L’emploi vert exposé par le département de Seine-Saint-Denis

AMBIANCE mardi 15 décembre 2015

Par Rouguyata Sall @rouguyata

L’environnement, une solution pour lutter contre le chômage ? Rouguyata s’est rendue au forum des métiers et de formations de l’environnement, organisé mardi 10 novembre par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis à la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Deux jeunes qui envisagent le métier de berger urbain. Un professeur de bac pro gestion des déchets qui a trois fois plus d’offres de stage que d’élèves. Un trentenaire en reconversion dans le recyclage de pièces d’ordinateurs. La transition écologique a un impact sur l’emploi.

Dylan et Moustapha futurs bergers urbains« Dans une cité, on ne pense pas qu’on peut ramener des animaux comme ça ». C’était l’avis de Dylan Fernandes, 17 ans, avant de découvrir le métier de berger urbain. Il est venu au forum avec son ami Moustapha Khoulé, 23 ans, pour la présentation des films retenus pour le concours « Je filme le métier qui me plaît ». Ces deux élèves du centre de formation LASER dans le 20ème arrondissement de Paris, ont filmé pour la catégorie « Les métiers qui protègent ma planète », la bergerie des Malassis, qui fait brouter chèvres et brebis aux pieds des immeubles de Bagnolet :

Berger urbain est aujourd’hui un métier que Dylan envisage. « C’est un métier que je pourrais faire. Au départ c’était difficile pour ce berger mais après il a vu que tout le monde appréciait ». Il admire le berger qu’il a suivi : « Il prépare à manger, il produit des légumes et il les vend aussi ». Pareil pour Moustapha, parce que « c’est très rare de voir ça en pleine ville. Et puis il est à l’aise avec ses voisins ».

Le berger de Paris

L’impact de la COP 21

La 21ème conférence mondiale sur le climat (COP21), qui a eu lieu au Bourget a ainsi fait bouger le département de la Seine-Saint-Denis a profité de cette occasion pour organiser ce forum, en coopération avec la Cité des Sciences et de l’Industrie. Plus de 4000 visiteurs étaient attendus. L’objectif de cet événement était de présenter les métiers et les formations de l’environnement. Les groupes scolaires sont venus en nombre pour découvrir les ateliers, les conférences et les 80 stands tenus par des entreprises, des associations, des organismes de formation, tous acteurs de la transition écologique.

Pour Raphaël Perez, chef du service emploi et formation professionnelle au conseil départemental de Seine-Saint-Denis, cet évènement avait deux vocations. La première : présenter les formations et les métiers. « On travaille pour que les jeunes et moins jeunes de Seine-Saint-Denis qui n’ont pas de qualification, trouvent une qualification. On s’est dit que ce serait une belle occasion pour que les jeunes du département découvrent ces métiers, s’y intéressent et suivent les parcours de formation qui y mènent. Et puis on a constaté que les métiers de l’environnement ne sont pas forcément connus alors que ce sont des métiers formidablement utiles. On peut prendre des décisions à la COP21 mais s’il n’y a pas des hommes et des femmes qui les traduisent en choses concrètes, ces décisions sont lettre morte ». Et la seconde vocation ? Parler d’environnement. « Tous auront entendu parler des enjeux environnementaux, ce forum a aussi un intérêt d’éducation. Ils ont peut-être entendu vaguement parler de la COP21 à la télévision mais là ce sont des hommes et des femmes dont c’est le métier qui vont leur en parler ».

« Quand est-ce que tes élèves sont formés ? On a besoin de jeunes sur le terrain »

Les jeunes collégiens et lycéens ont pu aussi rencontrer des élèves déjà en formation. Comme Roberto, 19 ans, qui tenait le stand du bac pro gestion des pollutions et protection de l’environnement du lycée Jean-Pierre Timbaud d’Aubervilliers. « Dans cette formation, on apprend à trier les déchets, les produits dangereux. On apprend aussi le recyclage et comment réutiliser des matières triées ». Plus tard, il se voit comme un conseiller qui apprendra aux autres à respecter la planète. Son professeur principal, Florent Villalba, supervise. Et présente les avantages de cette filière. « Elle forme à des métiers très concrets, dans l’assainissement, le tri des déchets, le recyclage, qui sont des métiers aujourd’hui à forte valeur ajoutée. A la sortie, ils peuvent tout de suite prendre des responsabilités et devenir rapidement chef d’équipe. Ce sont des métiers où je sais qu’ils n’auront pas de problème d’insertion professionnelle ». Que ce soit pour le stage : « J’ai déjà une cinquantaine de stages à proposer aux quinze élèves de première année». Ou pour le premier job, ses anciens collègues de l’industrie lui demandant régulièrement : « Quand est-ce que tes élèves seront formés ? On a besoin de jeunes sur le terrain ».

