Destination conflit, température loin d’être idéale. C’est pourtant le Mali qu’Aicha a choisi comme lieu de villégiature pendant un mois. Dans la capitale, le climat semble être au calme fixe.

On célèbre ou conspue la première année de notre président. Les bilans affluent de toute part, mais qu’en est-il de celui de la guerre engagée au Mali ? C’est un conflit qui dure malgré le quasi silence radio dans les médias. La France s’est lancée dans cette guerre depuis maintenant plus de 4 mois.

Les pertes humaines ne cessent de s’accentuer. Côté français, 6 soldats sont morts tandis que du côté tchadien on en dénombre 38. Un constat sanglant qui fait froid dans le dos. Depuis le désengagement, 500 soldats français sont rentrés au bercail. Qui plus est, tout le monde le sait sans avoir fait Sciences Po, le coût d’un conflit est exorbitant ! Allons-nous éviter ou plongerons-nous la tête la première dans l’enlisement ?

Pendant que la lutte armée fait rage au nord-est du pays, c’est les vacances pour Aïcha. Sans peur, sans appréhensions, elle s’envole vers sa destination, le Mali. « Le climat s’est calmé, sinon mes parents ne m’auraient jamais laissé partir », confesse-t-elle avec désinvolture. C’est plus précisément à Bamako que cette jeune Française d’origine malienne décide de poser ses bagages pour ses vacances.

« Il faut dire que Gao et Bamako ce n’est pas non plus la porte d’à côté », ajoute-t-elle. Acte audacieux ou acte mûrement réfléchi, seule elle-même le sait ! La raison de son voyage est connue mais que pense t-elle du conflit ? « La situation n’en est pas là pas hasard, c’est le destin … Quand des richesses sont en jeu, le conflit n’est pas loin ! », répond-t-elle. Du haut de ses 21 ans, Aicha, veut faire une pause dans son job d’animatrice et aussi couper du stress parisien.

Elle s’est donc pris un mois de mars à avril, pour profiter pleinement de ses racines après 8 ans d’absence. Une guerre n’est jamais sans mal ! « Je n’ai pas vu un bouleversement dans le mode de vie des Maliens ». D’après ses dires, c’est comme si le conflit n’avait jamais existé dans le pays. « Il y a quand même des légers changements, les gens sont plus réservés. Avant les mariages se célébraient un peu partout, avec tout le monde. Maintenant c’est devenu plus intimiste, les fêtes se passent dans les maisons et avec plus de retenue », lance Aïcha.

On peut se mettre des œillères mais ça n’arrêtera pas le conflit. « C’est comme si les mentalités changent inconsciemment. Les gens savent ce qui se passe, mais ne veulent pas en parler ! », rajoute-t-elle à demi-mot. C’était en quelque sorte un voyage au coeur de l’actualité, mais loin du champ de bataille. C’est un Bamako avec des micros séquelles qu’elle laisse derrière elle. Elle a foi en une fin de cette guerre dans un futur assez proche. Les associations se relayeront pour reconstruire les zones touchées par la guerre. Et quand on lui demande si l’occasion de partir en vacances au Mali se présentait à nouveau, elle répond oui sans hésitation.

Lansala Delcielo

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