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Depuis environ 5 heures du matin, ce lundi, la nouvelle tourne en boucle : Oussama Ben Laden, l’homme le plus recherché de ces dix dernières années, a été retrouvé et tué par les forces spéciales américaines lors d’une opération militaire au Pakistan, à Abbottābād. Sa dépouille aurait ensuite été immergée en mer : « Nous nous assurons que son corps est traité en accord avec la pratique et la tradition musulmane. C’est quelque chose que nous prenons très au sérieux », a affirmé un haut responsable de l’administration Obama. Cette dernière information a plus qu’étonné les musulmans, car en aucun cas il n’est mentionné dans l’islam qu’un défunt doit être jeté à la mer.

Cette information mondiale a du mal à passer auprès de quelques-uns en France, plus nombreux peut-être qu’on ne l’imagine. Ils doutent de sa véracité et pensent plutôt qu’il s’agit d’une « intox ». Autrement dit, d’un mensonge. Ben Laden ne serait pas mort… Ou alors oui, il serait mort, mais de maladie, et non pas d’une balle en pleine tête. « Comment l’homme le plus dangereux du terrorisme a pu être tué et immergé en mer sans qu’aucune image ne soit diffusée, alors qu’en 2006, l’exécution de Saddam Hussein avait été diffusée et son corps pendu au bout d’une corde, affiché comme une bête de foire ? » se demande un homme avec qui je m’entretenais lundi matin dans un restaurant du 10e arrondissement de Paris. Et une dame à la même table d’ajouter : « Il y a une photo qui a été diffusée au Pakistan mais c’est un montage. L’AFP l’a elle-même reconnue donc comment y croire (à sa mort, ndlr) ? »

Un jeune de mon entourage dit sur un ton ironique : « Ils mettent un an à récupérer une des boîtes noires du vol Rio-Paris qui était en mer et ils mettent dix ans à retrouver Ben Laden pour ensuite le jeter à la mer… Je n’y comprends plus rien… »

Pendant que Ground Zéro est envahi par des Américains heureux d’apprendre le décès d’Oussama Ben Laden et que les pays alliés des Etats-Unis se félicitent de son exécution, certains pays comme l’Algérie, où ma grand-mère se trouve actuellement, ont semble-t-il décidé de faire le black-out sur cette information pourtant planétaire : « Ici, on n’en fait pas une affaire d’Etat. Les chaînes locales n’en parlent même pas, ni même la radio, enfin je n’ai rien entendu depuis ce matin (lundi, ndlr), rapporte-t-elle. Ce sont mes enfants qui m’ont mise au courant. »

En attendant des images « concrètes », qui seules dans ce monde ultra-médiatisé sont à même de dissiper les doutes, et encore, les Américains garderont à tout jamais dans leur mémoire ce lundi 2 mai. Le monde musulman, dont on sait qu’il ne forme pas un bloc homogène, sera-t-il tenté de répliquer suite à l’« immersion » du corps de Ben Laden ? Ou a-t-il déjà un peu oublié celui qui fut le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 ?

Inès El Laboudy

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