La transition écologique offre un vivier d’emplois. Des nouveaux métiers sont nés. Et donc des nouvelles formations pour y accéder. Mathieu Zuckmayer est entré dans le secteur de l’environnement par la porte Pôle Emploi. Alors qu’il cherchait un poste dans l’informatique, il a répondu à une offre de CDD auprès d’Actif-DPS, une entreprise d’insertion. Depuis un an et demi, il est en formation de technicien de maintenance informatique. Son travail consiste à apprendre à démonter et à réparer des ordinateurs portables. « On reçoit des dons de grandes entreprises, on récupère toutes les pièces encore bonnes des machines défectueuses, et on refait des machines fonctionnelles avec. Ça fait des économies de pièces ». Il n’est pas arrivé dans le recyclage parce qu’il cherchait dans une formation dans l’environnement mais aujourd’hui, il est fier de donner une seconde vie aux pièces informatiques.

À quelques stands de celui de Mathieu Zuckmayer, l’agence Pôle Emploi était d’ailleurs présente. François Béclin représentait la direction territoriale de Seine-Saint-Denis. Ce chargé de mission qui travaille avec les 24 agences Pôle Emploi du département, et son équipe de conseillers, ont directement accompagné certains demandeurs d’emploi auprès des entreprises présentes au forum.

L’objectif de ce forum était de faire découvrir les métiers et les formations de l’environnement aux jeunes et aux demandeurs d’emploi. Mission accomplie si l’on en croit la fermeture des portes, vers 11h00, pour réguler le flux trop important de visiteurs.

Rouguyata Sall

Les réactions des internautes

  1. mardi 15 décembre 2015 08:58 eric de saint estève

    bonjour, c'est bien beau tout ça, mais combien faut t-il de bergers urbains pour remplacer une usine de 1000 salariés, arf, 1000 bergers urbains, c'est plus qu'il n'en faut pour toute l'Europe hein.....on se pait de mots et d'expériences pour ne pas regarder que le post industrialisme ne fonctionnera pas même avec les meilleures intentions du monde, continuons de faire croire que le numérique ou que la croissance verte sauvera les emplois et la planète, dans dix ans le bilan sera tellement médiocre qu'il ne restera plus à la population que l'illusion de couper les spaghettis pour en faire des vermicelles et ainsi se leurrer d'avoir plus dans l'assiette, mais pas dans le bidon hein.......
    • mardi 15 décembre 2015 11:56 eric de saint estève

      re, En comparaison et pour faire simple, on nous vante des niches porteuses alors qu'il faudrait construire des chenils entiers, et comme l'état n'a plus de moyens pour ces constructions on essaie de nous faire croire que se sera "la coopération" et "l'entraide" qui apporteront les budgets nécessaires, le problème qui va se poser avec ce style de fonctionnement, c'est que quand les gens n'ont rien à apporter en thermes financiers, la bonne volonté ne suffit pas à remplir les assiettes hein......
      • mardi 15 décembre 2015 13:16 Samir

        "69 % des finlandais sondés sont favorables à l’idée d’un revenu de base d’un montant de 1000 euros". Bin voila..... http://revenudebase.info/2015/12/14/revenu-de-base-finlande-versions-experimentees-2017/
        • mardi 15 décembre 2015 13:57 eric de saint estève

          bonjour, le RSA est considéré déjà comme ce revenu en France, et je vous fiche mon billet que "la valeur travail" à la Française fera en sorte que ce ne soit jamais augmenté....faut arrêter de rêver, les pays qui veulent le mettre en oeuvre, Finlande, Suède, Pays Bas, ne font pas partis des pays qui ont nos problèmes en termes de chômage, de diversité, et ont une autre conception de l'humain que ce qui peut se vivre ici en terme patronal, et devinez qui tient la bourse des deniers à répartir hein??? Allez demander à l'Allemagne, aux États-Unis ou à l'Angleterre quand est-ce qu'ils en discutent, juste pour savoir quand on en entendra parler en France......
          • vendredi 18 décembre 2015 08:20 eric de saint estève

