La plage la plus célèbre célèbre du monde n’a rien d’idyllique de l’autre côté de la route. Le contraste fait aussi mal aux yeux que le sable blanc.

Un nom qui claque et une image aussi bling-bling que la Rolex de Sarko dans mon imaginaire. Voici ce que Copacabana m’a toujours évoquée. Ainsi une fois ma longue carcasse présente dans les rues de Rio de Janeiro, c’est avec hâte que je décide d’aller flâner le long de cette plage.

Le paysage y est assez somptueux et la plage est peuplée d’un beau monde. De fait, en cette période de coupe du monde, il y a ça et là plusieurs supporters habillés aux couleurs de leur nation, entamant à tue-tête des chants à la gloire de cette dernière. Des Argentins qui crient «Ar-gen-tina  Ar-gen-tina» aux Français qui chante « ce soir on vous met le feu » en passant par les Américains qui scandent en chœur « U-S-A ». Tout y est. Et ma foi cette ferveur a de quoi donner des frissons à n’importe quel fan de football. Bref c’est la fiesta. Et les chaines de télévision nationales et étrangères n’hésitent pas à capturer ces moments de liesses dans un décor de carte postale.

Toutefois tout ceci n’est qu’illusion tant il est vrai que de l’autre côté de la rue, là où les caméras ne s’attardent point, se trame une autre histoire. Une fois le changement de trottoir opéré, l’on se retrouve souvent nez à nez avec des sans domiciles fixes. Ces derniers sont en général dans un état second. Une chose est sûre, lorsqu’ils croisent notre chemin, on comprend très vite que la misère est aussi pénible au soleil.

Quant aux autres Sdf, ils s’affairent à ramasser des canettes vides qu’ils revendront plus tard. Ainsi ils trimballent à longueur de journée sur leur dos des sacs poubelles, dont le poids semble être supérieur au leur. Un butin inestimable à leurs yeux. Dès lors la misère, qui m’a éclaté au visage sans prévenir, donne à mon « kiff » un gout d’amertume.

Puis une centaine de mètres plus tard, mon expédition m’emmène aux portes de la « cour des miracles » dixit un touriste français. Si cette place, qui est en réalité un marché de souvenir le jour, a été poétiquement nommée ainsi c’est en aucun cas à cause de son caractère marial. Bien au contraire !

« Cette rue dégage quelque chose d’assez sauvage, mec. Il y a tout ce monde. Ces prostituées arrêtées là toute la nuit, de la drogue. Je viens tout juste d’en acheter en même pas deux minutes alors que je ne connais personne ici. C’est juste incroyable  » s’exclame John, un touriste australien.

Effectivement il émane de ce lieu une étrange sensation. L’atmosphère est imprégnée d’un parfum de pisse et de sueur.  Et dans une ambiance de marché, des prostituées femmes ou transsexuels exécutent des danses nuptiales plus ou moins vulgaires afin de faire craquer les touristes mâles en chaleur. Ces derniers ne se font pas prier. Ni une ni deux les voilà filer bras dessus bras dessous comme de vieux amoureux sous les yeux passif des policiers. D’ailleurs ces derniers ne semblent pas inquiéter les dealers de cocaïne postés à quelques mètres d’eux.

Sexe, drogue et misère, l’envers du décor est alors effarant. Et je comprends alors très vite que l’image chic de la plage de Copacabana présente jusque là dans mon esprit, est aussi fausse que les seins de Pamela Anderson.

Mohamed K.

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