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Des bras levés, des téléphones brandis et des milliers de regards tournés vers la scène. Ce mercredi 14 octobre, le Zénith de Paris accueille un concert pas comme les autres. Dans la fosse comme dans les gradins, le public est venu célébrer la mémoire de Calbo, disparu neuf mois plus tôt.

« On vient depuis Castres ! Ça représente toute notre jeunesse, des souvenirs d’une époque révolue. C’est tout ce qui nous a fait aimer le rap et un plateau comme ça, tu ne peux pas le rater », raconte Sam. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, ce concert est aussi l’occasion de retrouver les artistes qui ont accompagné leur jeunesse.

Lire aussi. Mort de Calbo (Ärsenik) : le rap français perd l’un de ses piliers

À l’initiative de la famille de Calbo, mort des suites d’un cancer le 4 janvier dernier, plusieurs générations du rap français sont réunies pour saluer la mémoire de celui qui formait, avec son frère Lino, le mythique duo Ärsenik. Originaires de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), les deux frères ont marqué l’histoire du rap français avec leur premier album, Quelques gouttes suffisent…, sorti en 1998. Leurs textes engagés, qui racontent la vie dans les quartiers populaires, ont accompagné toute une génération.

Plusieurs générations réunies autour d’un même héritage

Kery James, Youssoupha, les Psy 4 de la Rime, mais aussi Dinos ou Bigflo & Oli : les figures historiques du rap français côtoient celles des générations suivantes. Tous sont venus célébrer l’un des piliers du hip-hop hexagonal.

Un maillot du PSG floqué « Calbo 22 » est brandi sur scène où les retrouvailles se multiplient. Les artistes se prennent dans les bras, échangent des sourires et se retrouvent à plusieurs derrière les micros. Sur les écrans géants, les visages défilent, tandis que les noms d’Ärsenik et des collectifs qui ont marqué l’histoire du rap français s’affichent en lettres immenses. Dans le public, les bras se lèvent et les téléphones immortalisent ces moments.

Parmi les artistes présents, Akhenaton, membre du groupe IAM, peine à dissimuler son émotion. « C’est très émouvant pour nous, vous savez à quel point Calbo comptait pour nous. Il était mon frangin ! J’ai le cœur serré ce soir, mais je suis content de voir cette musique résonner, le cœur sur les lèvres, et que les gens aient cette lumière dans les yeux », confie-t-il au public.

L’émotion gagne également la salle lorsque Pit Baccardi interprète Si loin de toi. Un moment particulièrement poignant, durant lequel le public lui témoigne son soutien.

« Vous continuez à faire vivre la mémoire de mon père »

Mais derrière la célébration d’une figure du rap français, il y a aussi l’hommage rendu à un père, un frère, un proche. Sur scène, les artistes se rassemblent, les mains se joignent et les embrassades se multiplient. Le portrait de Calbo apparaît sur l’écran géant.

Entouré des membres du Secteur Ä, collectif emblématique du rap français auquel appartenait son père, Eden prend la parole devant le public.

« Je voulais vous remercier du fond du cœur, car en continuant d’écouter les paroles de mon père, vous continuez à faire vivre sa mémoire », déclare-t-il.

Avant de lui adresser ces derniers mots : « Papa, j’espère que tu t’es ambiancé avec nous ce soir. Avec Élise, ma petite sœur, on poursuivra son chemin. Qu’il repose en paix. »

Annoncé par son frère Lino, un album posthume, sur lequel Calbo travaillait avant sa disparition, devrait prochainement voir le jour. De quoi prolonger l’œuvre de celui dont les mots continuent de résonner, bien au-delà de sa génération.

Félix Mubenga
Photos : Hamama Temzi

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