Allez, plus que deux semaines et je dis enfin adieu à Ronald et sa team. Cet été j’ai décidé de me faire plaisir et de m’offrir plus d’un mois de vacances en Turquie. Mais qui dit vacances dit argent, tunes, oseille, dollars… Money quoi ! Et quoi de mieux qu’une bonne exploitation chez MacDo pour se faire un peu d’argent de poche. J’ai postulé chez Ronnie en septembre 2010, avec pour objectif de financer mes études. Certes, j’aurai pu postuler ailleurs, mais en France on nous demande d’avoir de l’expérience même pour vendre des slips.

Alors je me suis laissée envoûter par l’appel du clown et de ces pubs alléchantes: « Chez McDonald’s vous pouvez aménager vos horaires… », etc., etc. J’ai pris un petit contrat de 15 heures par semaine, amplement suffisant si ne on veut pas devenir fou ; en même temps, je n’avais pas besoin de travailler plus, ni de gagner plus. Mes premiers jours chez MacDo n’ont pas été trop horribles. C’est vrai qu’en tant que nouvelle au sein de cette fabuleuse entreprise, je me devais d’appliquer rapidement les consignes des managers, pour servir au mieux « le Roi », enfin le client. J’ai eu la chance d’être formée par ma meilleure amie, à l’époque presque manager chez MacDo, elle aussi étudiante, et pour le coup on ne m’a pas trop mis la pression.

Bonne élève, j’ai rapidement pris le rythme. Et quel rythme ! La pression est constante, on se donne à 200% en période de rush, et même quand il n’y a pas de clients, il y a toujours quelque chose à faire : propreté, rangement, stocks… Pour le coup, on n’est vraiment pas payé à rien foutre ! Mais bon, ce qui est agréable tout de même, c’est de travailler avec des jeunes… blasés autant que moi. Alors on se motive comme on peut, les anciens envoient les nouveaux changer les poubelles et nettoyer les toilettes, les nouveaux se la jouent anciens et sûr d’eux devant les plus nouveaux et ainsi de suite. Ça se passe comme ça chez Macdonald.

Peu importe, ce qui me motivait, c’était la paye à la fin du mois. Chez Macdonald le système de paye est particulier. On n’est pas payé du 1er au 31 du mois, mais du 20 du mois précédent au 20 du mois courant. La paye n’est jamais la même. Mais on sait tout de même à quoi s’attendre, quoiqu’on puisse avoir des surprises. Le mois dernier j’ai eu une prime : 32 euros. J’ai été récompensée pour mon travail. Je vous avais dit que j’étais une bonne élève ! Trente-deux euros c’est tout de même 4 à 5  heures de boulot. C’est plutôt pas mal, non ? Restons réaliste, la prime n’allait pas atteindre les 100 euros, pas pour mon cas en tout cas. On est chez Ron.

Au bout de sept mois, ma bravoure a été récompensée. Merci. Cela ne m’a pas dissuadée de poser ma lettre de démission auprès du directeur quelques jours après. Pourtant je ne comptais pas démissionner tout de suite, mais serrer les dents encore un peu. J’ai trouvé étonnant de devoir trouver son remplaçant pour ses vacances. Peut-être que ça se fait ailleurs, en tout cas je n’avais jamais vu ça. J’ai donc joué le jeu, sans résultat. Qu’a cela ne tienne, je démissionne avant les vacances. Pas que ça à faire de trouver un remplaçant. Et puis quoi encore ? Leur envoyer une carte postale ? Je démissionne le 28 juillet. Hamdoulilah ! Après tout j’ai réussi à économiser assez pour mes études et pour mes vacances. Alors ralas ! On arrête les conneries maintenant. Je pars en vacances, et à la rentrée je me trouverai un autre job à côté de mes études.

Un mois et demi en Turquie. Le kiff ! Première étape : Istanbul. La ville aux mille minarets. J’ai hâte de me poser dans un café, au bord du Bosphore, de siroter une bonne limonade (une vraie !) avec un narguilé (un vrai de vrai !) et rien d’autre que le paysage à admirer. L’étape visite historique, ça c’était l’année dernière. Cette année je vais plutôt me fondre dans la masse stambouliote. C’est-à-dire, narguilé, thé turc, tavla (jeu turc qui ressemble au backgammon), pipasse (ou graines de tournesol)…

J’ai prévu de faire les soldes aussi, à des prix imbattables. Je compte bien profiter de mon argent. Après tout j’ai bien sué pour l’avoir ! Deuxième étape : la région de la Troade (en Egée), près de l’antique ville de Troie. Farniente assuré ! Des plages magnifiques (la mer Egée qui borde cette côte), un soleil radieux pour une tranquillité absolue. Au programme… On verra sur place. Hors de question de se stresser avec un planning. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a pas mal de choses à voir. A Assos par exemple, on a carrément l’impression de se baigner au milieu de ruines antiques. Je compte bien y retourner. De retour à Istanbul, je m’imprégnerai de la ville une dernière petite semaine avant de m’envoler pour Paris.

Je pense qu’après ces vacances, MacDo sera bien loin derrière. N’empêche, j’en garderai le souvenir comme de quelque chose qui a forgé mon caractère, mais surtout qui a payé mes vacances en Turquie. Une bonne expérience. Alors, merci qui, merci Ronnie ?

Vanessa Meflah

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