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[BONDYBLOG-US] A New York, alors que la foule de la soirée électorale du camp Trump se disperse, des petits groupes de partisans se forment : les gens se congratulent, se serrent la main et moi, j’engage une conversation avec l’un d’entre eux. Résumé. 

Dans l’air, un parfum mélangé d’irréel et de bière. Les partisans de Donald Trump sortent en masse de l’hôtel Hilton. Ils sont de tout âge. Les femmes sont apprêtées. La foule est très majoritairement blanche. « Trump Trump Trump » : c’est la seule musique de cette fin de soirée au pied de l’hôtel où Donald Trump vient de faire son discours de victoire.

Je me promène au milieu des pancartes et des casquettes rouges floquées « Make America great again« . Au milieu des insultes de certains à l’égard d’Hillary Clinton aussi. L’heure est à la célébration. Les partisans sont fiers et s’expriment devant les nombreux journalistes présents sur place. Au coin d’une rue, l’un d’entre eux, costard cravate et casquette vissée sur la tête tient bien haut sa pancarte : « La majorité silencieuse vote pour Donald Trump ». Il discute avec un partisan d’Hillary Clinton, défait et déçu de n’avoir pas vu sa candidate ce soir. « Mais bien sûr qu’elle ne va pas se montrer, renchérit le Républicain ! Je les connais les Clinton et je la connais! Elle doit être complètement dévastée et incapable de parler, elle va rester dans sa chambre d’hôtel« . Le Démocrate écoute puis n’a plus tellement envie de parler et s’en va.

« Je n’ai pas voté pour Donald Trump en me pinçant le nez »

Voici qu’un autre partisan de Donald Trump, sans signe extérieur d’appartenance, nous rejoint. Il est avocat mais ne souhaite pas donner son identité. « Vous savez, moi, je n’ai pas voté pour Donald Trump en me pinçant le nez. Donald Trump n’est pas raciste. Durant sa campagne, il n’a pas parlé de race, il a seulement parlé des problèmes que nous avons. Nous avons un problème avec les musulmans, nous avons un problème avec les Hispaniques, nous avons un problème avec les Noirs. Bien sûr, pas tous, mais on ne peut pas nier qu’il y a un problème avec ces communautés ». Pour lui, Donald Trump est un incompris. « Quand il fait ses sorties, Donald Trump teste simplement les limites de la société. Quand il parle de mur et de camps pour les sans-papiers, c’est un négociateur ! Il vise haut pour qu’il y ait toujours quelque chose qui reste à la fin. Quand il promet ça, même s’il ne va pas au bout, je sais qu’il aura une vraie politique pour empêcher l’immigration. On ne peut pas accueillir de Syriens par exemple. Ce ne sont pas des réfugiés politiques quoiqu’on en dise, ce ne sont que des réfugiés économiques. S’ils veulent quitter leur pays, qu’ils aillent dans un pays ou l’on parle arabe et où les gens sont musulmans mais pas chez nous ».

Quand je lui rappelle que les Etats-Unis sont une terre d’immigration, il exprime son désaccord. « Aux Etats-Unis, à l’origine, nous venons tous d’Europe, nous sommes tous blancs. C’est un pays de Blancs et rien d’autre« . Je lui fais remarquer que peut-être, les vrais Américains sont en fait les Indiens, sa réponse est sèche. « Nous, ce sont les Blancs qui ont fait de ce pays ce qu’il est et personne d’autre« .

J’évoque alors avec lui les décès de Michael Brown, de Trayvon Martin et le mouvement « Black lives matter ». Il me répond que le Klu Klux Klan n’a pas tué tant de Noirs que ça et que de nous jours, plus de Blancs sont tués par des Noirs que le contraire…

Tout à coup, il s’intéresse à la France. Bien que je lui ai déjà précisé ma nationalité, il me demande de nouveau si je suis bien française. Puis, il ajoute. « Oui mais vos parents viennent d’où ? » »Maroc« . Le voici alors qui tourne sa tête se tourne dans un sourire ou une grimace, je ne sais pas trop. « Je sais ce qu’il se passe en France, je pense qu’il va se produire la même chose qu’ici, que Marine Le Pen va gagner l’élection présidentielle. Mais je préfèrerais que Jean-Marie Le Pen se présente et gagne ».

En rentrant, je me rassure en me disant que non, ce que j’ai entendu ce soir ne peut pas représenter l’opinion de tous les électeurs de Donald Trump. Je doute. Il est 4h30. C’est l’heure à laquelle normalement on termine de refaire le monde entre amis. Cette nuit,  j’ai l’impression qu’ici on commence à le détruire.

Latifa OULKHOUIR (New York)

Pour retrouver la couverture de l’élection présidentielle américaine  par le Bondy Blog suivez notre envoyée spéciale Latifa Oulkhouir à New York sur le site spécial du Bondy Blog

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