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Jusque dans les années 1970, Turin a accueilli un nombre considérable d’Italiens, venus trouver un emploi dans le secteur automobile ou le BTP. Beaucoup de travailleurs affluaient déjà dans les centres d’accueil. Les Italiens du Sud n’étaient pas les bienvenus : les pancartes «Accès interdit aux Méridionaux» et «Rien à louer pour les Méridionaux» étaient nombreuses. Ce type d’enseigne n’existe plus, mais il reste difficile de trouver un logement quand on est marocain et que l’on débarque à Turin.

L’intégration des nouveaux venus n’a pas été facile, d’autant plus que le secteur industriel est en crise. De fait, Turin n’est plus une destination pour les immigrés. San Salvario reste un quartier populaire qui va pourtant s’appauvrir comme la classe ouvrière qu’il accueille et devenir plus multi-ethnique. Le quartier change : les magasins ferment et le quartier devient malfamé. Ce n’est qu’en 2004 qu’il devient le centre d’un plan de rénovation urbaine, avec la création d’une station de métro et des allègements fiscaux.

La Casa del Quartiere

C’est dans ce contexte que la Casa del Quartiere voit le jour au numéro 14 de Via Morgari. Elle naît d’un partenariat entre la Fondation Vodafone et la ville de Turin et se veut un lieu d’intégration, ouvert à tous, sept jours sur sept et jusqu’à minuit. Dans la cour intérieure, on trouve une crèche, et au premier étage, une caféteria au large comptoir et à l’atmosphère chaleureuse. Au deuxième étage, deux salles de réunion, un bureau, une petite salle de sport et une grande terrasse. Le matin, les adultes peuvent se rencontrer et consulter Internet. L’après-midi est réservé aux enfants, souvent accompagnés de leur mère.

On y organise des cours de chant, de danse, de théâtre, d’anglais, d’arabe, de français, d’espagnol, de yoga, de taï chi, un atelier d’informatique pour les personnes âgées et même un cours de gym destiné aux mères avec leur poussette ! Les salles de la Casa sont aussi mises à disposition pour des fêtes et des événements, comme les rencontres organisées par  le « Cerchio degli Uomini » pour la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

L’engagement des bénévoles

Alessandra, 21 ans, est installée à Turin depuis trois ans. Elle est étudiante et bénévole de l’association Giovani per Torino. Elle habite à San Salvario et témoigne des changements que son quartier a subi :  il est devenu le centre bobo d’une certaine movida turinoise, mais si l’on va vers ses marges, les immigrés vivent entre eux, et les Italiens ne s’y aventurent pas. « Il faudrait donc développer une politique d’intégration, utiliser ces espaces de la même manière qu’on a utilisé les espaces des anciens bains-douches publics » dit Alessandra. La gestion du centre repose sur le bénévolat, La Casa del Quartiere n’employant que quatre salariés à temps partiel.

Antonella, mère de deux enfants, a commencé à fréquenter la Casa avec ses filles comme simple usager. Elle y est maintenant bénévole depuis un an et se plaît beaucoup dans cette atmosphère familiale où chaque semaine, il y a un projet nouveau à réaliser. Elle s’occupe aujourd’hui de la création de prospectus pour la collecte de fonds et le maintien des relations avec les commerçants. Le manque de fonds est un lourd obstacle, « on pourrait faire beaucoup plus, si on avait plus de moyens ».

Francesca Biscione (étudiante en Master de Communication internationale à l’Université de Turin)
www.petitjournal.com/turin.html

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