Ça veut dire quoi les Mutilations sexuelles féminines ?

La mutilation génitale féminine dont on entend le plus parler c’est l’excision. Par erreur et raccourci elle peut être comparée à la circoncision version féminine. Sauf que l’excision consiste en une ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans les grandes lèvres (OMS). Alors que la circoncision vise à retirer le prépuce. En gros d’un côté on retire un morceau de peau et de l’autre une partie d’un organe. On n’est pas sur la même échelle..

Selon l’OMS il existe 3 autres  types de MSF. La clitoridectomie, l’infibulation et le dernier type englobe les autres procédés de mutilation et donc toutes les autres opérations sur les organes génitaux de la femme, y compris les piqûres ou les percements.

La vidéo d’Amina Lahmar pour mieux comprendre l’ampleur des MSF. 

Pourquoi l’excision est-elle pratiquée ?

Dans de nombreuses cultures, ces mutilations sont perpétrées sur les corps des jeunes filles comme un rite de passage. Elles sont censées leur assurer un bon mariage, préserver l’honneur de la famille, ou améliorer la fertilité.

En général  les filles sont mutilées durant l’enfance, mais cela varie selon les coutumes.  Ce sont des exciseuses traditionnelles qui utilisent le plus souvent une lame de rasoir qui en ont la charge… ou alors, des cliniques dans certains pays.

Quelles sont les conséquences pour ces femmes ?

Les conséquences sont importantes pour les victimes, tant sur le plan physique que moral. Parce que ces filles et ces femmes vivent dans une grande souffrance qui peut les suivre toute leur vie. D’abord, la mutilation peut mener à la mort à cause de l’hémorragie, des infections ou des contractions de maladies.

En général les survivantes devront vivre avec des douleurs, des dépressions post traumatiques, des difficultés à s’épanouir sexuellement, une perte de libido, des règles douloureuses, la stérilité ou encore des complications à  l’accouchement qui peuvent être fatales.  Et il s’agit ici d’une liste non exhaustive.

Concernant ce phénomène il faut démonter deux clichés

Les mutilations génitales féminines sont un “précepte islamique”. Non, déjà parce que ce phénomène existait dans l’antiquité  égyptienne. Et ça cétait bien avant l’islam. Cependant il est vrai que de nombreuses populations musulmanes la pratiquent, comme sur le continent africain  par exemple.

Cliché numéro 2. Ça ne concerne que l’Afrique et les Africaines. Non plus. Dans certaines régions ou ethnies africaines, où d’ailleurs elles peuvent être interdites, c’est une pratique fréquente. Mais les MSF existent en Asie,  en Europe,  en Amérique. On retrouve ce phénomène dans  des pays comme le Pérou, l’Indonésie, ou les Etats-Unis.

Et la France alors ?

Les msf, pratiquées sur le territoire, sont punies par la loi. Depuis 1983, la chambre criminelle de la cour de cassation la qualifie de crime.  Aujourd’hui, une personne ayant encouragé ou participé à une  mutilation peut écoper d’une peine minimale de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Mais les outils législatifs peuvent avoir leurs limites face aux mouvements migratoires. Certaines fillettes se font exciser durant leurs vacances dans le pays d’origine de leurs parents. Dans son dernier sondage de 2004, l’INED estimait leur nombre de 42 à 61 000. Malgré tout, cela reste une pratique difficilement quantifiable.

Néanmoins les activistes sont toujours sur le terrain pour lutter contre ce phénomène. Comme par exemple au Kenya où le taux de femmes excisées a chuté de 30% en trente ans… mais a ré-augmenté de 30% durant la crise Covid dans les régions reculées du pays.

Est-ce que l’on peut s’en sortir ?

Aujourd’hui, il peut être possible de bénéficier d’une chirurgie réparatrice. Mais elle doit aussi s’accompagner d’un soutien psychologique. En France il existe de nombreuses associations et structures qui luttent contre les MSF, Comme Alerte Excision, Equipop, Excisions-parlons en, le GAMS, Projet Ubuntu et d’autres encore. Certaines proposent une écoute, et un accompagnement, pour permettre d’enfin libérer la parole.

Amina Lahmar

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