A quelques heures du lancement du mondial de football 2014, le rendez-vous est attendu avec impatience par les uns, avec  répulsion par les autres. Si le naufrage des Bleus en 2010 est encore dans toutes les têtes, beaucoup ont opté pour le chemin de la rédemption.

Prime à la jeunesse : une formule gagnante pour les Bleus ?

Didier Deschamps l’a dit. Le match retour contre l’Ukraine au cours duquel les Bleus ont arraché leur billet pour le Brésil va lui servir de « référence » pour la suite. Sa liste des 23 dévoilée le 13 mai dernier l’atteste : il renouvelle sa confiance à ces mêmes joueurs.

Mais deux coups durs lui sont tombés dessus ces derniers jours : les forfaits de Clément Grenier, victime d’une déchirure aux adducteurs, et de Frank Ribéry, qui ne s’est pas remis de sa blessure au dos. Les Bleus perdent là deux joueurs talentueux : le jeune Grenier, un « numéro 10 » créateur capable d’apporter des solutions de jeu par ses passes et son aisance technique, et Ribéry, leader de cette équipe aux percées fulgurantes sur son côté gauche. L’expérience du joueur du Bayern Munich (31 ans, 81 sélections) va manquer à cette équipe de France historiquement jeune, dont la moyenne d’âge est de 26 ans.

Est-ce que cela bouscule « DD » dans ses plans ? Il répond : « Au-delà de l’âge, on perd surtout un joueur de classe mondiale (…) Évidemment l’expérience a son importance (…) Mais la jeunesse a aussi ses qualités avec l’enthousiasme, la générosité et peut-être aussi un peu de folie ». Et de talent, comme l’illustre Morgane Schneiderlin (Southampton Football Club) et Rémy Cabella (Montpellier Hérault Sport Club) qui viennent remplacer les deux blessés et qui ont fêté lors de ces matches amicaux, leur première sélection.

Il rappelle d’ailleurs que le groupe de départ comportait déjà beaucoup de jeunes joueurs. A l’image de Raphaël Varane, défenseur du Real Madrid, qui confirme cet état d’esprit : « Plus que jamais la force de ce groupe sera le collectif (…) Le groupe vit bien, on s’entend bien, c’est notre grande force ».

La victoire écrasante 8 à 0 de la France face à la Jamaïque dimanche 8 juin l’a démontré. Cette réorganisation du groupe a même élevé son niveau de jeu tout en conservant le « 4-3-3 » cher à l’entraîneur. Karim Benzema, exilé sur l’aile gauche à la place de Frank Ribéry, se révèle terriblement efficace (deux buts, deux passes décisives) et casse le mythe de sa supposée non-compatibilité en attaque avec Olivier Giroud. Didier Deschamps a su exploiter le caractère altruiste de l’attaquant qui apportait également de la présence dans l’axe. Et dire qu’il était seulement « à 70% », ça promet… Il efface ainsi sa fin de saison en demi-teinte au Real et ses pépins physiques.

Antoine Griezmann, entré à la 71e minute de jeu, montre qu’il est un redoutable joker offensif en inscrivant un doublé. Le milieu de terrain, solide et omniprésent dans toutes les phases de jeu, confirme et offre à l’entraîneur plusieurs solutions de rechange. Seul la défense n’a pu s’exprimer lors de ce match devant la faiblesse de l’équipe adverse. Malgré tout, le latéral gauche, Patrice Evra, a délivré une passe décisive à Blaise Matuidi sur le 6e but.

Depuis le match contre l’Ukraine, l’équipe de France est en marche. Ses victoires franches en amical illustrent cette dynamique. Malgré le score nul contre le Paraguay, le match contre la Jamaïque nous prouve que les automatismes sont bien là. Frank Ribéry jouait beaucoup avec son ami Karim Benzema ce qui créait un déséquilibre en attaque. Or, sans lui, le dernier match montre une circulation beaucoup plus homogène entre les trois attaquants. Peut-on alors dire que l’absence de Ribéry est au final un mal pour un bien ? Réponse dimanche 15 juin…

Kevin Te et Clément Lauer

A eux de jouer maintenant !

Nous n’allons pas nous mentir : malgré l’une des « remuntada » les plus incroyables de l’histoire du football français, menant les Bleus à la qualification pour la plus prestigieuse des compétitions internationales, l’équipe de France était loin d’être rassurante.

