TOUR D’EUROPE 2014. Deuxième étape du voyage de Balla : Barcelone la catalane, qui a du vague à l’âme. Retrouvez tous les articles sur notre page spéciale

Bien que la corrida soit interdite en Catalogne depuis juillet 2010, il est une arène qui domine la ville : le centre commercial de plusieurs étages. Las Arenas se situent à Plaza Espanya. Le dernier étage offre une vue imprenable sur Barcelone : le Musée national d’art de Catalogne, la colline de Montjuic qui abrite les édifices construits pour les Jeux Olympiques d’été de 1992, notamment le Stade olympique Lluís-Companys.

Ça fourmille aux abords du centre commercial. Les passants ne s’arrêtent que pour prendre des photos. « J’adore ce quartier, mais le nom de la place me pose problème. Plaza Espanya, c’est un peu l’hispanisation forcée de la Catalogne », regrette un passant trentenaire, cravate grenat. Les élections européennes ? « Non ce n’est pas au programme. Je passe. »

Une raison de s’indigner

A quelque pas du centre commercial, la Calle de la Diputación donne sur le parc Miró. Guitare à la main  Fran, t-shirt orange, barbe d’aventurier, amuse la galerie. Il est entouré par des amis qui ont tous la vingtaine. Parmi les événements qu’ils attendent le plus, il y a la San Juan (Saint-Jean), le  Sonar (festival électro). Qu’en est-il du 25 mai ? « C’est un piège ? Est-ce une date historique ? », me demande Ana, étudiante en sociologie. Un autre membre du groupe s’interroge : « Tu ne confondrais pas avec le 15 mai et le mouvement des Indignés ? » Les élections européennes ? Tous en cœur, ils feignent de se souvenir : « Aaah sisisisisi ! Claro. » « En voilà une autre raison de s’indigner ! », lance Sara. Le groupe éclate de rire. Elle reprend : « Personnellement j’attends qu’on  fasse le ménage parmi tous les hommes politiques corrompus et après on verra ! »

En descendant Gran Vía, avec le Bicing (équivalent du vélib), on atterrit vers une place plus catalane, de nom tout du moins : Plaza Catalunya. Nombreuses sont les âmes qui s’y entassent, les Catalans, les touristes. On vous alpague dans toutes les langues, mais les élections européennes ne semblent pas être la principale préoccupation. On parle volontiers de la Catalogne, du Barça et de sa saison décevante, de la crise, de corruption, du concert de IAM le 10 mai dernier. Les plans à court terme ? Descendre la Rambla pour aller tutoyer le bord de mer et prendre un bain de soleil.  Voter ? Les réponses sont vagues à l’image de la célèbre chanson de Osvaldo Farrés : « Quizás, quizás, quizás ». Et ainsi passent les jours, jusqu’au 25.

Balla Fofana

 

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