60 millions de Français, 6 millions de chômeurs, 23 appellés de la Nation, 1 sélectionneur… Analysons ensemble les 23 Bleus sélectionnés pour l’Euro. 

Hugo Lloris

Gardien de but de Totthenam et sosie officiel de Pierre Palmade, il s’est imposé au fur et à mesure des années comme l’un des meilleurs gardiens d’Europe. L’ex-Lyonnais reste sur une année bizarre, avec un titre de champion d’Angleterre qui lui a échappé de justesse. Capitaine par défaut, Hugo est un faux calme, très écouté du staff et du vestiaire, il sera un appui fort du sélectionneur pendant tout le mois de juin.

Steve Mandanda

L’histoire de Steve Mandanda en equipe de France reste une énigme. Doublure (voire plus) de Lloris, il sort d’une année durant laquelle son talent a été pris en otage par le nauffrage de son club, l’Olympique de Marseille. Capable d’arrêt reflexe incroyable, le meilleur gardien du championnat va avoir tout le mois de juin pour choisir un nouveau club entre deux parties de ping-pong.

Benoît Costil

Un troisième gardien, c’est comme un stagiaire dans une boîte de communication, sauf que Benoît Costil ne triera pas le courrier et n’ira pas acheter des Frapuccino pour l’équipe en pause. Il sera là pour animer le vestiaire, échauffer les copains, crier « allez les gars, on va la chercher ». En gros le gardien de Rennes sera invité à toute les cérémonies foot dans les années à venir si la France gagne l’Euro. Il méritera sa médaille comme tous les autres membres de l’effectif, sauf que lui aura la possibilité de graver dans sa médaille la mention « OKLM »

Raphaël Varane

Grand talent qui ne progresse pas depuis deux ans. Raphou a le malheur d’être le troisième défenseur du Real Madrid. En fait, on reproche à Fifou de ne pas être sévère envers l’homme. Défenseur élégant, rapide, véloce, propre, poli, Raphou manque de piquant et de fourberie. Un brin d’agressivité nous aurait empêché de prendre ce but de Matts Hummels en ¼ de finale de Coupe du Monde. En gros, Raphou est un beau fruit mais pas encore assez mûr pour être l’un des cadors de cette équipe. Deschamps en est conscient, mais sans lui, c’est encore plus dangereux. Souhaitons à Raph Lorraine qu’il découvre la bonne harissa du Cap Bon en ce doux mois de ramadan.

Lucas Digne

Latéral fébrile au PSG devenu titulaire à la Roma, il reste encore un peu tendre dans des grandes compet’, pour preuve le deuxième but du Real Madrid à Rome en 8ème de finale de C1 où Lulu était grandement responsable, laissant à son adversaire, le bien nommé Jesé, l’équivalent de la rue Roger Salengro de Bondy pour marquer son petit but.

Jérémy Mathieu

Plus qu’un roux de secours dans le groupe, Jérémy pourra mettre son expérience de Blaugrana au profit de toute la sélection. Polyvalent gaucher, deux atouts qui font mouche dans un poste qui ne demande pas que du physique.

Eliaquim Mangala

L’un des défenseurs les plus chers de l’histoire qui joue dans le club le plus flambeur de l’histoire. Au final, il réalise une saison moyenne à Manchester City, mais a surtout montré à toute l’Europe qu’il pouvait faire garder le silence à Zlatan. Vous me direz qu’en Coupe d’Europe, il est normal que Zlatan garde le silence. Allez le dire en face à Eliaquim, 25 ans 1,88, 84 kg de muscles.

Laurent Koscielny

Un Corézzien dans le groupe France, c’est beau quand on sait que ce n’était pas dans le programme de François Hollande. Koscielny est un défenseur capable du pire comme du meilleur : bon stoppeur, il a gagné sa place de titulaire indiscutable à Arsenal, un club où la défense est plus dépressive qu’un riverain de la place de la République. Il sera probablement titulaire grâce à une sombre histoire de steak cramé et de brûle-graisse.

Bakary Sagna

Pas le meilleur à son poste, pas le pire non plus, il a libéré toute une génération en abandonnant ses tresses jaunes. Espérons aussi qu’il se mette un jour à faire des centres, pour que sa réhabilitation soit complète. Mais attention il sort quand même d’une saison où il était titulaire dans une équipe demi-finalistes de la C1. Dans le CV, c’est comme si t’avais eu la chance de participer à l’ultime interview de Prince malgré quelques piges au Bondy Blog sur tous les Rain B fever.

Patrice Evra

Ancienne caillera immature de Roselyne Bachelot, Pat est un exemple de réinsertion pour toute la génération Scarface. Certes, il camoufle difficilement une carrière immense en club, le bianconero reste étrangement silencieux concernant le « Capitana », qu’il ne brigue plus depuis Knysna. Il y pense sûrement entre deux parties de Call of Duty. Homme de main du groupuscule « Desch », leader naturel écouté, il devra être dans ses meilleurs dispositions pour stopper les vagues offensives suisses. D’ailleurs, il n’y a qu’en foot où l’on peut mettre l’adjectif « offensif » et « suisse » côte à côte.

Christophe Jallet

Sapé comme Jallet ! Sapé comme Jallet ! Voilà ce qu’on entendait dans le nouveau (et merveilleux) Parc OL, un chant qui rendait hommage à une prestation de haut vol lors du match décisif de la semaine dernière qui a vu l’OL exploser l’immonde AS Monaco. Jaja a largement contribué à cette victoire et a surement donné des certitudes au sélectionneur. Attention, Jallet n’est pas forcément le meilleur latéral Français du moment, mais quand on prend en compte le vecteur implication/vie de groupe/bonne tête de gendarme, il truste les meilleurs. Il bénéficie aussi du déclin physique de Debuchy.

