Au bureau Henri Sellier de Bondy, un vote Fillon pour "les valeurs"

AMBIANCE, POLITIQUE dimanche 27 novembre 2016

Par Mimissa Barberis

[PRIMAIRE DE LA DROITE] Le Bondy Blog raconte ce deuxième tour du scrutin de la primaire de la droite dans plusieurs bureaux de vote de Seine-Saint-Denis. Premier arrêt à Bondy, au bureau de l’école Henri Sellier où Mélissa Barberis a rencontré des électeurs visiblement séduits par le discours conservateur de François Fillon.

A l’intérieur de la maternelle Henri Sellier au 2 rue des Cinq Ormes à Bondy, il fait bon. Alexandre, un jeune assesseur, tient le bureau de vote. Auparavant, j’avais cherché désespérément pendant 1h30  le bureau de vote de l’école maternelle Jules Ferry, en vain. Sans compter l’appel pendant plusieurs minutes au 118 818 pour 2,99€/appel + 2.99€/minute. “Les adresses qui figurent sur Internet ne sont pas fiables“, m’explique-t-il.

Sur le trottoir de l’école maternelle, trois dames aux visages souriants, emmitouflées dans leurs doudounes, se tiennent serrées par le bras pour se réchauffer. Âgées de 56, 60 et 80 ans, elles disent être venues “choisir le moins mauvais des deux candidats“, à savoir “François Fillon“. “Il est plus neuf que les autres même s’il ne l’est pas complètement. Il est plus jeune, plus dynamique, il ne critique pas les autres et n’a pas de casserole”, d’it l’une d’entre elles. Toutes les trois espèrent que leur candidat va changer leur vie même si elles sont plutôt résignées. “On n’y croit pas trop vous savez”.  Marie, la plus âgée, est persuadée que François Fillon mettra toute son énergie pour tenter de changer le monde mais qu’on ne le laissera pas faire car, dit-elle, “il y a toujours des gens en dessous qui l’empêchera de faire ce qu’il veut”.

Olivier, un ancien “petit patron” comme il se décrit, accompagné de son épouse, me répond du tac au tac être venu “parce qu’on est de droite“. ses mots sont crus : il dit être “fatigué de la politique de François Hollande”, “les chômeurs en plus”. Pour lui, “François Hollande rejette les gens qui ont de l’argent, notamment les entreprises. Ils croulent sous les taxes. C’est pourquoi beaucoup refusent de venir investir en France”. Son épouse ne souhaite pas nous dire son vote mais Olivier ne s’en cache pas. “Moi, je vais vous le dire. J’ai voté pour monsieur Fillon”. “Pourquoi ?”. “ Il est plus jeune que monsieur Juppé. Ce dernier a des casseroles que je n’admets pas comme monsieur Sarkozy. Fillon, c’est un gros travailleur. Il est intègre. Et quand monsieur Sarkozy était là pendant le débat, il n’a rien pu lui reprocher. Voilà ! On veut de la clarté”. Et que dit-il du conservatisme de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy qui séduit notamment à l’extrême droite? “On a besoin de revenir à cela, répond-il, revenir aux valeurs françaises“.

Ginette, électrice née en 1928, a voté François Fillon. “Il respire l’honnêteté“, répond-elle. Il ne traîne pas de casseroles. Mais je n’attends pas de payer moins d’impôts car quand il va arriver les caisses seront vides”, poursuit-elle. “Je pense surtout à mes enfants et petits enfants”. Elle aussi dit regretter la perte de “valeurs“, les “mœurs douteuses actuelles, les parents qui font des enfants sans s’en préoccuper”.

A 12h ce dimanche, 103 électeurs se sont déplacés au bureau de vote de la rue des Cinq Ormes, à Bondy, contre 69 au premier tour. Sur la quinzaine d’électeurs rencontrés, trois seulement ont voté Alain Juppé, le reste a glissé dans l’urne un bulletin “François Fillon”.

Mélissa BARBERIS