Ils lavent votre linge sale entre potes

AMBIANCE lundi 27 avril 2015

Par Inès El laboudy @InesLabou

Quatre amis d’enfance ont lancé un service de blanchisserie à domicile, couvrant la capitale, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne : la CleanBox. Le projet a très vite fonctionné, à la grande surprise de ses initiateurs. 

Au 69 boulevard Paul Vaillant Couturier à Montreuil (93), les machines à laver tournent à plein régime. Le bâtiment laisse échapper une odeur de lessive très agréable. Installée dans leur local de 60 m2, l’équipe de la CleanBox, composée uniquement d’hommes, s’active pour préparer le linge de ses clients au milieu du bruit assourdissant des tambours pleins de vêtements. Lavage, séchage, repassage… Ici pas de salariés. Les « patrons » font tout eux-mêmes. Dans la pièce rectangulaire, les machines et sèche-linges s’alignent le long du mur de gauche et chacun leur tour, ils vident les appareils qui sonnent une fois le lavage terminé.

Leur start-up est un service de blanchisserie à domicile, tarifé au kilo et qui couvre Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Donner son linge à des hommes n’est pas courant. Mais les amis d’enfance âgés de 26 ans ont trouvé l’inspiration ailleurs. « Début 2014, Laurent, Djamel et moi sommes allés en Thaïlande puis en Malaisie pour des vacances. Dans ces deux pays, ce concept est très répandu. L’idée nous a vraiment plu, on s’est dit qu’on pourrait l’importer, version française », raconte Médoune, assis devant l’ordinateur qui est rarement éteint. À leur retour de voyage, le trio s’attelle à la recherche d’informations. « Nous avions chacun notre travail, il a fallu faire un choix », explique ce jeune homme. Celui qui parle au nom du groupe travaillait depuis deux ans au service marketing du PSG. Djamel avait rejoint Air France après des études à Sciences-Po Paris. Laurent quant à lui, était en dernière année d’alternance en école de commerce. Il se souvient de leurs débuts : « Après avoir mis un terme à nos contrats de travail, notre préoccupation première était l’étude de marché ».

DSC_0558Bibliothèque, sites spécialisés dans le service à la personne et la blanchisserie, la fine équipe 100 % masculine tente par tous les moyens d’être incollable sur le sujet et de proposer un projet solide. « Nous nous sommes renseignés sur le prix des machines professionnelles, du coût en électricité, la lessive, le minimum nécessaire d’appareils pour être rentable », relate Laurent. C’est à ce moment que Mathieu, qui étudiait l’économie à la Sorbonne, intègre l’aventure CleanBox et en devient le président. « Lorsque nous avons jugé notre Business plan prêt, nous l’avons présenté à un comptable fin 2014. Il a qualifié le projet viable », explique timidement Mathieu. Vidéos sur Youtube et lectures, l’équipe a souhaité apprendre les moindres techniques de repassage afin de satisfaire au mieux les attentes des futurs clients dont certains font partie de leur réseau. « Mes anciens collègues ont accepté de me confier leurs costumes et la tenue de la mascotte du club parisien. Chaque client a des exigences différentes », s’amuse Médoune.

La levée de fond a rapidement suivi. « Nous ne voulions pas demander de crédit. Après avoir rassemblé nos économies, convaincu trois Business Angels [investisseurs providentiels] et créé une cagnotte sur le site Le pot commun, nous avions 40.000 euros en l’espace d’un mois et demi », détaille Médoune. Une bonne partie de cet argent a servi à l’achat du matériel de lavage, mais aussi un scooter et deux voitures. Après les démarches administratives qui concluront 10 mois de travail et le Kbis en main, la CleanBox voit le jour à Montreuil. Aujourd’hui, Médoune avoue ne pas avoir le temps de se reposer : « On ne s’attendait pas à un tel rythme. Nous sommes à flux tendu. Je pense que d’ici quelque temps, nous allons devoir embaucher quelqu’un ».

Le groupe d’amis, très pointilleux sur la qualité de ses services, continue de faire sa publicité. « Je m’occupe de démarcher les sites qui présentent les nouvelles start-up, et je gère aussi la visibilité sur Google et les réseaux sociaux. J’ai le rôle du community manager et pour le moment, je le fais sans être payé », détaille Laurent. Avant d’aller livrer une cliente fidèle, Médoune rappelle à ses amis qu’il est à 1000 euros de chiffre d’affaires. Pour se motiver, ils se sont lancé un défi mensuel : faire marcher au mieux son réseau. Il est en tête.

Inès El laboudy