            bonjour, Ne trouvez vous pas rigolo que la nouvelle "économie du partage" et de "la collaboration" qui ne souhaitait pas de règles, de règlements, de lois, de code du travail, pour aérer "la fluidité" de l'offre des taxis Parisiens, se retourne à présent vers l’État pour qu'il encadre cette "profession". Alors dans un premier temps, on ne veut pas d'état car ce serait le frein à toute activité, et quand l'Américain reprend la main avec son darwinisme social, les personnes qui font parties de cette "pseudo chaine de ponzi" se retrouve dans la rue pour que l'état celui qu'on ne voulait surtout pas, encadre et fixe des règles: on ne peut pas vouloir en même temps les avantages d'un système communiste et ceux de l'ultra libéralisme hein, il y a quelque chose qui ne peut aller de soi !!!! Vive l'Amérique !!!! ......... http://www.20minutes.fr/societe/1753367-20151218-vtc-colere-contre-uber-appeles-manifester-vendredi ..................
          • jeudi 17 décembre 2015 08:00 eric de saint estève

            re Samir, Hier j'entendais Benoit Apparu (LR) expliquer sa philosophie concernant le travail, c'est aussi partagé par l'aile Valls et donc 70% du PS, en gros: "Ils favorisent la valeur travail car c'est par le travail qu'un individu s'émanciperait et qu'en dehors de cette vision il n'y aurait point de salut"....et un Gérard Longuet qui se permet de dire que les Français ont un poil dans la main. C'est là que l'on voit l'arnaque, puisque si il est des travaux qui sont valorisant et des quels on retire non seulement une satisfaction et en plus une rémunération correcte qui permet de vivre et d'avoir des activités existent, il est clair qu'ils n'ont qu'à aller voir en Espagne, qui d'après certains économistes de plateaux télé va très bien soit dit en passant, et revenir nous expliquer en quoi la "fluidité du marché du travail" et toutes les coupes budgétaires et salariales ont pu servir? quand un pays affiche 2.5% de croissance mais qu'en contre partie il ne fait pas baisser le chômage et pousse vers plus de précarisation ou vers l'exil toute sa jeunesse. Alors les bonnes âmes qui font baisser le chômage pour des jobs à moins de 1000 euros et qui s'en gargarisent, devraient essayer de vivre trois mois avec ce pécule pour nous expliquer que la vie est certainement Rose hein. Quant à Longuet et les Français, c'est trop dur, c'est trop loin et ils ne veulent pas bosser...qu'il prenne un taf à 800 euros et qu'il doive entretenir un moyen de locomotion et l'essence pour se projeter à 30 ou 40 kms de chez lui, on verra si il continue de raconter autant de conneries, ou qu'on le mette aux déchargement des fruits et légumes sur le Marché International Saint Charles à Perpignan pour un mi-temps payé des cacahuètes de smic, pour voir si le courage qu'il a sur les plateaux télés lui fait tenir une année à ce rythme. Franchement, et ils s'étonnent que les gens en aient marre, on rêve non??? Quant à la dernière "prise d'otage" puisque d'aucuns aiment employer ces termes concernant les grèves dans le public ou qui bloquent les routes, la dernière "prise d'otage" en règle c'est bien celle des salariés de Smart qui ont vu les pressions patronales et managériales les faire voter pour le retour aux 39 heures payées 37 hein, sinon ils partaient dans les pays de l'Est, gageons qu'avant 2020 ils auront de toutes façons pliés l'usine, l'auront délocalisée, les salariés auront fait des efforts pour rien, et on nous sortira encore le refrain sur les patrons voyous hein, quelle fumisterie......vous voyez bien qu'on est loin du revenu de base à 1000 euros que vous appelez de vos voeux, ou du partage du travail et de ses fruits hein !!! Quant à la philosophie d'émancipation et de socialisation par le travail, filez 1500 euros à n'importe qui et il trouvera les activités qui le socialise, avec ou sans travail hein.......
          • mercredi 16 décembre 2015 12:07 eric de saint estève

