Quelle ironie pour une rédactrice du Bondy Blog de ne pas connaître la ville qui l’accueille ! Il y a un mois à peine, j’ai rencontré Anne Dhoquois dont le livre « Bondy, zone humaine sensible » vient de paraître aux éditions Autrement. Une occasion en or pour moi de découvrir la ville et ses facettes de mon canapé. Des photos hautes en couleurs, de jolis pavillons entourés de verdure, des voisins curieux qui se penchent au balcon, des enfants jouant dans un parc. Je m’engage dans ces premières pages, dans ces petits segments de rue.

Des effluves floraux viennent me taquiner les narines. Les plus belles roses sont mises en évidence chez le fleuriste du coin. A quelques pas de là, une charmante bijouterie. Une affaire de famille depuis bientôt 50 ans. Dans l’arrière boutique il y a un atelier avec d’étranges outils et des produits pour faire briller les métaux. Les commerçants s’expriment avec gouaille sur leurs parcours et les problèmes que rencontre Bondy dans son évolution.

Chez le Pâtissier Donnette de la rue Salengro, un cube en chocolat signé « 93 Olivier Donnette » en graff. Salyf, le bédéiste auteur de cette signature, a vraiment eu le coup d’œil. Et celui-là est joli, et plus appréciable que sur du béton ! Des cris d’enfants se font entendre sur l’esplanade Claude-Fuzier devant l’Hôtel de Ville. Une petite fille, rollers aux pieds, enfourche la trottinette d’un plus petit.

Il y a encore quelques tronçons de routes pavés et des maisons de pierre offrant un petit côté « village ». Les câbles des poteaux électriques semblent bien bas. On n’a pas l’habitude de voir ça à Paris. Les antennes peuplent les toits des maisons. Certaines ont un design plus recherché, sont ornées de mosaïques, avec un côté un peu kitsch.

Le soleil est au rendez vous, la nature aussi au square du centre ville. Des arbres généreux aux multiples senteurs, de jolies fleurs roses – encore des roses –, les oiseaux batifolent dans les plus hautes branches. Des bruits de tambour résonnent au loin. Des musiciens aux habits bariolés sont descendus dans les rues, bien décidés à faire monter la température à l’occasion du Carnaval.

Et puis il y a tous les commerces. La ville semble en être riche. Un marchand de journaux du nord de la ville propose également ses services de photocopies et de fax. Une affiche publicitaire de Femme Actuelle vante le dernier numéro du magazine, intitulé « Black Beauty ». Un Africain est en train d’allumer sa cigarette juste à côté, devant le bar-PMU. A Bondy, il y a le Bondy Blog, mais j’ignorais totalement l’existence de la prépa Sciences-po, les cafés philo, la maîtrise de Radio France ou de ce chœur d’enfants professionnels qui chante du Poulenc ou du Ravel.

Aïcha, 22 ans, est ingénieur au ministère de la défense. Elle habite la tour Y. Une tour immense et plutôt vilaine. Je m’étais habituée à toute cette verdure. Je rentre chez elle, avec un petit sentiment de voyeurisme. C’est toujours amusant d’entrer en textes et en images chez les gens, voir quelle marque de déodorant ou de masque capillaire ils utilisent.

Jour de marché. Les gens se connaissent et se saluent à coups de « ça va ma poule ? », « ça va ma chérie ? ». Les commerçants sont avenants derrière leurs présentoirs colorés. De gros citrons bien jaunes, de belles merguez à 15€ les trois kilos et des quantités d’épices impressionnantes aux couleurs vives dont je ne connais que la moitié. Beaucoup de stands de vêtements aussi. Des sacs, des accessoires pour les cheveux, de jolies robes à petit coût. Une ambiance populaire. Certains se prennent le bec, d’autres sont juste contents de se retrouver.

Aude Duval

Anne Dhoquois (photo), « Bondy, zone humaine ensible », éd. Autrement, coll. Villes en mouvement, 266 pages.

L’auteur dédicacera son livre mardi 16 novembre à la Bibliothèque Denis Diderot, 23 rue Roger Salengro, à Bondy.

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