Aujourd’hui au 15 ter rue Vaugirard, journée d’élections sénatoriales pour un renouvellement de la moitié des 348 sénateurs. Anne-Cécile Demulsant a pris la température et suivi les résultats en direct au palais du Luxembourg.  Reportage. 

Ce 28 septembre, question de priorité pour les uns, fêter dignement l’anniversaire de Brigitte Bardot. Question de priorités pour les autres, suivre et commenter les premiers résultats des élections sénatoriales. Et au Sénat, jour d’élections, outre les classique portiques de sécurité, la première grande bataille, c’est la connexion wifi. Nom prénom, numéro de téléphone, code de confirmation mot de passe.

Un laconique «les premiers résultats, c’est 15h, et les autres, pour les scrutins majoritaires, c’est 17h30 … » plus tard, j’entre dans la salle principale. Au fond de la salle des conférences, le plateau TV, sur le côté, un écran et Roger Karoutchi qui s’exprime. Un politique que l’on n’avait pas vu depuis longtemps…

D’un côté de la salle, des tables pour les journalistes, le personnel d’organisation. De l’autre, des panneaux d’affichages circulaires, autour desquels on s’arrête, coups d’œil d’initiés, petits airs entendus et commentaires tranchants au rendez-vous.

Le FN fait son entrée au Sénat

«Il faut faire un angle FN, sûr, mais après, il faut absolument voir pour les Bouches-du-Rhône» un des journalistes de BFM TV, lui aussi tourne autour des panneaux d’affichages. Les Bouches-du-Rhône sont un des enjeux importants avec le Var et les Alpes Maritimes.

Les résultats tombent, accueillis par Steeve Briois (maire FN d’Hénin-Beaumont) avec beaucoup de fierté : l’entrée de deux sénateurs FN. Stéphane Ravier et David Racheline qui devient le plus jeune sénateur. Un petit air de déjà vu puisque Marion Maréchal-Le Pen est elle, la plus jeune députée.

En fin d’après-midi, un jeune journaliste accroché à son smartphone, regarde attentivement par la fenêtre, grande ouverte. «Adrien, Adrien ne vois-tu rien venir ?» Lui demande sa collègue derrière. Et non, il attend. Les premières estimations tombent, la droite reprend bel et bien la majorité à la gauche.

Dans le Rhône, Michel Mercier sera le seul UDI, pour 4 sièges UMP dont deux femmes,Caterine di Folco et Annie Guillemot, et deux sièges socialistes dont l’attendu Gérard Collomb (maire de Lyon). Deux ténors commentent les résultats en Gironde « six sortants, six réélus, et bah, bonjour le renouvellement ! » Dans la Drôme, deux sièges pour les socialistes dont un pour Didier Guillaume, et un siège pour la liste «Unis pour la Drôme». La liste FN a recueilli un peu plus de 4%. Ce sont une partie des résultats que l’on regarde apparemment plus que les autres.

Pas de vague bleue selon Jean Christophe Cambadélis (premier secrétaire du parti socialiste). Autour des panneaux d’affichages, les gens commencent à parler d’autre chose, à s’en aller.

Pour deux membres du parti socialiste, ce qui est à retenir, c’est surtout la fin du mandat de Jean Pierre Bel. L’un des deux commente, ironiquement «Bel, son seul fait d’armes, c’est quand il annoncé qu’il ne se représentait pas. C’est une occasion manquée pour la gauche, vraiment… Il n’y a qu’à Delanoë que ça a servi de faire ça. Et puis bon pour le reste, pas de surprises, il n’y aura sûrement pas de surprise non plus pour la succession de Jean-Pierre Bel ».

Anne-Cécile Demulsant

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