Villepinte : la supérette Hal’Discount ne sera finalement pas expulsée

AMBIANCE mercredi 8 novembre 2017

Par Inès El laboudy @InesLabou

Menacé d’expulsion du local de sa supérette de Villepinte, Nabil Maskène a enfin pu entrer en contact avec le propriétaire des lieux, la banque HSBC, qui s’engage désormais à étudier le dossier et assure que son commerce pourra récupérer le bail de location. 17 emplois étaient menacés.

C’est une nouvelle que Nabil Maskène et ses salariés n’espéraient quasiment plus. La banque HSBC, propriétaire des lieux, a assuré que la supérette de Villepinte, située Seine-Saint-Denis, allait pouvoir récupérer le bail de location. Hal’Discount est la victime collatérale d’une procédure judiciaire entamée par la banque HSBC contre TMF, le locataire officiel auprès duquel il sous-loue les 900 m2. TMF, très endetté, ne payait plus ses loyers depuis avril 2017 après avoir été placé en liquidation judiciaire en janvier, alors que Nabil Maskène, lui, a toujours payé ses loyers, environ 10 000 euros par mois. HSBC demande alors son expulsion accordée par le tribunal le 6 juillet 2017 ce qui implique un départ forcé de Hal’Discount. Le gérant tente de trouver un accord avec les responsables de la banque. En vain. Il ne réussit d’ailleurs ni à être reçu ni à entrer directement en contact avec eux.

Depuis, Nabil Maskène n’a cessé de se battre. Le 26 octobre, lui et ses soutiens se sont rendus devant le siège de HSBC à La Défense pour tenter de se faire entendre. Le dossier a fini par remonter jusqu’au directeur immobilier. Absent ce jour-là, ce dernier a eu connaissance des grandes lignes du dossier quelques jours après et a donc décidé d’entrer en contact avec le gérant de la supérette pour fixer un rendez-vous.

“Il nous a déjà assuré que nous allions pourvoir récupérer le bail de location à notre nom”

Reçu jeudi 2 novembre en compagnie de sa comptable, Nabil Maskène a enfin pu expliquer pourquoi il ne cessera pas son combat. “J’ai été agréablement surpris de voir quelqu’un de disponible et à l’écoute. Comme je le disais depuis le début, ça bloquait plus bas et aujourd’hui, j’ai fait un grand pas en avant. Le directeur immobilier, Dominique Paulhac, a compris que tout ce que nous voulions, c’était préserver notre commerce, nos salariés et nos clients. Il s’est engagé à venir chez Hal’discount lundi 6 novembre pour discuter des suites du dossier mais il nous a déjà assuré que nous allions pouvoir récupérer le bail de location à notre nom”.

Dominique Paulhac a tenu parole et s’est rendu sur place lundi peu avant 14 heures, avec un responsable de HSBC et Nabil. Après avoir visité les locaux de la supérette ainsi que la zone industrielle où se situe Hal’Discount – zone qui appartient également à la banque -, Nabil Maskène a senti un enthousiasme de la part du directeur immobilier. “Il avait l’air ravi de ce qu’il voyait, rapporte-t-il. Il venait avec des à priori suite à des réclamations faites par des riverains qui se plaignaient du bruit fait pendant nos livraisons. Les riverains se plaignaient de nuisances sonores, et nous avons tenu à les voir et comprendre ce qui les dérangeait. Du coup, nous avons par exemple déplacé notre machine qui compacte le carton à l’intérieur de notre hangar pour les gêner le moins possible et c’est ce qu’a constaté le directeur immobilier”. Certains riverains se plaignaient également du bruit des moteurs des chambres froides qui peuvent s’entendre de l’extérieur, à l’arrière du hangar. Nabil a donc proposé à Dominique Polhac de lui louer le local voisin, afin d’y installer les chambres froides disposant d’une meilleure isolation phonique mais aussi la possibilité d’y stocker davantage de marchandise et donc d’augmenter les ventes. Selon le gérant de la supérette, ces différents points ont permis de faire pencher la balance un peu plus en sa faveur.

“Une chance”

“Lors de notre rencontre la semaine passée, il était question de récupérer le bail sous conditions, notamment de durée et de travaux. Mais aujourd’hui, après avoir vu de lui-même la qualité de notre travail, Dominique Polhac a non seulement accepté de nous faire signer un bail commercial classique mais il a aussi accepté de nous louer le hangar voisin”, raconte Nabil, très ému par cette victoire. Le commerçant se dit prêt aujourd’hui à aider les sous-locataires dans une situation similaire. “Nous avons reçu de nombreux messages et soutiens de personnes de Normandie, Marseille etc. Certains n’ont pas pu se battre et ont été expulsés. Aujourd’hui avec notre connaissance du dossier, nous allons pouvoir aider d’autres personnes dans le même cas que nous”.

Un rendez-vous est prévu le 6 décembre prochain avec le président du Grand Tribunal pour statuer de l’affaire, les deux parties se sont engagées à contracter un bail de location avant cette date afin que toutes les charges soient annulées. Contactée par le Bondy Blog, la banque HSBC n’a pas souhaité communiquer sur le sujet.

Inès EL LABOUDY