Vous l'aurez compris, il "n'a pas le choix"

C'EST CHAUD lundi 22 septembre 2014

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

Après avoir annoncé sa candidature à la tête de l’Ump vendredi dernier, Nicolas Sarkozy s’est exprimé dans une interview donnée au JT de France 2. Une quarantaine de minutes pour faire peau neuve et se remettre en piste.

Le 8 mars 2012, Nicolas Sarkozy avait juré, au micro de Jean-Jacques Bourdin, qu’en cas de défaite à la présidentielle, il arrêterait la politique. Pourtant, au JT de 20h de France 2, ce 21 septembre 2014, qui voit-on ressurgir, fièrement qualifié par Laurent Delahousse « d’invité exceptionnel » ? Un retour sur une parole non tenue.

L’interview est lancée à 20h15 précises. Nicolas Sarkozy souhaite donner une image décontractée avant son entrée en scène : sourires et poignées de main en veux-tu en voilà dans les couloirs de France Télévisions.

Dès le début de l’entrevue, l’ancien chef de l’Etat prend la posture du « sage » : l’air posé, humble, capable de reconnaitre ses erreurs (avec un sourire paternel) et de maîtriser ses tics corporels. En bref, quelqu’un qui a su, grâce à plus de deux ans « hors de la sphère politique », « mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement ». Il concède notamment avoir cru pouvoir « réussir tout seul » lors de sa présidence, avoir eu du mal à « déléguer certaines tâches ». Quelle belle incarnation du dicton « l’Etat c’est moi » ! Nicolas Sarkozy reconnait même, enfin, avoir pu blesser certaines personnes avec ses propos, mettant un point final à sa tirade par un mélancolique : « si c’était à refaire je ne le referais pas ». Il déclare ne vouloir faire de procès d’intention ni à son parti divisé, ni au gouvernement actuel, se plaçant au-dessus de la mêlée.

Et pourtant, si certains verront lors de ce JT, un nouvel homme, d’autres y verront les traces d’un esprit revanchard et vaniteux. Au bout de 10 minutes d’interview, alors même que quelques secondes avant, il rejetait tout alarmisme, il considère que la France est « un des rares pays où il n’y a plus d’espoir ».

De même, clamant qu’il ne croit pas en l’homme providentiel, Nicolas Sarkozy estime devoir « rendre à la France ce qu’elle lui a donné », « renouveler la politique », dépasser un clivage droite gauche aujourd’hui éliminé… « Si je ne le fais pas, qui le fera ? ». Une sorte de Jeanne d’Arc du XXIème siècle ?

Les secousses corporelles accompagnent la première question judicaire, et la voix de l’ancien chef de l’Etat trahit une certaine colère. Évoquant les deux affaires pour lesquelles il a obtenu un non-lieu (Karachi et Betancourt), Nicolas Sarkozy « omet » d’évoquer la demi-douzaine d’affaires dans lesquelles son nom est cité actuellement. Il souhaite aussi affirmer qu’il est un citoyen comme les autres… Pourtant il se lamente sur le fait d’avoir été placé sur écoute.

Au moment de parler de l’actuel président, N. Sarkozy affirme « ne rien penser de ce dernier » avec un mépris affiché. Alors qu’il se défend de ne pas vouloir faire dans la caricature et dans le dramatisme, il dépeint, tout au long de l’interview, le portrait d’une France triste, sans espoir, violente, abattue… paroles à peine anxiogène. Un « homme nouveau » mettant en avant un discours sécuritaire qui nous rappelle fortement sa campagne de 2007.

Il s’étonnera aussi de la promesse de François Hollande concernant la création de 60 000 emplois dans l’Education Nationale… Nicolas Sarkozy a-t’il la mémoire courte ? Après avoir supprimé les IUFM et 80 000 postes dans l’enseignement, le « sage » se rendra-t-il un jour dans un collège ZEP pour constater le manque de profs et de formation ? L’Education Nationale, doit elle être la cible première des coupes budgétaires ? Ne doit-on pas miser sur notre jeunesse ?

Il aura fallu moins de 15 minutes pour retrouver la vanité de l’ancien chef de l’Etat, se permettant de reprendre toutes les questions de L. Delahousse, lui donnant même une leçon, à la manière d’un prof de lycée faisant la morale à un élève « avez-vous oublié ce qu’il s’est passé en 2008 ? Êtes-vous tellement drogué par l’actualité quotidienne » ?

Être capable de rassembler, voilà l’autre leitmotiv de Nicolas Sarkozy. Malgré les tacles adressés à ses adversaires, « j’aurai besoin d’eux ». Juppé ? Un ami, un compagnon, « j’aurai besoin de lui ». Fillon ? « Mon Premier ministre pendant 5 ans, j’aurai besoin de lui »… D’ailleurs, dans « j’aurai besoin de… », l’orateur ne se place-t-il pas au-dessus des autres ?

