A l’initiative d’un cabinet d’avocat parisien, cinq étudiants de Seine-Saint-Denis se sont vus remettre le prix de la Grande Famille. Un prix qui s’accompagne d’un parrainage, d’une bourse et d’autres opportunités pour les jeunes désireux de se former au monde l’entreprise.

La semaine dernière, cinq jeunes des IUT de Saint-Denis, Bobigny et Villetaneuse recevaient le prix de La Grande Famille. Lancée pour la première fois cette année, cette initiative du cabinet d’avocats Ngo Cohen Amir-Aslani & Associés est destinée à soutenir et encourager les étudiants de ces IUT, désireux de se former aux métiers de l’entreprise. Ce projet monté par la secrétaire générale du cabinet, Ségolène Dugué, a rassemblé prés de 100 candidats début octobre. Seulement cinq d’entre eux ont été choisis. Les conditions pour postuler étaient simples : être en première année des filières Carrières juridiques ou Gestion des entreprises et des administrations.

« Le cabinet voulait faire un prix étudiant avec Assas ou Dauphine, mais ils ont déjà le prestige du nom. J’ai voulu me diriger vers des jeunes avec des barrières et créer un pont avec eux. Nous allons les aider dans leur formation et nous allons aussi nous nourrir d’eux. Ces jeunes ont les yeux qui brillent » expliquait Ségolène D.

Le jeudi 17 octobre, les dix finalistes étaient convoqués dans une magnifique salle du cercle privé sur les Champs-Élysées. La marraine de cette promo et vice-présidente du Sénat, Bariza Khiari, a confié être : « particulièrement sensible aux questions de la jeunesse et ayant toujours œuvré pour le renforcement des passerelles de réussite entre les territoires périphériques et les zones plus favorisées, j’ai immédiatement adhéré à cette initiative et souhaite une longue vie à La Grande Famille ». Vers 20 heures, le verdict tombe. Un par un, les futurs parrains des cinq lauréats appellent leur poulain.

Le plus jeune de la promo se nomme Youssef Hassane et n’a que 17 ans. En DUT Gestion des entreprises et des administrations (GEA) à Saint-Denis, il se dit fier du chemin qu’il a parcouru. Ce jeune originaire d’Oyonnax (01) est venu dans le 93 pour étudier. Benjamin Thomé, 18 ans, en DUT GEA à Bobigny habite à Bagnolet. Venu accompagné de ses deux amis tout aussi heureux que lui, il a pris connaissance du projet comme tous les autres le jour de la rentrée lors d’un amphi où Ségolène est venue leur présenter le projet. Sarah Bahari, 18 ans en DUT Carrière juridique à Villetaneuse était pessimiste. Arrivée avec 20 minutes de retard à son entretien, cette jeune d’Aubervilliers ne pouvait cacher sa joie. Justine Pillot, 18 ans dans la même formation que Sarah, était sûre d’elle : « Ce concours était pour moi ! Je veux travailler dans le domaine du droit. Je suis très ambitieuse, j’ai essayé et ça a marché ».

Enfin, Evodie Masaki la cinquième lauréate issue de la même formation que ces deux dernières, croit en sa bonne étoile : « J’ai redoublé ma première année à cause d’un semestre que je n’avais pas validé. J’étais très en colère et au final je ne regrette rien ! Cela m’a permis de postuler et j’ai réussi ». Sûre de vouloir devenir magistrate, elle a été poussée vers le droit grâce à sa grande sœur et son ami qui en font également.

Ce cabinet de l’avenue Montaigne dans le 8ème arrondissement offrira plusieurs choses à ces jeunes. Une bourse de 3000€ versée en quatre fois, un parrainage de deux ans par un membre du cabinet, un stage rémunéré d’au moins un mois par une entreprise partenaire, et pour le plus méritant à l’issue des deux ans, un stage rémunéré à l’étranger. Le cabinet prendra en charge tous les frais. Pour conclure, Stéphane Choisez, avocat à la cour et parrain d’Evodie précise un point : « Tout le monde n’est pas cynique, même dans le 8ème. Le chemin n’est pas dur, il faut s’en donner les moyens. Le fait d’associer la banlieue à la génération sacrifiée est stupide. Il n’y a pas de muraille, tout est possible ».

Inés El Laboudy

 

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