            Re Samir, Par exemple, j'ai une amie à moi qui bosse dans une assoce de village et qui s'occupe des personnes âgées. Elle est payée entre 800 et 850 Euros par mois net pour environ une centaine d'heures. Cela lui plait, elle est jeune, etc...mébon, commencer dans la vie avec si peu est déjà ricrac hein, sans diplôme et voulant rester sur place, que pourrait t-elle faire d'autre dans un village excentré de Perpignan, ville qui d'ailleurs n'offre pas plus en terme d'emploi? Si demain on augmente le RSA à hauteur de 700 Euros, vous croyez qu'elle rendra service pour la gloire des 100 à 150 euros de différence. Alors elle se contente de ce qu'elle a, un mois par an elle se fait un lumbago pris en charge par la collectivité, elle sait que ce ne sera pas éternel car elle sera vite désillusionnée de ce mode de vie, mais pour l'instant elle continue comme ça.....dans le même temps avec un smic qui avoisine 1150 euros net, combien si le revenu de base est à 1000 euros auront vite fait d'envoyer tout bouler, et comme le patronat et la finance nous explique que les salaires doivent baisser pour la compétitivité avec les Chinois ou les Bangladais, vous comprenez de suite l'antinomie primale qu'il peut y avoir avec la valeur travail à 800 euros et le revenu de base à 1000 euros.....
          • mercredi 16 décembre 2015 11:28 eric de saint estève

            re Samir, Vous voyez bien, on parle de Revenu de Base, d'harmonisation, de formation et patati et patata, mais à aucun moment de revalorisation hein, nan nan, Budget Constant, et encore, si il n'est pas mis en oeuvre des mesures pour radier plus facilement, et donc baisser les budgets hein, faut pas rêver, la France est déjà trop généreuse hein.......... http://www.liberation.fr/societe/2015/12/15/minima-sociaux-lancement-du-chantier-de-simplification_1420919 ..........
          • mercredi 16 décembre 2015 07:44 eric de saint estève

            re Samir, C'est possible au sein de société de petite taille, comme ici les pays cités, qui peuvent se permettre de proposer une très bonne éducation scolaire, ce qui ouvre le champs à des travaux à forte valeur ajouté, et qui du coup ne laissent presque personne au bord de la route. Alors, il est possible pour les quelques restants d'être pris en charge par la nation et de choisir d'avoir ce fameux revenu de base. Carlos Slim aussi est sur cette position quand il affirme que la baisse su temps de travail devrait permettre de ne travailler que 20 heures par mois pour se consacrer à d'autres activités pour son temps libre. Vous remarquerez que ces options ne sont aucunement celles suivies par les pays que je cite, puisque l'Allemagne fait ses contrats de Jobs à 1 Euros de l'heure, l'Angleterre a instauré ses contrats 0 heure pour lesquels le salarié ne cotise pas pour la maladie et les congés et est mobilisable au pied levé, je vous passe l'American way of life qui ne peut être que le fait de self made man qui ne paieront pas d'impôts supplémentaire pour faire vivre des Américains qui ne bosseraient pas hein, et qu'en France le jour où l'on dit que le revenu de base est de 1000 euros, quid des 2 millions de personnes qui touchent moins en travaillant et du million supplémentaire qui ne va pas tarder à sortir des statistiques du chômage du fait de la précarisation qui va faire suite à la refonte du contrat et du code du travail??? C'est une vieille lune de l'industrialisation hein, je ne sais pas depuis quand, mais ça a toujours été un leitmotiv hein, que les machines travaillent et que les hommes en partagent les fruits. La productivité a augmenté fortement ce qui aurait du permettre en grande partie cela, mais comme vous avez pu le constater depuis le CNR et 1945 où la semaine de travail est passée à 40 heures, nous devrions actuellement être sur des chiffres qui s'approchent de ceux de Carlos Slim, seulement les 20 heures de travail sont payées 20 heures et pas 40 hein, faut pas trop rêver non plus, et ce n'est certainement pas pour demain la veille vu les réformes et la philosophie du travail en tant que valeur qui préside à droite comme à gauche de l'échiquier politique Français. Nan nan, ce qui ont le pognon comptent bien le garder, et la finance cet ennemi sans visage pourra continuer d'asservir le peuple sans que nos politiques n'en soient gênés, bien au contraire........
          • mardi 15 décembre 2015 21:30 Samir

            Dévalorisants* (pénible qu'on ne puisse pas ré-éditer son texte).
          • mardi 15 décembre 2015 21:28 Samir

            C'est sur que ça va prendre du temps. Faut déjà que les gens comprennent que du boulot pour tous c'est terminé. Les robots vont prendre de plus en plus les emplois les plus pénibles et dévalorisantes et c'est tant mieux. Albert Jacquard en parlait très bien de ce monde futuriste ou l'on n'irait plus "travailler", mais choisir sans contrainte une activité selon nos désirs.