Vient le sujet journalistique le plus croustillant : le Front National. L’ancien chef de l’Etat battu en 2012 se lamente de ne pas avoir été remboursé pour sa campagne alors que « même » Marine Le Pen l’a été. L’adhésion au FN ? Il n’y croit pas, ce choix fait partie du « désespoir » dans lequel serait plongé la France. Il souhaite aller chercher ces gens qui souffrent « un par un »… Tournant vers la droite de la droite ? La suite nous laisse entendre que oui.

« Ces gens qui souffrent se disent que la France fout le camp (…) et se demande est-ce qu’on va garder notre civilisation »… Qu’entend-on ici par « notre civilisation » ? Il évoque aussi la suppression de l’espace Schengen, dispositif « qui ne marche pas », et souhaite être plus « pragmatique » vis-à-vis des questions de l’immigration (ne manquant pas de rappeler la croissance démographique africaine et la proximité de ce continent avec les côtes européennes).

Lorsque Laurent Delahousse lui demande s’il pense avoir convaincu les français grâce à ses propos, N. Sarkozy réplique « je me suis engagé dans une longue route après avoir fortement réfléchi », mettant en avant sa détermination et son envie de passer outre les querelles politiciennes. Il souhaite d’ailleurs un « retour au peuple » avec la mise en place de plusieurs référendums… Pourtant n’est-ce pas le premier président de la Ve République à n’en avoir organisé aucun ?

Ces derniers jours, la plupart des médias ont fait du « retour » de l’ancien chef de l’Etat en politique leurs choux gras. Pourtant, d’après les derniers sondages, 55% des français ne souhaitent pas son retour et bon nombre d’analystes politiques estiment qu’Hollande n’a pas été élu par convictions politiques mais par rejet de Nicolas Sarkozy… Alors beaucoup de bruit pour pas grand-chose ?

Tom Lanneau

Les réactions des internautes

  1. mercredi 24 septembre 2014 18:55 mlk 92

    0)La droite comme la gauche c'est blanc bonnet, bonnet blanc. Les patrons et les politiques ont ruiné la France en délocalisant, en désindustrialisant en bradant notre savoir faire aux immigrés chinois qui aujourd’hui nous nargue avec leurs milliards. Ils viennent par milliers racheter les commerces, les tabacs, le port du havre, les magasins généraux d’Aubervilliers les vignobles les hôtels... c'est de la pure folie. Comment nos dirigeant, nos patrons, nos politiques ont pu faire çà? Comment a ton pu vendre le port du havre à des spécialistes de la contrefaçon ? Il parait que la contrefaçon c'est un manque à gagner de plus d'1 milliard par an pour la France. Il parait qu'il sont touristes???? l suffit de faire un tour dans paris/ Ile de France pour ce rendre compte que ce sont des mensonges ils ne sont pas touristes, c'est des "immigrés" comme les autres. D'Aubervilliers à pantin en passant par St-Denis (93), le 20ème, 19ème, 11ème, 18ème, Boulogne Billancourt... Des rues entières ont été racheter par cette immigration nouvelle primo arrivante. Cette situation provoque dans bcp de quartiers le départ et la fermeture des grandes enseignes et des autres commerces de bouche. Plus de boulangerie ou d'épicerie, plus de commerce de proximité que des restaurants chinois tous les 2 mètres, que des vêtements, chaussures et sacs made in china, elle est belle la gestion de notre pays. Imaginons une rue ou il y a 25 Mac Donalt, cela choquerais les habitants et bien avoir 25 restaurants chinois sur 50 commerce cela semble normale??? En ce qui concerne les allemands eux n'ont ni bradé leur pays, ni brader leurs entreprises il exporte bcp et importe que le minimum d'ou la prospérité de leur économie. Pour les civilisations chaque siècle à eu la sienne qui a prospérer et permis aux autres de s'enrichir intellectuellement, philosophiquement... les maya puis les égyptiens Arabes... on permis au monde d'évoluer, de s'enrichir mutuellement c'est la vie.
  2. lundi 22 septembre 2014 14:58 Martha

    NS, qu'on l'aime ou pas, il est toujours percutant, dynamique, charismatique. Alors est ce un retour qui compte ? on verra par la suite. Ce qui le conforte malgré tout est l'effondrement de la politique de gauche, la majorité des français étant pour des réformes et n'en pouvant plus effectivement de ce climat d'une France de dernier de la classe, Kankreich (France malade) titrent les journaux allemands aujourd'hui. A propos de la "civilisation" la France, comme l'Europe ont une civilisation qui n'est pas celle des autres continents, il faut aussi le rappeler.
    • lundi 22 septembre 2014 20:42 mlk 92

