En dépit de son acquittement de la Cour d’assises de Haute-Garonne, Redouane Ikil, employé de La Poste, a reçu une lettre de licenciement pour « causes réelles et sérieuses ». Il envisage une action aux prud’hommes. 

« Pour moi, c’est de l’arbitraire ! » Redouane Ikil ne mâche pas ses mots suite à la réception, mardi 19 septembre, d’un courrier de La Poste, son employeur, qui le licencie. Comme nous l’avons écrit à son sujet sur le Bondy Blog, l’entreprise lui reproche de s’être tu au sujet de l’agression qu’il avait subie en 2013, liée à l’affaire de braquages d’agences postales qui a eu lieu à Toulouse en 2012 et 2013. Pour cette affaire, Redouane Ikil a purgé 38 mois de prison préventive avant un acquittement de la part de la Cour d’assises de Haute-Garonne le 30 juin dernier.

Pour justifier ce licenciement, La Poste explique que « M. Ikil n’a pas respecté son obligation élémentaire de prévenance de sa hiérarchie quant à l’obtention par des tiers d’une information sensible (plan du bureau) de nature à mettre gravement en danger des personnes« . Selon son employeur, ceci est considéré comme « étant incompatible avec les fonctions de directeur d’établissement« .

Action prud’homale envisagée et soutiens en marche

L’ancien directeur d’agences postales ne compte pas en rester là. Il envisage une action aux prud’hommes pour faire face à ce litige. Me Édouard Martial, l’avocat de Redouane Ikil avoue être « surpris » que l’arrêt d’acquittement de la Cour d’assises soit utilisé pour en faire un motif de licenciement. Néanmoins, il indique que son client doit respecter le délai de préavis posé par l’entreprise avant d’envisager une démarche prud’homale.

Redouane Ikil peut aussi compter sur plusieurs soutiens individuels et collectifs. Dans une tribune publiée sur Mediapart, plusieurs personnalités telles qu’Olivier Besancenot, Frédéric Lordon, Omar Slaouti ou encore Ugo Palheta, appellent à sa réintégration dans La Poste et une manifestation, appuyée notamment par SUD-PTT, Attac, le NPA et des associations locales est prévue le 28 septembre prochain au niveau local.  Objectif : sensibiliser l’opinion sur la situation de ce cadre de la Poste licencié malgré l’acquittement de la justice.

Jonathan BAUDOIN

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