Leçon numéro 1 : à New York, tout est normal. Cela fait maintenant près de deux semaines que j’ai posé le pied à New York et j’en ai pris plein les yeux. A vrai dire, même avant de toucher le sol, j’étais déjà ébloui. L’avion s’est posé en soirée, vers 18 heures, « heure locale » comme on dit. J’ai aperçu par le hublot, les grandes et larges routes remplies des lumières des voitures, mais aussi et surtout des centaines de maisons qui brillaient avec leur Père Noël et les rennes accrochés. Un vrai spectacle à quelques kilomètres d’altitude. C’est comme si New York me disait « Bienvenue » ou plutôt « Welcome ».

Je descends de l’avion, fais tamponner mon passeport et prends ma valise. Cela n’a pris qu’une dizaine de minutes. Alors que tout le m’avait averti : « Attention, il va falloir que tu enlèves tes chaussures, que tu les remettes, puis tu les enlèves encore. Ils vont te fouiller, tu vas passer dans des scanners, ils vont, peut-être, même pas te laisser rentrer sur le territoire ! ». Rien de tout cela. Tout s’est déroulé de manière sympathique et rapide. Je n’ai pas été fouillé une seule seconde. A la sortie de l’aéroport, je me suis cru d’emblée dans un film, avec la fumée qui sortait des bouches d’égouts.

Le paysage n’étant pas vraiment attrayant, je me suis dépêché de rentrer. Je ne loge pas en plein centre de New York, mais dans une ville limitrophe qui est à une quinzaine de minutes de Times Square en bus. Ici, on la surnomme la « Ville Dormante », tout le monde n’y vit que pour dormir et reste à Manhattan toute la journée pour le travail ou les études.

Les premiers jours passés à Manhattan on se rend compte que New York est une ville hors du commun. Tous les gens deviennent un peu des amis à « usage unique ». C’est très simple de se faire des amis, mais la plupart du temps c’est une amitié qui ne dure que le temps d’une conversation. On m’a souvent interpellé dans la rue seulement pour discuter. Tout commence avec un sujet banal, comme le bonnet que je porte, me demander si je suis Russe, ou même pour demander 50 cents. Puis ça part dans une discussion sur la vie à New York, sur les pompiers, sur le sport, sur la religion et j’ai même parlé de Freud avec un clochard pendant presque une heure.

En une semaine, j’ai rencontré un Père Noël habillé en bleu, un cow-boy en slip par 0° (j’ai même pris une photo avec lui, et je lui ai touché les fesses ce qui a rendu jalouses toutes les filles autour de moi), un homme déguisé en poulet qui visiblement cherchait des graines sur le sol, une voiture aux couleurs des Etats-Unis avec un énorme vélo de type grand bi sur le toit. J’ai également été pris dans une ambiance de folie lors d’un match de football américain en plein Times Square dans un magasin de sport, et bien d’autres encore…

Puis est venu le jour de Noël. Nous avons tous la même image en tête : un bon repas de Noël avec de la dinde, des cookies et du lait laissé près de la cheminée et des enfants qui viennent chanter devant votre porte. Et bien c’est vraiment comme ça à New York. Par partout bien sûr, car selon les quartiers il y a quelques changements, chacun ayant apporté certaines traditions de son pays. Mais au final, cela finit par se ressembler. Et les Pères Noël dans la rue, les dizaines et les dizaines de Papas Noël qui se baladent comme si de rien n’était. Les buildings et magasins sont encore plus illuminés que d’habitude car ils sont ornés de guirlandes et de gigantesques sapins. Il ne manquait plus qu’une chose pour que la magie de Noel opère entièrement : la neige.

Ce fut chose faite le dimanche 26, au matin. A New York, que ce soit les sodas ou les voitures  tout est plus grand. C’est aussi le cas pour la neige. En sortant de la maison, j’ai vu environ cinq centimètres de neige sur le sol et les voitures, et en rentrant le soir, j’avais de la neige jusqu’aux genoux. C’est donc trempé que je suis rentré me préparer un chocolat chaud, le seul breuvage qui s’accorde parfaitement avec une longue journée enneigée. Dans la nuit de dimanche c’était pire encore, et le lendemain matin l’on ne voyait même plus les voitures qui étaient garées là la veille. Englouties sous la neige, sous environ 1m50 de flocons. J’observe par ma fenêtre les pompiers qui essayent de dégager les trottoirs, les pelleteuses qui dégagent les routes, et moi je finis mon petit-déjeuner américain (pancakes, sirop d’érable, chocolat chaud et verre de jus d’orange).

Les aéroports sont fermés et les quartiers d’ordinaire si lumineux et plein à craquer sont quasi-déserts et il est impossible de voir les illuminations à cause de la neige qui tombe sans discontinuer. La neige offre un très beau spectacle, mais à cause d’elle, j’ai loupé mon rendez-vous avec une jeune New-Yorkaise avec qui je devais prendre un brunch… un truc à la mode dans les restos de Manhattan. Une vraie tempête de neige ne ferait pas peur à un jeune banlieusard comme moi et ne m’a pas empêché de retourner à la conquête de Manhattan, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve. Cette semaine, c’est le nouvel an à Times Square, donc shopping, shopping et shopping !

Merry Christmas, and happy new year.

Saïd Benarroudj

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