor, « j’ai été séduite par le Chirac de 95, son tempérament et son humanisme » raconte-t-elle.

Vient l’édito d’Idir Hocini, qui se met dans la peau d’un maire UMP pour souligner l’aspect tragique des récents évènements à l’UMP. Valérie Pécresse fait le lien avec les élections européennes et concède être « choquée par le score du Front national qui prospère sur nos défauts ! » Contrairement à une partie de l’actuelle classe politique, celle-ci refuse de dédiaboliser le parti frontiste, voire même son électorat : « Il n’y a pas jamais de raison pour voter Front national (…) Ce ne sont pas nos valeurs ! » Interrogée par Mehdi sur les malversations au sein de l’UMP, Nordine rebondit en demandant directement à l’invitée : « ça ne vous donne pas envie de vous barrer ? » Celle-ci lui répond du tac-au-tac : « Si, mais si je pars, qu’est-ce qu’il reste ? »

Les débats se poursuivent sur le sujet suivant : Hollande dans l’impasse ? Certains blogueurs se demandent, au cours de la conférence de rédaction si finalement, l’UMP est le meilleur allié du PS. Valérie Pécresse ne répond pas directement à la question, mais concède déceler une facette UMP chez l’actuel premier ministre : « il a un côté sécuritaire, libéral… » Elle vante aussi les mérites de la Banque Publique d’Investissement lancée par François Hollande et parle parfois de « on » pour évoquer l’UMP et le PS.

Néanmoins, elle tient à marquer ses distances avec le Parti socialiste, notamment au sujet du mariage pour tous, et de la réforme territoriale, « sujet trop compliqué par rapport aux urgences ». Elle s’oppose aussi farouchement à la réforme pénale entreprise par l’actuelle Garde des Sceaux, Christiane Taubira. « Je suis contre l’abolition des peines planchers (…) La priorité : séparer les centre pénaux pour mineurs des centres pénitenciers pour les adultes afin qu’ils ne soient pas en contact avec les plus durs ».

Dernier sujet, celui de Claire Diao sur la liberté d’expression. « Je suis pour la liberté d’expression tant qu’il n’y a ni injure ni diffamation » répond Valérie Pécresse. Elle fait d’ailleurs part de son désamour pour Eric Zemmour qu’elle considère « misogyne », faisant du politiquement incorrect son fonds de commerce. L’actuelle secrétaire générale déléguée de l’UMP (au moins jusqu’au 15 juin prochain), regrette l’agression physique de certains journalistes par des membres de l’UMP, mais tient à souligner l’existence de « gue-guerre » entre les membres de la presse et les partis politiques.

Lors des questions du public, Valérie Pécresse définit la politique comme « un engagement, quelque chose que l’on porte en soi » tout en étant prête à passer le témoin à des plus jeunes, et ce même si demain, l’UMP venait à disparaitre. Pour elle, la gangrène de son parti tient à la guerre des chefs entre les gaullistes, les centristes, les libéraux, la droite forte, la droite sociale.

Tom Lanneau

TEASER – Bondy Blog – Valérie Pécresse

Valérie Pécresse – conférence de rédaction