Le mois d’août est fini. Les vacanciers regagnent leur bureau, la fréquence des bus augmente, les bouchons en ville sont de retour et les enfants fourbissent leur cartable… Bref chacun prépare ses affaires, fait le point sur ce qu’il lui faut. C’est la rentrée, pas de doute.

Pour commencer du bon pied rien de tel que de faire des affaires, et à Luxembourg il existe une tradition : la grande braderie. Cet évènement n’est pas d’une aussi grande ampleur que la Braderie de Lille qui se tient depuis le 12e siècle, non,  ici la Braderie se déroule depuis 1929 et toujours un lundi. Petite spécificité dans la tradition, les commerces sont ouverts la veille entre 14 heures et 18 heures. Dans ce pays, un commerce ouvert le dimanche c’est plutôt rare excepté pour les restaurants et  les stations-services.

Dimanche dernier, la ville était donc plus animée que de coutume. C’est l’occasion de faire du repérage, les commerçants préparent leurs stands pour le lendemain. Une vendeuse de vêtements de la Grand-rue (la rue commerçante principale et piétonne de surcroit) me confie que cet après-midi a été bon pour les affaires, il y a eu beaucoup de clients. Elle est confiante pour demain. Dans une autre boutique on ne rigole pas avec l’heure, dix minutes avant 18 heures, le rideau de fer est à moitié baissé et les clients à l’intérieur comprennent bien le message, s’ils n’ont pas le temps d’effectuer leur achat, on leur met les affaires de côté et ils repasseront le jour suivant.

Lundi à 8h15 les commerçants du quartier de la Gare et du Centre-ville sont affairés à préparer leur stand et réaliser les premières ventes. Les axes de circulation sont réservés à la Braderie, aucune voiture, aucun bus ne passent, un cycliste égaré à la rigueur… la ville prend des airs de marché, un stand met en route la sono. Pour les affaires, comment dire ? Les réductions sont intéressantes les affiches vantent des -70% et des -80%, l’œil est accroché, quand y regarde de plus près on constate, on est partagé . Le parfum à 60 euros passe à 30, la lingerie à 130 euros passe à 30, les chaussures à 320 euros passent à 120… un portant porte la mention « Tout à 59 euros ! » un peu plus loin les insignes d’une banque virevolte sous le vent matinal.

J’ai dû rater un épisode… Ils ne connaissent pas le marché de Bondy ou les puces de Montreuil ! C’est vrai, on est à Luxembourg cet Etat de 500 000 habitants environ qui compte le PIB par habitant le plus élevé au monde après le Qatar paraît-il… Pas étonnant qu’il s’agisse de soldes de luxe. A ce propos, certaines boutiques jouent le jeu comme Longchamp, Sonia Rykiel, Sephora et d’autres parfumeries  ou encore  Smets et Mer du Nord (il s’agit de marques belges), d’autres restent insensibles à l’évènement (Vuitton, Cartier, H&M), question de clientèle peut-être ?  Pour ne pas rentrer bredouille, je craque pour un lot de chaussettes à 8 euros et je file au bureau. Le soir, les rues sont remplies de cartons et de cintres abandonnés, des papiers jonchent le sol et des groupes de gens bien éméchés rentrent probablement chez eux, les retardataires démontent leurs étals, les derniers achats s’achèvent. C’était la rentrée.

Juliette Joachim (Luxembourg)

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