Quoi de mieux pour le plaisir des yeux qu’une visite au Salon du tourisme* qui ouvre ses portes aujourd’hui à la Porte de Versailles. Le monde entier pétille sous notre regard fasciné. Les stands hauts en couleurs défilent le long de la balade sur la moquette rouge : Etats-Unis, Dubaï, Japon, Amérique latine, Croatie, Mali, Sénégal… Quantités de pays font connaître leur gastronomie délicieuse, leurs plages au sable fin et bien mieux encore.

Une vision idyllique qui fait cependant oublier les réalités de certains pays frappés par la pauvreté ou l’insécurité. Les touristes qui retrouvent loin de chez eux le confort à l’occidental ne partagent pas toujours le quotidien, les us et coutumes des habitants. « Il y a ceux qui ne sortent pas de leur bulle et ceux qui s’extraient des services de l’hôtel pour partir seuls à la découverte de la région », explique François Beau, un des exposants.

La fille de ce Français possède avec son mari marocain, un riad dans le sud du Maroc, à Agdz, dans la vallée du Draâ. Ce patrimoine au décor traditionnel (avec piscine), situé au milieu d’une palmeraie, profite à la fois à toute la famille et bien sûr, aux touristes. François s’en vante : « Nous entendons montrer l’authenticité de la région à nos hôtes. » Dans un coin très rural où les autres habitants ne bénéficient pas de l’eau courante ni de routes dignes de ce nom, et où l’électricité est distribuée depuis peu de temps.

Dans d’autres régions du monde, le fossé entre la belle vie du touriste éphémère et celle de l’habitant est encore plus profond. « L’Egypte est loin d’être le seul pays à proposer des offres touristiques de qualité dans des hébergements de luxe situés à proximité des bidonvilles », affirme Céline, responsable dans un tour opérateur. Son directeur, Georges Baligh, un Egyptien, connaît son pays de fond en comble et déconseille vivement aux étrangers d’aller à l’aventure, seuls sac au dos : « Cette démarche peut créer des problèmes à l’hébergeur auprès des autorités, c’est comme ça en Egypte », explique-t-il.

Georges ne conçoit pas de laisser ses voyageurs se lancer dans certaines grandes villes sans être informés des habitudes et mentalités locales. « Nous leur indiquons par exemple, les moyens de se déplacer, les manières de parler aux hommes, aux femmes. Certains quartiers pauvres sont dangereux pour la sécurité de nos clients, nous leur suggérons donc de les éviter. »

Pour faire partager les cultures locales, Georges Baligh, l’Egyptien, compte beaucoup sur ses guides. Il organise aussi des séminaires pour touristes sur des thèmes qui concernent la société égyptienne : condition des étudiants et des femmes, les inégalités, etc. La famille Beau, elle, emmène des groupes d’enfants à la rencontre de petits écoliers marocains.

Après quelques bouchées de spécialités locales en tous genres, et après avoir empoché quelques stylos, posters et autres accessoires sponsorisés qu’on trouve dans les jolis stands attractifs, place à la conférence de presse donnée par Cherif Rahmani, le ministre algérien du tourisme. Celui-ci avoue, dans un discours plus que nuancé, que tout n’est pas rose dans un pays « en construction touristique » – selon ses propres termes – qui a accueilli 1,67 million de visiteurs, en 2007.

Dans ce salon, chacun trouve la destination de ses rêves. Une chose plaisante est l’échange des cartes de visite avec les exposants. La meilleure façon de rester branché.

Nadia Boudaoud

Le Salon du Tourisme est ouvert du 15 au 17 mars – Parc des expositions de la Porte de Versailles – de 10h à 19h.

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