Après 41 jours de grève, les représentants FO et CFDT des salariés se disent prêts à signer un accord. « Nous avons réussi à faire en sorte que la plupart des revendications des grévistes soient entendues et acceptées par Onet »déclare Diadié Diakhité, un des négociateurs du conflit social, responsable CFDT manutention ferroviaire à la SNCF.

Parmi les avancées obtenues par les salariés et leurs représentants, une prime repas d’un montant de 4 euros contre 1,90 euros aujourd’hui pour tous les salariés faisant au moins 5 heures de travail par jour, au prorata du temps travaillé pour ceux qui comptabilisent moins d’heures ; la suppression de tous les contrats des agents de nettoyage de la clause mobilité les contraignant à se déplacer de gare en gare, les agents resteront des agents fixes comme ils le demandent; le rattachement des agents de nettoyage à la convention collective manutention ferroviaire dès février 2018.

Pour Sud Rail en revanche, ces avancées ne sont pas suffisantes. Le syndicat souhaite que la grève continue. Pour Patrick Liboux, délégué Sud Rail à la SNCF, « la direction ne fait pas plus de pas qu’elle en faisait avant. Elle nous oppose une fin de non-recevoir sur la prime de vacances et la question des effectifs n’est pas abordée ».

Divergence chez les salariés sur la reprise du travail

Sous couvert d’anonymat, un salarié en grève depuis le début est catégorique : « C’est un accord gagnant pour nous. Soit ils ne lâchent rien sur la prime de vacances mais regardez le reste, quasiment toutes nos revendications ont trouvé un écho favorable. On a même réussi à faire que la prime de panier concerne l’ensemble des salariés alors qu’au départ seuls ceux qui effectuaient au minimum 6 h par jour étaient concernés ! » Un autre gréviste abonde dans son sens. « On a gagné sur la plupart des motifs, nous avons obtenu des avancées grâce à notre acharnement ».

Une autre salariée en grève souhaite, elle, poursuivre la mobilisation en soutien aux neuf grévistes convoqués devant le tribunal administratif par la SNCF. Comme nous vous le révélions le 9 décembre 2017, ils sont poursuivis en référé par le transporteur ferroviaire pour occupation illégale de locaux, violences et agressions. Les premières audiences sont prévues dès mardi 12 décembre. « Tant que nos camarades se retrouvent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, il ne faut pas qu’on lâche. On se bat ensemble, on lutte ensemble et on se défend ensemble ! De plus , les propositions du groupe Onet ne me satisfont qu’à moitié ».  Une raison supplémentaire également pour Patrick Liboux de Sud Rail de poursuivre le mouvement. « Parlons également des grévistes qui se retrouvent convoqués devant le tribunal administratif pour avoir exercé tout simplement un droit élémentaire, celui de se mettre en grève ! »

Point d’achoppement : le paiement des jours de grève

D’autres salariés en grève nous indiquent qu’ils ne reprendront le travail que si les jours de grève sont compensés financièrement. C’est d’ailleurs le point d’achoppement principal dans les dernières négociations. Pour Diadié Diakhité de la CFDT, « c’est ce point est très important qui conditionnera le futur du mouvement ».

Les représentants des salariés négocient en ce moment la possibilité que certains jours de grèves soient payés. Plusieurs salariés ont reçu un SMS de Benoît Boudou, directeur d’agence du groupe Onet, que nous avons pu consulter. Il y fait part de « l’opposition au principe du paiement de heures de grève par la direction du groupe« . Il est alors proposé deux solutions aux grévistes : soit la possibilité de « rattraper les jours de grève en faisant des heures complémentaires » , soit « d’’étaler le coût de la grève de décembre sur 6 mois afin de limiter l’impact sur les salaires ainsi que le rattrapage d’une semaine de novembre en heures complémentaires ». Le cadre Onet précise que « la direction sera contrainte de faire appel au médiateur si aucun accord n’est trouvé ».

Certains agents de nettoyage en grève craignent qu’un médiateur nommé revoit à la baisse l’ensemble des avancées au cours des sept réunions de négociations depuis le 2 novembre 2017. Selon une source proche du dossier, une proposition d’accord pourrait être présentée aux grévistes dans la journée. Les salariés doivent se retrouver en assemblée générale aujourd’hui à Saint-Denis pour décider de la suite à donner au mouvement.

Mohammed BENSABER

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