[PRIMAIRE DE LA GAUCHE] Dimanche jour de finale, pour les aficionados de hand-ball, de tennis, mais aussi pour les sympathisants de gauche qui ont suivi cette campagne éclair qui a amené Benoit Hamon et Manuel Valls au second tour de la primaire de gauche. A Tremblay-en-France, on constatait une hausse de participation par rapport à dimanche dernier.

Près de la salle Albert Thomas, dans le sud de la ville, c’est un rond point du quartier du Vert Galant qui fait office de lieu de stationnement pour les électeurs. De 9h à 19h, 188 personnes sont allés voter au premier tour dans ce bureau de vote dimanche 22 janvier. Ce qui correspond à 18, 8 votes à l’heure, vitesse de pointe d’une bicyclette bien rouillée, celle de la participation citoyenne. 188 personnes sur 5 000 inscrits, c’est 2% des habitants du quartier qui ont donc voté la semaine dernière. Un succès d’estime digne d’une starlette déchue des années 80. Montebourg a recueilli le plus grand nombre de voix avec 61 votants, devant Valls avec ses 55 votes et Hamon avec 47 bulletins.

« Il y a largement plus de personnes que la semaine dernière« 

La petite salle affiche encore les résultats du premier tour, comme pour rappeler que la candidature de Jean-Luc Bennhamias a fait match nul avec celle du vote blanc, avec une voix partout. « Il y a largement plus de personnes que la semaine dernière, mais comme ici on a beaucoup voté Montebourg, ça met un peu le doute sur l’issu du deuxième tour, peut être qu’il y aura une démobilisation du vote Montebourg« , explique un accesseur. Un électeur vient à lui et l’interroge sur le lieu de son bureau. « Je n’ai pas voté au premier tour. Au téléphone on m’a dit que c’était ici qu’il fallait voter ».

Devant l’entrée du bureau de vote, Ali allume sa cigarette. « J’ai voté parce qu’on m’a dit qu’il fallait le faire c’est tout ». Son fils pas très bavard ne souhaite pas répondre. « On vote plus contre quelqu’un que pour une candidat aujourd’hui ».

« La gauche se relèvera dans l’opposition »

Eddy, lui, n’est pas du tout fermé à parler de son côté. En tenant sa petite fille par la main, il lâche soudainement : « Je suis venu ici pour éliminer 493, je vote Mélenchon d’habitude, mais la c’était trop, il faut l’arrêter ! » Murielle, une autre électrice, est largement moins enthousiaste. « J’ai toujours voté à gauche, j’ai voté au premier tour et je vote pour que nous restions à gauche et parce que nos deux finalistes n’ont rien à voir ».

La participation à Tremblay-en-France était bien faible la semaine dernière, avec un peu plus de 400 votants. Henri et Huguette, retraités, ont une explication à cette faible affluence. « Ah vous savez on en a pas assez fait dans la ville, il n’y a pas eu de mobilisation socialiste, nous votons car nous nous sentons citoyens et que le socialisme est une idée qui nous a sortis de beaucoup de lutte ». Pour Henri, le vainqueur du duel n’a aucune chance de gagner la présidentielle. « La gauche se relèvera dans l’opposition ».

« J’ai voté contre Valls »

C’est hier que Sabrina, contrôleuse de gestion a décidé qu’elle allait voter « en discutant avec des proches, je me suis dite que si je ne votais pas, j’allais le regretter. J’ai voté contre Valls parce que c’est un faux gauche« , explique-t-elle. Alain, lui, a voté Valls, il se considère socialiste. « Ce sont des valeurs transmises par mon père, j’ai voté Valls car c’est lui qui connait le pouvoir, il est crédible face à la droite et l’extrême droite ». Lorsqu’on lui demande ce qu’il fera si Hamon gagne, Alain n’a aucun doute. « Je respecterai le choix de mon parti pour voter Hamon sans antagonisme ».

Hugo a un profil atypique, 20 ans étudiant est encarté chez les Républicains. « Je ne me sens pas de gauche même si je pense que certaines idées de gauche sont bonnes à prendre ». Inscrit à Tremblay mais étudiant à Paris, le jeune homme a fait le déplacement pour voter la semaine dernière et pour « participer à un débat intéressant ». « J’étais déçu par l’issue de la campagne de la droite, je suis allé au meeting de Macron, pour moi qui suis libéral j’essaie de voir toute les bonnes idées qui vont renouveler la politique, et c’est vrai que la candidature de Macron a montré que le renouvellement était possible, même si je sais que je vais voter Fillon ».

De l’espérance, Kader et Nadia n’en on pas trop sur la teneur des débats de la présidentielle. « Quand on voit qu’on arabise les noms des candidats pour leur faire perdre de la crédibilité, c’est difficile d’imaginer qu’on va avoir une bonne campagne ».

Les bureaux de votes restent ouvert jusqu’à 19h dans toute la ville. Les électeurs tremblaysiens oscillent entre espoir, opposition et devoir citoyen. Les voix sont données avec des convictions floues, un peu à l’image d’une campagne éclair qui s’achève ce soir.

Azzedine MAROUF et Said HARBAOUI

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