Dans une République islamique comme les Emirats Arabes Unis la période du mois du Ramadan chamboule les rythmes de vie. Le Ramadan est un moment de difficultés et de jeûne, pendant lequel les musulmans sont davantage tournés vers Allah, leur vie spirituelle et les autres. Le fait de ne pas manger les libère des tracas et des tâches de la vie quotidienne pendant la journée, et ils doivent mettre ce temps à profit pour prier et ainsi être plus proche d’Allah.

Le soir venu, après l’appel à la prière au coucher du soleil, c’est l’Iftar, ou rupture du jeûne. Ce repas est un moment convivial que les musulmans partagent souvent en famille ou avec leurs amis, voire avec des non-musulmans. Ici aux Emirats, de grandes tentes sont  installées dans les rues ou à proximité des mosquées. Des bénévoles distribuent des repas gratuits aux personnes démunies.

Ces changements de rythme ont des répercussions importantes pour les expatriés aux Emirats Arabes Unis, tant à Abu Dhabi qu’a Dubaï. Durant cette période, les horaires de travail sont aménagés. En général, la journée de travail comporte deux heures de moins. Les entreprises proposent très souvent de commencer à travailler après l’arrêt de manger, c’est-à-dire juste avant le lever du soleil.

Abdel, est un jeune expatrié français d’origine algérienne. Il vit ici depuis quelques années,  » j’ai la chance de vivre dans un pays musulman où tout le monde est dans ce rythme, en aucun cas je suis moins productif au travail, je suis architecte ici et je ne constate pas de ralentissement considérable de l’activité économique. Hors-Ramadan il fait déjà très chaud, donc sur les chantiers, beaucoup travaillent la nuit. »

D’autres non musulmans voient un peu le Ramadan comme un calvaire, mais « ça ne dure qu’un mois » me dit Eric, ingénieur en informatique. Il vit à Dubaï depuis 2007. Pour lui, « vivre dans un pays musulman implique de respecter. Pour ma part je n’ai pas senti réellement de différence sur le plan professionnel. Mon équipe est sérieuse, je dirais même plus déterminée pendant le mois du Ramadan, c’est un mois rempli de bonté, de gentillesse, tous leurs repas sont partagés avec la communauté non-musulmane communauté, c’est un mois de partage de générosité. En tant que non-musulman, je le ressens comme tel ».

Si dans les lieux publics il est interdit de boire, manger, fumer entre le coucher et le lever du soleil, dans la sphère privée, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Du fait de l’interdiction de manger dans les lieux publics en journée, la quasi-totalité des restaurants sont fermés le midi.

Rue très touristique à Dubaï, Jumeirah Walk est bordée de restaurants et glaciers. Durant le Ramadan c’est une autre rue complètement différente. Sous la chaleur à 45 degrés toutes les enseignes sont fermées. Le Ramadan entraîne aussi la fermeture des bars et boîtes de nuit pendant tout le mois. Cependant, il est possible de trouver des bars ouverts (sans musique, cependant).

Talal, est un syrien chrétien qui vit à Dubaï. Il travaille pour Etisalat, l’opérateur téléphonique principal du pays. Lui aussi change totalement de vie pendant un mois, « je suis chrétien, donc je m’adapte comme tous les autres, j’évite de fumer ou de boire dans les lieux publics. Dans notre entreprise, notre patron à mis en place une salle de pause spécialement pour les non-musulmans pendant le Ramadan, donc il me reste plus qu’a me tenir dans les lieux publics. Chez moi je suis libre de faire ce que je veux. »

Rachid et Mokrane, deux Français d’origine algérienne, sont  en vacances à Dubaï pour y passer le Ramadan . « On n’est pas déçus, c’est le top. Les mosquées sont magnifiques, les prêches excellents. La rupture du jeûne est juste excellente, c’est convivial c’est tout un pays qui est dans l’ambiance du Ramadan ! »

Aux environs de 20 heures, La Jumeirah Walk dans le quartier de la Marina à un tout autre visage. En effet, dès le coucher du soleil, la ville se réveille. Les commerces ouvrent. Touristes et locaux sont de sortie, pour diner ou se promener, d’autres sont à la mosquées pour se consacrer à la prière du soir. Il y a du monde.

Mohamed Mezerai

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