Chevelure blonde comme les blés, mèche savamment coiffée, sourire éclatant : Line, Uspen et Kate (de droite à gauche) semblent tout droit sortis d’une pub. A un détail près : contrairement aux spots télévisés ineptes, les trois Danois n’ont rien de creux. A 32 ans, Kate travaille au Musée des travailleurs de Copenhague, l’Arbejdermuseet, depuis presque six ans. Une place de conservateur qu’elle a pu décrocher grâce à ses études d’anthropologie.

Dès le premier contact, on la sent intéressée par les gens et la culture. « J’habite à deux kilomètres du centre de Copenhague, près de la mer. Il faut traverser un petit pont pour arriver jusqu’à chez moi, décrit-elle dans un français fluide. C’est un ancien quartier industriel. Les usines ont fermé et maintenant on commence à construire des immeubles. Juste à côté, il y a encore beaucoup d’ouvriers. C’est un quartier mixte, assez nouveau. » A l’image de toutes les capitales occidentales, Copenhague voit ses quartiers populaires et anciennement industriels investis par des artistes ou des intellectuels. Ce qu’on appelle, en France, des « bobos ».

Cultivés, urbains et dynamiques : Line, 32 ans, et Upsen, 26 ans, font justement partie de cette nouvelle classe sociale. Le couple, qui a rejoint Kate à Paris pour quelques jours, est également branché art. « J’ai fait des études de cinéma et aujourd’hui je travaille dans une société qui importe des films étrangers au Danemark », raconte Line en souriant.

Bien qu’elle soit amie avec Kate, elle ne vit pas à Copenhague mais à Arhus, la deuxième ville du pays. « C’est une ville très agréable, en bord de mer et près de la forêt », dépeint-elle. Selon elle, Arhus possède à la fois les caractéristiques d’une petite ville comme d’une grande ville. « Bien sûr ce n’est pas Copenhague, rigole-t-elle. C’est beaucoup plus calme. Mais c’est une ville très active, qui laisse beaucoup de place à la culture. Si tu sais où aller, si tu connais les endroits où sortir, alors c’est vraiment un endroit génial. » Son dynamisme, Arhus le doit aussi à ses étudiants, qui représentent un habitant sur six. Avec son université, ses écoles de commerce et d’ingénieurs, c’est l’une des principales villes estudiantines du pays.

Et malgré ça, Uspen n’a eu d’autre choix que de s’installer à Copenhague pour ses études. « Il suit des cours de comédie pour devenir acteur », confie Line. Du coup, les deux amoureux doivent vivre leur relation à distance. « On fait trois heures de train pour se voir », explique Uspen. Une situation plutôt inconfortable, mais le jeune homme doit en passer par là pour avoir une chance de vivre son rêve. « J’ai déjà joué dans quelques films, des films danois », raconte-t-il d’un air confiant. Créatif, le cinéma Danois s’exporte plutôt bien en Europe, à l’image des films de Lars Von Trier. Alors, qui sait, peut-être apercevrez-vous bientôt Uspen à l’écran…

Aurélia Blanc

Précédents articles de la série :
Aranza-et-Carlos : au-bord-de-la-crise-espagnole
Stacy-et-Ines, les-soeurs-anglaises-du-Père-Lachaise

Aurélia Blanc

Articles liés

  • GameStop : révolution des traders amateurs ou victoire illusoire ?

    C’est un vent de panique qui a soufflé sur Wall Street en ce début d’année lorsque des traders en herbe, inscrits sur un forum Reddit de conseils boursiers, se sont coordonnés pour faire échouer les plans de puissants fonds d’investissements concernant une franchise de vente de jeux-vidéos. Retour sur cette folle saga qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

    Par Yunnes Abzouz
    Le 04/03/2021
  • Une école francophone à Gaza pour l’avenir des Palestiniens

    À Rafah, au sud de Gaza, l’association Tabassam Gaza entreprend d’ouvrir une école francophone. Son président Waleed Aboudipaa, enseignant de français et humanitaire gazaoui tente de proposer une offre éducative aux écoliers de la ville dont la scolarité est menacée par la guerre avec Israël et la pauvreté qui en découle.

    Par Amina Lahmar
    Le 15/02/2021
  • « Sans le vouloir on contribue au génocide des Ouïghours »

    Les États-Unis, par le biais du secrétaire d'État sortant Mike Pompeo, ont accusé la Chine de "génocide" et de "crime contre l'humanité", à propos du traitement réservé à la minorité musulmane des Ouïghours, réduite en esclavage dans des camps et acculturée par le régime. Une accusation historique, dans une période où la cause de cette minorité a été plus que jamais médiatisée. Mais où en est-on dans la lutte pour la libération d'au moins un million de personnes ? Entretien avec Dilnur Reyhan, présidente de l'institut ouïghour d'Europe.

    Par Lila Abdelkader
    Le 22/01/2021