Paul Pogba

Déjà très grand, talent pur, LA star. Paul Pogba va exhiber ses nouvelles coupes et tout ces nouveaux délires de jeune charo dans tous les stades de l’Hexagone. Technique imparable, bonne relance, capable de coups de génie, Pogba a tout pour faire un grand Euro. Espérons que Deschamps ne s’entête pas à le contenir à des basses œuvres défensives lorsque Polo voudrait, à grandes enjambées, attaquer.

Blaise Matuidi

Un début de saison en fanfare, une danse, un clip pour Nike, Matuidi a connu les 100 jours de grâce avec un Capitana qui lui tendait les bras. Et puis Blaisou a connu la vérité de la Champions League et les chiffres de ventes de l’album de Rohff. Malgré sa grande présence dans les moments chauds, le poumon du PSG a montré ses limites, il reste quand même un bon piliers du groupe de Dédé. Pour résumer, il possède une bonne attitude, un bon volume de jeu, Blaisou, c’est un bon récupérateur dans une bonne équipe. Attention à ses quelques failles qui ressortent dans les moments où il faut élever le niveau technique et ce surtout devant la presse française, qui aime surcoter ce genre de joueur, précieux, mais limités.

Lass Diarra

Revenu de nulle part à Marseille, il marchait sur l’eau de la Canebière depuis six mois avant de connaître le coup de pompe physique de l’hiver et un cambriolage de printemps, la base. Lass respire le foot et la sérénité sur un terrain. Techniquement, il a pour lui l’expérience des grands rendez-vous et une barbe rassurante en cas de pépins dans le moral du groupe. Il a tout pour être le grand frère du milieu de terrain français, pas d’amalgame.

Ngolo Kanté

L’atout fraîcheur du groupe. De Suresnes à Leicester, il a trainé son petit gabarit pour imposer son style dans les grandes batailles du milieu de terrain. Ngolo Kanté est sans doute la révélation de l’année côté « Français de l’étranger ». Aujourd’hui, l’Europe s’arrache ses services. Ngolo dégage des ondes positives et c’est de ça que l’équipe de France a besoin.

Yohan Cabaye

Passer de titulaire indiscutable à remplaçant discuté en quelques mois, il décline dans la hiérarchie du milieu. S’il est retenu dans la liste, ce n’est pas pour sa saison en demi teinte à Crystal Palace, mais plus pour son historique en sélection, et pour Deschamps c’est un facteur important.

Moussa Sissoko

Un autre homme de main du sélectionneur, titulaire indiscutable dans une équipe reléguée en seconde division en Angleterre, il fait partie de ces joueurs qui plaisent contre vents et marées au sélectionneur. Impliqué, polyvalent. Beaucoup de spécialistes l’auraient laissé sur la touche, pas Didier Deschamps, qui montre aussi qu’il sait être fidele à ses joueurs de confiance.

Olivier Giroud

Beaucoup le contestent, d’autres le défendent, il est là et il faudra faire avec. Et surtout l’utiliser au mieux. Bon remiseur pour les uns, arnaque pour les autres, Gigi n’a pas gagné sa place grâce aux statistiques, la courbe du chômage, les sondages, Nuit Debout, notre sélectionneur les ignorent, Giroud c’est le 49.3 de Dédé.

Dimitri Payet

Longtemps décrié pour son inconstance et sa nonchalance, Payet a réussi à devenir le joueur constant et chalant que toute la France attendait grâce à sa rencontre avec un bruyant et brillant Argentin en survêt’. En Angleterre, il fait partie des tops players avec en prime une option coup franc qui pourrait nous dépanner en cas de hass contre l’Albanie, il peut devenir le dépositaire du jeu Made In France de 2016.

Antoine Griezmann

Il explose aux yeux de l’Europe cette année. C’est super, parce que cocorico Griezou est Français. Paradoxalement, c’est un footballeur espagnol, formé à la Real Sociedad, et attention gros cocorico, rejeté par la formation à la française. Comme beaucoup de joueurs espagnols, il peut jouer partout sans perdre en qualité. Antoine aura la lourde tache d’être le leader offensif de l’équipe en lieu et place de l’ignoble maître-chanteur de Bron Teraillon KB.

Anthony Martial

Il coûte 80 millions, prix de rachat de l’âme du Bondy Blog par le groupe Bolloré. Il a montré qu’il assumait la pression tout en marquant ses buts. En ce moment il représente la fougue de la jeunesse du 91 mieux qu’un duo entre Sinik et Diams. Il a 20 ans, brise des reins en silence dans toute l’Angleterre comme un papa de 30 piges.

Gignac

Grâce à lui on regarde le football mexicain d’une autre manière : exilé depuis un an, il a mangé les buts comme un carnivore, avec pour lui des qualités indéniables d’adresse et de combativité face au but. Gignac s’est donné toutes les chances de participer à cet Euro en France, avec un état d’esprit irréprochable. Espérons que le Gitan marque autant de buts que Kendji Girac vend de disques.

Kingsley Coman

Le PSG lui a dit « salam », il a trouvé refuge à Turin pour avoir du temps de jeu, qu’il n’a pas trouvé. Ultime déménagement en Bavière ou l’herbe teutonne s’est averée verte pour notre jeune ailier. Son entrée dans le match de Ligue des Champions contre la Juve a été tranchante et décisive. Pep Guardiola lui a donné des responsabilités qu’il a prises malgré sa jeunesse, un beau gage de qualité et une belle revanche pour le vilain petit canard de Lolo White.

Saïd Harbaoui

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