Bonjour, nous suivons avec beaucoup d’attention la situation en Egypte et nous savons que la situation sera plus claire demain soir (samedi). Tout au long de la progression des événements, notre première préoccupation est d’éviter que des personnes soient blessées ou des pertes humaines. C’est pourquoi, j’appelle clairement les autorités égyptiennes à s’abstenir de tout recours à la violence contre les manifestants pacifiques.

Le peuple égyptien a des droits : ceux-ci sont universels. Le droit d’assemblée et d’association paisible, le droit de parler librement et le droit d’exercer sa capacité à déterminer son propre destin. Ce sont des droits de l’homme. Et les Etats-Unis se dresseront pour les défendre partout dans le monde.

Je demande également au gouvernement égyptien de revenir sur les mesures prises pour limiter les accès à Internet, aux téléphones portables et aux réseaux sociaux qui sont si importants pour relier chacun au 21e siècle.

De même, les manifestants ont la responsabilité d’exprimer leurs revendications de façon pacifique. Violence et destruction ne mèneront pas aux reformes qu’ils désirent.

Maintenant, allant de l’avant, ce moment volatile doit être transformé en une période de promesses. Les Etats-Unis ont une association étroite avec l’Egypte ; nous avons coopéré sur de nombreuses questions, y compris sur celle de faire avancer, ensemble, la paix dans cette partie du monde. Mais nous avons également clairement indiqué qu’il devait y avoir des réformes politiques, sociales et économiques qui répondent aux aspirations du peuple égyptien.

En l’absence de ces réformes, les réclamations se sont accumulées avec le temps. Quand le Président Moubarak s’est adressé ce soir (vendredi) aux égyptiens, il a promis une meilleure démocratie et la croissance pour tous. Je lui ai parlé juste après son discours et lui ai indiqué qu’il avait la responsabilité de donner sens à ces mots, d’agir concrètement en faisant les premiers pas pour remplir cette promesse.

La violence ne répondra pas aux réclamations du peuple égyptien. Et réprimer des idées ne réussit jamais à les faire disparaître. Ce qui est nécessaire en ce moment ce sont des avancées concrètes sur le plan des droits de l’homme pour le peuple égyptien : un véritable dialogue entre le gouvernement et ses citoyens, et un cheminement politique qui aboutisse dans le futur à une plus grande liberté, à la croissance et à la justice pour le peuple égyptien.

Maintenant, au final, le futur de l’Egypte sera déterminé par le peuple égyptien. Et je crois qu’il veut les mêmes choses que nous : une meilleure vie pour nous-mêmes et nos enfants, un gouvernement équitable, juste et qui soit à son écoute. Autrement dit, le peuple égyptien veut un futur qui convienne aux héritiers d’une grande et antique civilisation.

Les Etats-Unis s’associeront toujours à la poursuite de ce futur. Nous nous engageons à travailler avec toutes les parties du peuple égyptien et de son gouvernement afin de le réaliser.

Les gouvernements du monde entier ont une obligation de répondre à leurs citoyens. C’est vrai ici aux Etats-Unis ; en Asie ; en Europe, en Afrique ; et c’est sans aucun doute vrai dans le monde arabe, où une nouvelle génération de citoyens a le droit d’être entendue.

Quand j’étais au Caire, peu de temps après que j’ai été élu président, j’ai dit que tous les gouvernements doivent maintenir la puissance par le consentement, non par la force. C’est la norme par laquelle le peuple de l’Egypte réalisera le futur qu’il mérite.

Il y aura sûrement des jours difficiles à venir. Mais les Etats-Unis continueront à se battre pour les droits du peuple égyptien et travailleront avec leur gouvernement à la poursuite d’un futur qui soit plus juste, plus libre, et plein d’espoir.

Merci beaucoup.

Barack Obama (traduit de l’anglais par Axel Ardès)

Des choses à dire sur la traduction ? N’hésitez pas à faire vos propositions.
http://www.whitehouse.gov/blog/2011/01/28/president-obama-situation-egypt-all-governments-must-maintain-power-through-consent

Samedi soir, les présidents français, allemand et anglais ont également fait une allocution conjointe sur la situation en Egypte.
http://www.elysee.fr/president/les-actualites/declarations/2011/egypte-declaration-conjointe-du-president-de-la.10544.html

Articles liés

  • Le « dégoutage » : bien plus qu’un spleen à l’algérienne

    En Algérie, le phénomène du “dégoutage” persiste depuis des décennies. Le terme existait bien avant le hirak, (révolution pacifique citoyenne algérienne). Parmi la population, les jeunes, mais aussi les personnes âgées vivent ce sentiment qui n’a pas de définition dans le dictionnaire français.

    Par Amina Lahmar
    Le 14/09/2022
  • « Au Canada, deux mondes se croisent et doivent cohabiter » : réflexions sur la Justice restaurative

    Au Canada, les porte-paroles des premières nations se battent contre la surreprésentation des populations autochtones dans les prisons. Face à un système juridique, parfois opposé aux valeurs de ces peuples, les militants se battent pour tenter d'endiguer le phénomène. Adéline Basile, étudiante en droit à l’université d’Ottawa et vice-cheffe de la Première nation Ekuanitshit en fait partie. Interview.

    Par Meline Escrihuela
    Le 20/07/2022
  • A Montréal, errance et identité autochtones

    A Montréal, il n’y a pas de quartier autochtone comme on aurait un Little Italy ou un Chinatown. Mais ceux que l’on appelle « les itinérants » c’est-à-dire les sans-abris dont bon nombre sont autochtones ont un parc où ils se retrouvent : le square Cabot. C'est dans ce lieu emblématique que différentes institutions tentent de répondre à leurs besoins en multipliant les initiatives culturelles et solidaires tout en faisant vivre l’identité autochtone.

    Par Meline Escrihuela
    Le 23/06/2022