[TOUTE PREMIÈRE VOIX] Pauline Suzanedith, 21 ans : "Je ne milite pas pour Jean-Luc Mélenchon mais pour ses idées"

AMBIANCE jeudi 6 avril 2017

Par Kab Niang

#PRÉSIDENTIELLE2017 Nouvel épisode de notre série sur ces jeunes qui s’apprêtent à voter pour la première fois à une élection présidentielle. Pauline Suzanedith, 21 ans, étudiante à l’université Paris 8 de Saint-Denis, milite pour Jean-Luc Mélenchon. Selon elle, c’est “le seul à parler d’humain avant tout”. Ce qui n’empêche pas l’étudiante d’être critique sur les politiques dans leur ensemble. Rencontre.

C’est dans un café que nous retrouvons Pauline Suzanedith, un endroit dans lequel la jeune étudiante en Master de sciences politiques à l’université de Paris 8 de Saint-Denis se rend souvent pour travailler. Intelligente, brillante, courageuse pleine de vie et d’émotion telles sont les termes qui décrivent le plus fidèlement cette jeune femme âgée de 21 ans, originaire de Boulogne-sur-Mer.

Si certains n’ont pas encore porté leur choix pour le premier tour de l’élection présidentielle ou préfèrent un vote blanc, Pauline, elle, sait déjà pour quel candidat elle va porter son bulletin de vote. “Je vote pour Jean-Luc Mélenchon, même si j’aurais voulu que Christiane Taubira se présente. C’est la meilleure. D’ailleurs, j’avais signé plusieurs pétitions qui demandaient à celle qu’elle devienne candidate”, lâche-t-elle, dès ses premiers mots.

“Je ne milite pas pour l’homme mais pour ses idées”

Pauline Suzanedith, étudiante à l’université de Paris 8,  Saint-Denis.

Pauline a baigné dans une famille divisée politiquement. “Mon père a toujours incarné une sorte de pragmatisme, il est de droite alors que ma mère est de gauche mais déçue par le Parti socialiste tel qu’il existe aujourd’hui“. Elle aussi a choisi Mélenchon, après le grand débat télévisé du 20 mars 2017. “Moi, je fais campagne, à ma façon. Je colle des autocollants pour mon candidat, je partage les idées qu’il défend avec mon entourage, mes amis comme les questions qui concernent l’écologie, les réfugiés. Bref, je ne milite pas pour l’homme mais pour ses idées”.

Par sa puissance du verbe et de son éloquence, Pauline fait preuve de responsabilité. “Il est nécessaire, de faire des choix non pour ce qui est bon pour lui, mais pour ce qui est bon pour tous”, argue-t-elle l’air très sérieux. Jean-Luc Mélenchon est le seul qui met le plus en avant les idées autour de la nécessaire réduction des protéines animales dans notre régime alimentaire. C’est pourtant un sujet important. C’est le seul candidat qui parle d’humain avant tout. Et son programme est chiffré, il le travaille depuis des années. C’est la meilleure des personnes selon moi pour faire que ce système à bout de souffle évolue”. 

Il y a deux ans de cela, Pauline commence à militer dans différents associations. Aujourd’hui, elle est membre de RUSF (Réseaux des Universités Sans Frontière) à l’université Paris 8. Un engagement associatif qui rejoint des idées politiques très affirmées. “Je veux lutter contre l’injustice dans toutes ses formes et changer la société telle quelle est aujourd’hui”. Son ambition : pouvoir se rendre aux Etats-Unis pour expérimenter l’engagement associatif outre-Atlantique. “Actuellement, je cherche des stages dans des associations. J’ai par exemple postulé pour une association qui lutte contre le réchauffement climatique. L’actuel président des États-Unis est un climato-sceptique, il pense qu’il n’existe pas de réchauffement climatique. J’ai aussi postulé dans une structure qui tente de combattre le système d’incarcération américain. Toutes ces questions de société me passionnent”.

Malgré ses projets d’engagement, Pauline reste attentive à la campagne présidentielle actuelle. Une déception, dit-elle. “Je trouve que le débat ne porte ni sur des sujets, ni sur des idées, ni aussi sur les causes mais plutôt sur des personnes. On ne parle plus que des affaires judiciaires”.

Ce qu’elle espère ? “Voir Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon faire une alliance parce que leurs programmes ont des similitudes. Ils auraient plus de chance pour aller au second tour et ce serait une bonne chose au vu du climat politique et des enjeux de cette élection”.

Kab NIANG

Crédit photo : Adriana PARRILLA