Ce week-end se déroulait la troisième édition du Mondial du tatouage organisé par l’incontournable Tin-tin. Près de 340 artistes issus des quatre coins du globe se sont réunis sous la Grande Halle de la Villette. Pas moins de 30.000 visiteurs étaient attendus pour se rincer l’œil, mais aussi se faire tatouer. D’autres comme Dickyland, s’y sont rendus pour une toute autre raison.
Ce tatoueur de 28 ans a découvert cet art en 2010. « Je me suis rendu avec un ami dans un salon près de Châtelet et elle m’a présenté un tatoueur. En voyant son travail, ça m’a fait rêver. Je me suis dit que mes œuvres pourraient rester à vie sur des gens », se souvient Dickyland. C’est alors qu’il décide de franchir le cap, lui qui adore dessiner. « J’ai beaucoup appris seul. Je prenais des conseils auprès de plusieurs tatoueurs et je regardais énormément de vidéos. Un ami tatoueur m’a formé. La première personne que j’ai tatouée est un ami à moi et voilà deux ans que j’ai ouvert mon propre salon », raconte ce jeune homme qui a un penchant pour les fleurs, les œuvres asiatiques et les femmes. Et si l’inspiration ne lui manque pas, aller au Mondial du tatouage est un rendez-vous incontournable pour lui.
Tatouage2Sur place dès vendredi et de retour le dimanche, il a visité tous les stands de la Halle, cumulant cartes de visite et flyers des professionnels dans ses poches. Admiratif du travail parfois complètement dingue des plus grands du milieu, il n’hésite pas à se diriger vers les jeunes tatoueurs dont le talent est déjà très avancé. Les livres et le tatouage polynésien traditionnel l’attirent tout autant. « Le côté ouvert et voyeur du salon me plaît beaucoup. Se tatouer est généralement privé et personnel, mais là, les gens s’exposent sans gêne et fièrement. Ils se laissent admirer et photographier sans problème, c’est plaisant », explique-t-il.
Dickyland peut y rester des heures sans regarder sa montre, et profite de ses week-ends de début mars pour y aller depuis le retour du Mondial à Paris en 2013. Des bras aux jambes, en passant par les crânes et les ventres tatoués, tout est matière à apprendre. Mais à force de voir autant de couleurs sur les peaux et d’entendre autant d’aiguilles qui s’agitent, il ne cesse de répéter « comment j’ai envie de tatouer des couleurs ». Car au Mondial, les TatouageUnecouleurs ne manquent pas sur les tatoués. Du bleu roi au vert émeraude, en passant par le orange et le rouge bien vif, certains dont le corps est une toile vivante ne peuvent s’imaginer simplement tatoué de noir. Et notre jeune tatoueur sait à quel point les couleurs flashies sont demandées.
C’est pourquoi à chaque visite au Mondial du tatouage, il passe par la boutique du fond qui vend encres, aiguilles, machines et produits nécessaires pour sublimer la peau de ses clients. Sans compter, il n’a qu’une chose en tête : « avoir tout le matériel et faire de belles pièces à ses clients et surtout, avoir des clients qui souhaitent se faire tatouer avec de belles couleurs » dans son salon situé avenue Jean Jaurès à Bobigny. Et quand on lui demande s’il se voit tenir un stand au Mondial du tatouage, il conclut : « pourquoi pas, dans une dizaine d’années ! »
Inès El Laboudy

Soutenez le Bondy Blog

Pour continuer à faire son travail éditorial et développer ses contenus, le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez-nous en participant à notre campagne de financement.

Articles liés

  • « L’empire du mensonge » d’Aminata Sow Fall : la recette sénégalaise du bonheur

    Après dix ans d’absence, Aminata Sow Fall signe un nouveau roman plein d'espoir sur le parcours initiatique de trois familles d'un quartier populaire du Sénégal, qui, après avoir tout perdu, vont reconstruire leur paradis. Chronique.

    par Kab Niang
    le 20/04/2018
  • Fanny Glissant : « Les 25 millions d’esclaves ont été déportés pour le profit et rien d’autre »

    Avant la projection-débat de "Les routes de l’esclavage" organisée le 26 avril en partenariat avec le Bondy Blog, nous avons rencontré Fanny Glissant, co-réalisatrice de la série documentaire, elle aussi descendante d'une esclave et d'un maître. Les quatre épisodes retracent pour la première fois l’histoire des traites négrières du VIIe au XIXe siècle. Entretien.

    par Rouguyata Sall
    le 18/04/2018
  • À Stains, une pièce pour rendre visibles les femmes en milieu carcéral

    À l’affiche au Studio Théâtre de Stains, "Tous mes rêves partent de la gare d’Austerlitz", est la nouvelle création originale de Marjorie Nakache. À travers le texte de Mohamed Kacimi, la pièce met en scène six femmes détenues en maison d’arrêt, la veille de Noël. Une plongée dans le quotidien de ces détenues encore invisibles et victimes d'un tabou encore ancré

    par Fatma Torkhani
    le 09/04/2018