      La droite comme la gauche c'est blanc bonnet, bonnet blanc. Les patrons et les politiques ont ruiné la France en délocalisant, en désindustrialisant en bradant notre savoir faire aux immigrés chinois qui aujourd’hui nous nargue avec leurs milliards. Ils viennent par milliers racheter les commerces, les tabacs, le port du havre, les magasins généraux d’Aubervilliers... c'est de la pure folie ce qu'ont fait nos dirigeants. Il suffit de faire un tour dans paris/ Ile de France, d'Aubervilliers à pantin en passant par St-Denis (93), le 20ème, 19ème, 11ème,19 ème Boulogne Billancourt... des rues entières ont été racheter par des immigrés chinois primo arrivant ce qui provoque le départ et la fermeture des autres commerces de bouche. Plus de boulangerie ou d'épicerie, plus de commerce de proximité que des boutiques de vêtements, chaussures et sacs. elle est belle la gestion de notre pays. En ce qui concerne les allemands eux n'ont ni bradé leur pays, ni brader leurs entreprises il exporte bcp et importe pas bcp d'ou la prospérité de leurs économie. Pour les civilisations chaque siècle à eu la sienne qui a prospérer et permis aux autres de s'enrichir intellectuellement, philosophiquement... les maya puis les égyptiens Arabes... on permis au monde d'évoluer, de s'enrichir mutuellement.
    • lundi 22 septembre 2014 16:39 BC

      Martha ... je crois qu'il faut analyser plus finement ..... Sarkozy comme Chirac et Giscard dans la lignée du gaullisme n'ont jamais fait une politique de droite à la Thatcher .... ils ont toujours voulu conserver les acquis sociaux gagnés (retraite par répartition , Sécurité sociale )parce qu'ils savaient bien que les français y étaient favorables ce qui fait que lorsque la gauche revient au pouvoir ,les français de gauche pensent que la gauche au pouvoir fait une politique de droite ..... alors que c'est la droite au pouvoir qui conservait les acquis d'une politique de gauche ...... finalement depuis 50 ans ,c'est à peu près la même politique qui est menée et les élections se font non pas sur une offre politique bien définie : les collectivistes ,les sociaux démocrates ,les libéraux mais sur la tête de ceux qui demandent nos suffrages .......j’espérais que la droite républicaine allait mettre à sa tête quelqu'un de jeune qui assumerait devant les électeurs une véritable politique de droite (moins de fonctionnaires ,moins d'aides , suppression du SMIC ) mais en remettant en selle Sarkozy ou Juppé ,ceux ci fins politiques ne voudront pas assumer cette politique devant les électeurs qui y sont attachés (même ceux de droite ).... alors on va aller encore devant des élections qui ne voudront rien dire
      • mardi 23 septembre 2014 18:09 Martha

        Evidemment que jamais la droite française n'a fait une politique de droite véritable comme en Angleterre ou celle de l'Allemagne actuelle faite celle ci par un socialiste et poursuivie par la droite actuelle. Il s'agirait d'une véritable révolution en France. En fait notre droite est considérée dans beaucoup de pays comme étant de centre droit ou gauche !
      • lundi 22 septembre 2014 20:50 mlk 92

        La droite comme la gauche c'est blanc bonnet, bonnet blanc. Les patrons et les politiques ont ruiné la France en délocalisant, en désindustrialisant en bradant notre savoir faire aux immigrés chinois qui aujourd’hui nous nargue avec leurs milliards. Ils viennent par milliers racheter les commerces, les tabacs, le port du havre, les magasins généraux d’Aubervilliers... c'est de la pure folie ce qu'ont fait nos dirigeants. Il suffit de faire un tour dans paris/ Ile de France, d'Aubervilliers à pantin en passant par St-Denis (93), le 20ème, 19ème, 11ème,19 ème Boulogne Billancourt... des rues entières ont été racheter par des immigrés chinois primo arrivant ce qui provoque le départ et la fermeture des autres commerces de bouche. Plus de boulangerie ou d'épicerie, plus de commerce de proximité que des boutiques de vêtements, chaussures et sacs. elle est belle la gestion de notre pays. En ce qui concerne les allemands eux n'ont ni bradé leur pays, ni brader leurs entreprises il exporte bcp et importe pas bcp d'ou la prospérité de leurs économie. Pour les civilisations chaque siècle à eu la sienne qui a prospérer et permis aux autres de s'enrichir intellectuellement, philosophiquement... les maya puis les égyptiens Arabes... on permis au monde d'évoluer, de s'enrichir mutuellement.
      • lundi 22 septembre 2014 17:12 BC

        pour moi l'exemple le plus parlant est celui des agriculteurs (j'en ai dans mes relations ): ceux ci votent majoritairement à droite mais sont les premiers à réclamer des subventions , des aides .... ils profitent des transferts d'argent du régime général de la sécurité sociale vers la MSA (mutualité sociale agricole )... ils ne payent pratiquement pas d'impôts ou de taxes sur le foncier ...(et pourtant ils brûlent les centres d’impôts) )..... ils profitent des politiques de redistribution et ils votent à droite ce qui est absurde dans l'absolu ...... je ne suis pas là pour critiquer les agriculteurs qui ont un métier dur mais pour montrer que si les politiciens de droite veulent être élus ,ils sont obligés de garder les acquis sociaux donc ils ne font jamais la politique qui devrait être la leur ......et tout reste dans l’ambiguïté
  3. lundi 22 septembre 2014 11:24 BC

    je lui ai trouvé l'air méchant ,j'ai eu l'impression qu'il se maîtrisait pour ne pas "exploser " en direct ......il m'a plombé la soirée ......tout simplement parce que si la Droite Républicaine n'a que des revenants à nous présenter ..... on est mal parti ...... où sont les jeunes ?