Le premier match contre la Norvège a cependant fait taire la plupart des critiques, avec une belle victoire 4 à 0. Alors certes, ce n’était que la Norvège, et le match n’a pas non plus été exceptionnel, mais il a permis aux Bleus de se retrouver en quelque sorte, et surtout de retrouver Mathieu Valbuena et Olivier Giroud, disparus depuis un certain temps. Le dernier match de préparation contre la Jamaïque s’est quant à lui soldé par un score fleuve de 8 à 0, avec un Karim Benzema retrouvé, et une équipe joueuse et offensive.

Quelques petits bémols s’immiscèrent cependant dans cette phase de préparation, avec un piètre nul contre le Paraguay, et surtout, avec la blessure de Franck Ribéry, privant l’équipe de France de l’un de ses meilleurs éléments (si ce n’est le meilleur), et celle de Clément Grenier.

Malgré cela, les deux matches contre la Norvège et la Jamaïque ont redonné le sourire aux joueurs, ont permis de consolider un groupe qu’on croyait fragile, et surtout, de nous redonner de l’espoir à nous, supporters, qui ne souhaitons qu’une chose : retrouver cette équipe de France joueuse, offensive et efficace pour la coupe du monde, et que ce jeudi soit le début d’une belle aventure. Aux Bleus de jouer maintenant, et à nous d’être derrière eux jusqu’au bout.

Dalal Jaïdi

Coupe du monde parallèle

Dans l’open space il fait chaud et lourd, tous mes plannings sont prêts et pourtant je lis et relis les affiches à mettre en avant sur Facebook. Dans ma tête, tout fonctionne en liste :
–        Penser à trouver les visuels de joueurs
–       Veiller à ce que les anciennes photos correspondent à des joueurs sélectionnés
–       Ne pas se tromper de logo sur les photos publiées
–       Idem pour le ballon officiel de la compétition
–       Penser à n’écorcher aucun nom de joueur
–       Être en veille tout le temps, si une équipe ne descend pas d’un bus, nous serons les premiers à le poster

A vrai dire, moi, la coupe du monde, ça me passe un peu au-dessus. La ferveur du ballon rond et l’engouement national… Euh oui bon ça change pas grand-chose mais c’est un bon moment à passer, et puis c’est vrai que ça rassemble les gens !  Et puis grâce au boulot, je peux vous citer au moins la moitié de l’effectif de l’équipe de France, les affiches des matches de poule et surtout vous dire à quelle heure sera diffusée la cérémonie d’ouverture en Afrique, aux Caraïbes, à la Réunion, sur l’Ile Maurice, à Madagascar et en Nouvelle Calédonie. Au moins, cette fois-ci, je saurai ce qu’il se passe !

Ici, en tout cas, la coupe du monde c’est du sérieux ! Dans le match serré des droits entre Canal + et beIN à l’international ça relève un peu des crises du conseil de sécurité de l’ONU. Mon casse tête du jour ? Savoir si je pouvais nommer le challenger de Canal sur mes visuels… Oui, la compétition ne se joue pas que sur le terrain…

Jihed Ben

Au nom du jeu

Ça y est, c’est parti. Après quatre ans d’attente là voilà enfin, la coupe du monde, celle qui en fait rêver plus d’un, en tout cas, moi, je suis déjà conquis. Et puis c’est au Brésil quand même, comment ne pas tomber sous le charme. On est parti pour un mois de compétition avec des matches tous les jours, surtout en fin de journée, avec le décalage horaire.

Malgré les nombreux contretemps, tantôt dans les retards de la construction des stades où deux ouvriers on tragiquement perdu la vie, tantôt dans les manifestations du peuple contre la forte dépense des infrastructures. Au final, personne n’as pu stopper l’ouverture de l’une des deux plus grandes compétitions sportives au monde avec les Jeux Olympiques.

Un Falcao et Ribéry absents, ne soyons pas tristes, il nous reste Messi, Ronaldo et Neymar. Je n’ose imaginer un nouveau revers du Brésil à domicile après ce qu’il s’est passé en finale de 1950 et sa défaite face à l’Uruguay dans un Maracaña silencieux. Espérons que si cela arrive de nouveau, on ne verra pas de suicides en pagaille. Mais je reste convaincu qu’au coup d’envoi, même les plus pessimistes seront derrière leur téléviseur pour encourager leur nation, car n’est-ce pas le but de toute coupe du monde ? S’unir au nom du beau jeu ?

