BREAKING NEWS. Après une semaine de canicule sur l’ensemble du territoire français, avec des températures ressenties proches des 40°C, il aurait été inadmissible que l’on ne fasse pas un sujet dessus. Provocation salafiste ? Prémice d’un acte terroriste islamiste ? Ou tout simplement nouveau coup de com’ des gilets jaunes ?

Je dois l’avouer, lorsque j’ai appris qu’une canicule allait s’abattre sur notre territoire, mon premier réflexe fut d’allumer mon téléviseur et de regarder l’émission « L’Heure des pros » sur CNEWS, présenté par le célèbre médiateur Pascal Praud, afin d’en savoir plus sur cette chaleur qui frappe délibérément la France. Bon réflexe, me direz-vous. Néanmoins, pourquoi regarder une telle émission alors que je travaille sur BBFMTV, première chaine d’information de France ? A toutes ces interrogations, je répondrais seulement que j’aime varier les plaisirs.

Après 5 minutes de débat, une réponse simple fut apportée par Elisabeth Lévy, pionnière sur les questions liées à l’écologie : « Le réchauffement climatique n’est plus un objet de réflexion, mais celui d’une foi apocalyptique. Soyons pour la raison écologique, mais contre les climato-fanatiques ! ». Un état d’esprit transcendant qui devrait tous nous mener sur la voie de la raison.

Cette réponse claire et concise sur la chaine CNEWS m’a ouvert l’esprit. C’est maintenant à moi d’apporter ma pierre à l’édifice et de rentrer dans l’histoire des plus grands journalistes de la chaîne, inspiré par mon modèle, Christophe Barbier. Il est 15 heures lorsque je quitte en toute hâte les locaux de BBFMTV. En plein sur mon projet de reportage sur les conflits d’intérêts entre les appellations « pain au chocolat » et « chocolatine », notre rédacteur en chef m’a convoqué dans son bureau afin de me transmettre une mission de la plus haute importance : un reportage sur la canicule. Me voici donc en route, épaulé d’un JRI et de sa caméra, parti interroger les Français sur ce phénomène exceptionnel, que dis-je, ahurissant !

« C’est un signe de la fin du monde qui approche ! », m’explique Inès, 20 ans, habitante de Rosny-Sous-Bois et étudiante en première année de philosophie : « Je trouve ça extrêmement inquiétant ; et dire que l’on est qu’en juin. Si l’on continue comme ça, combien fera-t-il en août ? 50 degrés ?! ». Une inquiétude néanmoins nuancée pour les bienfaits corporels et sensoriels qu’apporte cette éclaircie : « Tout n’est pas à jeter dans ce temps. Tout d’abord, il faut savoir que le soleil est bon pour la peau, ce qui joue énormément. Par ailleurs, il me met de bonne humeur. Du coup, je pense qu’on peut quand même trouver du positif dans du négatif. »

Une inquiétude partagée par Saïfallah, 19 ans, habitant d’Herblay, qui commence une licence en sciences politique. « Tout ceci n’est qu’une conséquence du réchauffement climatique. On paie les pots cassés de ces dernières décennies de pollution intensive », affirme-t-il avant de nuancer : « Néanmoins il y a d’autres facteurs en jeu, tout n’est pas la faute de l’Homme. Les pets de vaches sont un exemple de pollutions conséquentes mais dont on ne parle jamais, essayez de creuser de ce côté ». Je vous remercie, ça va aller…

Après 15 minutes de reportage, je décide de faire une petite pause. Il est vrai que la vie de reporter n’est pas toujours facile, mais dans mon cas, c’est le rêve. Aucune prise de tête, un panel de sujet large et varié, allant de la neige en hiver au burkini en été. En soi, le bonheur pour qui rêve un jour de devenir journaliste.

Me voici maintenant en route vers la banlieue parisienne, haut-lieu de la criminalité infantile, aussi appelé le « nid à problèmes » pour retrouver notre expert BBFM sur le climat.

Ainsi avec nous pour éclairer ces propos, Nour, 25 ans, qui a arpenté les plus grandes universités parisiennes, comme Sciences-Po Paris qu’il a l’habitude de longer ou La Sorbonne où il a souvent livré des pizzas de « Pizza King », son employeur : « Ce qui est en train d’arriver est pourtant simple, laissez-moi vous expliquer. D’après mes calculs, ayant eu une semaine de pluie en trop au printemps, la rotation de la Terre est de telle sorte qu’elle rattrape une semaine de forte chaleur cette semaine ». Intéressant. « D’ailleurs, outre l’aspect scientifique et rationnel de mes dires, Donald Trump lui-même a confirmé cette explication dans un tweet la semaine dernière. Comme quoi les politiques s’intéressent eux-aussi à cette question ».

Enfin, selon un sondage Elabe pour Le Journal de Mickey, 80% des Français pensent que la meilleure façon de se protéger du soleil durant cette période de forte chaleur est de rependre sa maison en jaune, aux couleurs des rayons du soleil, afin que ces derniers soient plus cléments et qu’ils chauffent moins les maisons.

Une fois mon entrevue avec notre spécialiste climat terminée, je m’échappe discrètement par la porte de derrière, on ne sait jamais. L’air est lourd, je suffoque. Je ne suis qu’à 5 minutes à pied de la gare mais je crains déjà pour ma vie. Soudain, un épais voile nuageux recouvre les rayons du soleil, provoquant peur et panique en mon for intérieur. Je le sens, c’est la fin.

Attendez ! Vous avez dit voile ?

Amine HABERT

Articles liés

  • Je crois que je ne t’aime plus

    Saïd est un vrai footeux, fan du ballon rond depuis sa tendre enfance, bercé par les exploits de la bande à Juninho dans les années 2000. Mais ça, c'était avant... Quelque chose semble s’être rompu entre lui et le football. La flamme est-elle toujours là, enfouie quelque part en lui ? Lettre d’un amoureux déchu.

    Par Saï2larbre
    Le 01/02/2020
  • Mon père et la carte grise impossible (le titre est bof mais l’article est bien)

    C'est l'histoire du père de Louisa qui a vendu une Clio 2 et qui se retrouve à devoir payer 1500 euros de PV pour une voiture qu'il ne possède plus. La faute à une procédure de cession que l'on ne peut plus faire que par Internet. Sauf qu'à la préfecture de Seine-Saint-Denis comme ailleurs, la transition digitale n'est pas toujours un long fleuve tranquille... Récit.

    Par Louisa Midiou
    Le 23/01/2020
  • Kapital, un jeu de société pour gagner la lutte des classes

    Kapital n'est pas qu'un jeu de société, c'est un jeu de sociologie. Les célèbres Pinçon-Charlot ont lancé à l'automne dernier ce jeu qui mixe jeu de l'oie, Monopoly et réflexion critique sur les inégalités et les oppressions dans la société française. Anne-Cécile Demulsant y a joué.

    Par Anne-Cécile Demulsant
    Le 21/01/2020