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Le logo rouge vif, caractéristique des Micro-folies partout en France, est difficile à rater dans cette rue étroite de Noisy-le-Sec. À l’entrée, l’espace « Medialab », galerie photo, écran de projection, panneau explicatif, annonce le cadre : ici, les jeunes produisent de l’information.

Pendant plusieurs mois, le Bondy Blog y a mené plusieurs cycles d’ateliers avec des participant·es de 11 à 17 ans, présents chaque mercredi. « Au début c’était plus instinctif, maintenant ils réfléchissent vraiment à ce qu’ils racontent. Il y a une intention, une structure, une progression, dans l’image comme dans la manière de poser un sujet », observe Moez Elhamaida, coordinateur du Medialab. Il note aussi une évolution dans l’implication et l’attention du groupe au fil des séances.

Les premiers ateliers ont servi de point d’entrée. En quelques séances, les jeunes ont d’abord réalisé un reportage sur une exposition dans la Galerie d’art de Noisy. L’exercice visait à travailler l’angle, la prise de parole face caméra et la conduite d’entretien avec les personnes rencontrées.

À partir de cette première réalisation, le groupe élargit ses sujets et change d’échelle. L’objectif : construire un format plus long, pensé pour une restitution publique. Les participant·es se lancent dans la préparation d’un podcast vidéo consacré au sport, où chacun doit présenter son sujet face à un public, dans des conditions proches du direct.

Le projet s’inscrit sur plusieurs semaines. Écriture, recherches, interviews, exercices d’éloquence, construction du chemin de fer : les séances s’organisent autour de ces étapes. Progressivement, les jeunes prennent en charge leurs sujets et s’approprient le format. Le podcast est finalement présenté un samedi de février, devant une trentaine de personnes.

Les responsables de la micro-folie sont enthousiastes : « C’était important d’avoir un journaliste professionnel. Pas juste pour la crédibilité, mais pour l’apport concret : la méthodologie, la rigueur, la façon d’aborder l’info. Ça complète parfaitement l’approche plus créative de nos animateurs , et c’est ce mélange qui fait la différence. »

Moez Elhamaida, le coordinateur du Médialab met à profit l’engouement général et pense déjà au dernier volet du partenariat : la création d’un documentaire sur les mamans des jeunes, à lancer pour la journée des droits des femmes. L’idée suscite de l’intérêt, mais aussi une forme de réserve au moment d’aborder l’entretien dans un cadre familial. Les séances permettent de préparer ces échanges : travail sur les questions, sur la posture, sur l’écoute.

Le choix est fait d’une narration centrée sur les récits, avec peu de données chiffrées. Le film s’organise autour d’un fil commun, mêlant images d’archives familiales et tournages réalisés par les jeunes.

Intitulé Mamans mais pas que , le documentaire suit les parcours de quatre femmes. En naviguant parmi les destins maternelles de quatre femmes aux parcours variés, les jeunes racontent aussi bien les enjeux de maternité que ceux, tout aussi importants, de préservation d’une vie de femme, d’autonomie, d’individualité. Un combat pour ces femmes, travailleuses ou au foyer, parfois seules mais toutes dédiées à leurs enfants.

Une restitution publique a eu lieu le 25 avril dernier. L’occasion pour les jeunes de présenter, eux-mêmes, leur travail, leurs intentions et d’échanger avec les familles et amis présents pour l’occasion.

Pour Moez Elhamaida, coordinateur du Medialab, cette expérience marque une étape : « Forcément, ça va aider pour la pérennisation du Medialab. Ça pose une méthode de travail. Là on a posé un vrai niveau, une vraie méthode. Les jeunes montent en compétence, deviennent plus autonomes, et ça donne une base solide pour la suite. »

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