Kévin Vaz

Le scénario rêvé…

Ça y est, ils l’ont fait ! La deuxième étoile est accrochée! Les Champs-Élysées envahis. La bande à DD est championne du monde ! Seize ans après, la France black-blanc-beur est de retour dans les rues de Paris sous les cris de la foule. Gloria Gaynor a trouvé à qui parler. C’est J-Lo et son tube de l’été qui fait danser les Bleus.

Après une première phase difficile marquée par un nul contre le Honduras et une défaite contre la Suisse sur un but hors-jeu à la 90e minute, les Français ont su remonter la pente. Contre l’Equateur déjà, grâce à un triplé du peut-être futur ballon d’or Karim Benzema. Contre l’Argentine de Messi ensuite, avec une victoire 2-1 en prolongations et un coup de casque mémorable du capitaine Mamadou Sakho, qui avait pris le brassard après l’expulsion de Lloris a la 110e. La chance était de notre côté en quart contre la Belgique avec une séance de tirs au but mémorable marquée par les deux parades de Stéphane Ruffier et la panenka victorieuse de Paul Pogba. En demi, l’Espagne de Casillas, Ramos et Iniesta est dévorée, 5 à 2, après un match fabuleux marqué par les doublés de Giroud et Valbuena.

Et enfin la finale, en apothéose, face au Brésil de Neymar, désigné joueur de la compétition avec ses 8 buts. 1-0. But de Raphaël Varane de la tête a la 86e. Le Brésil tremble et pleure. La France tremble et rit. Jamais le 14 juillet n’aura été si festif, les Bleus prennent un bain de foule sur des chars. Les deux fêtes se vivent ensemble. La France est le centre du monde. On est les champions !

Jonathan Sollier

Coup de gueule !

Plutôt que de vous donner mille et une raisons de suivre assidûment cette coupe du monde, je pense qu’il est préférable de mettre un carton rouge aux supporters de l’équipe de France. Car la vitesse à laquelle ces derniers changent de chemise est plutôt effarante.  Je m’explique.

Il y a encore si peu, l’équipe de France n’inspirait que honte, dégoût et ses joueurs crispaient par la même occasion la haine de la nation entière.  Ils n’étaient aux yeux de tous, ou du moins de la majorité, que des jeunes de banlieue non éduqués. Des « français d’origine » qui ne méritent qu’une chose : l’autodafé.

Puis soudain, après une poignée de victoires consécutives, ces mêmes joueurs qui étaient vus jusque-là comme des parias, sont à nouveau adulés ça et là. Et il n’est pas rare de voir à la télévision, un ballet de journalistes admirant leur abnégation. Un sentiment d’unité nationale semble être donc retrouvé à la veille du lancement de la coupe du monde de football.

Je conçois bien volontiers qu’il est très difficile de soutenir ou d’encourager une équipe de football qui enchaîne des contre-performances, néanmoins un supporter  se doit d’être fidèle et loyal à mon sens. Ce qui n’est malheureusement pas le cas du supporter français. Et ça ce n’est pas fair-play.

Mohamed K.

Neymar, l’idole du peuple

Alors qu’au Brésil s’enchaînent manifestations sur manifestations, le peuple brésilien est sur le point de voir une coupe du monde de football se jouer dans son pays. Même si les Brésiliens ne sont pas tous du même avis sur cette « World Cup » (dépenses faramineuses pour l’organisation, hébergement dans des hôtels luxueux), ils sont tous d’accord sur un fait, plutôt sur un joueur : Neymar Jr, l’enfant du pays.

Ce joueur de 22 ans évolue actuellement au FC Barcelone (Espagne). Alors que la Coupe du monde débute ce jeudi, Neymar et la sélection brésilienne, la Seleçao, sont les principaux sujets de conversation actuellement. « Vont-ils gagner la coupe ? » « Vont-ils assurer ? » Mais la question principale est : « La pépite de 22 ans va-t-elle briller sur le terrain ? »

Symbolisé comme le nouveau Ronaldinho du Brésil et du FC Barcelone, Neymar a de la pression sur ses épaules, entre le Brésil et le Barça qui sont tous deux en quête de titres, l’enjeu est donc de taille. Tous les yeux sont braqués sur Neymar, star montante de sa sélection. Pourrait-il devenir la star de ce mondial 2014 ?

Mehdi Ichou

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