Démétrius a 16 ans, il a des pouvoirs magiques, il est surdoué et son prénom nous fait entendre qu’il a des puissances mythiques et légendaires. Il est en seconde au lycée Janson de Sailly et habite dans le 9ème arrondissement, pas loin du centre Pompidou. Sa mère est journaliste et son père ingénieur. Démétrius peut être un futur génie, du cinéma. C’est ce qu’il veut faire plus tard, réaliser des films de Mindfuck. Il est aussi passionné de musique, en ce moment, il écoute du rap français comme Youssoupha, Soprano ou Hippocampe Fou. Il écoute aussi Eminem en rap américain et du rock dans le style des Artic Monkeys ou de Muse.
Dimitri, c’est comme ça qu’il se fait appeler, s’est souvent fait rejeter parce qu’il était différent, mais nous au Bondy Blog on aime la différence. Dimitri, est un grand châtain sympathique, on ne se connaissait pas mais pourtant il s’est totalement ouvert, discuter avec lui et Samir était un vrai plaisir. Il ne paye pas de mine, un style d’adolescent, un pull à capuche, un jean et des baskets mais pourtant je sens qu’il est animé par la même folie que moi, cette folie qui me donne l’envie d’écrire, une folie positive qui nous a permis de bien s’entendre.
Dimitri est le DJ officiel du studio 13/16, il ambiance ce fabuleux endroit, plein d’enfants qui me rappelle mes étés au centre aéré, des étés plein de beaux souvenirs, de parties de foot à en trouer les semelles de nos chaussures. La cacophonie de ce studio me rends nostalgique de mes déjeuners à la cantine infâme du centre, comme ici, on y criait, riait et bien-sûr malheureusement mangeait. Oui, il aime bien cet endroit car on y est libre, on peut faire des ateliers, écouter de la musique, dessiner, manger, boire… Une après-midi au studio 13/16 est un moment de partage avec des potes, on fait des nouvelles rencontres, échange avec des artistes et des journalistes.
Pour le peu de temps que j’ai discuté avec Dimitri, c’est enrichissant, il m’explique qu’être surdoué, n’était pas facile parce qu’en même temps il est dyslexique n’a jamais eu de bonnes notes. L’année dernière il a même redoublé sa seconde. Mais j’ai cru comprendre qu’il commençait à prendre conscience que c’était aussi une chance.
Alors Dimitri, force à toi, continue à venir, à créer, à dessiner, à faire le DJ, je suis sûr que tu seras un grand réalisateur de films et que t’auras la Palme d’Or au festival de Cannes.
Jean Ben Aych
Crédit photo : ©Hervé Véronèse Centre-Pompidou

Articles liés

  • Les créateurs d’origine africaine : entre couture et culture

    Alors que la fashion week masculine bat son plein à Paris, l’accès aux maisons de haute couture est plus difficile pour certains créateurs. Les artistes issus des minorités ethniques choisissent pour beaucoup l’indépendance en créant leurs marques, et en affichant leur héritage culturel comme source d’inspiration. Une revendication de ce qui constitue leur identité. Loin des appropriations culturelles des grandes maisons. Témoignages.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 21/01/2022
  • Placés : de l’ombre à la lumière des Maisons d’enfance

    Sorti en salles le 12 janvier dernier, Placés est le premier film du réalisateur Nessim Chikhaoui qui raconte le quotidien haut en couleurs d'une bande de gamins placés à l'Aide Sociale à l'enfance. Un film drôle, touchant, qui raconte sans détours une réalité souvent douloureuse. Un coup de coeur pour notre contributeur Félix Mubenga. Critique.

    Par Félix Mubenga
    Le 20/01/2022
  • Avec « Nous », Alice Diop retisse la trame de notre société

    Comment des personnes aussi différentes les unes des autres font-elles société ? Comment passer de la somme des 'je' individuels à la formation du 'nous' collectif ? C'est avec cette intrigue sociale et politique que la réalisatrice Alice Diop a démarré son documentaire 'Nous'. Un film qui sortira en février 2022, disponible actuellement sur Arte, et qu'a vu Nassera Tamer. Critique.

    Par Nassera Tamer
    Le 22/12/2021