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Une centaine de manifestants se sont réunis à deux pas de l’ambassade de Birmanie, lundi 11 septembre, pour réclamer la fin des violences envers la minorité musulmane et la mise en place de sanctions internationales. Reportage. 

Dans les mains des manifestants, les photos de visages mutilés, de cadavres d’enfants ou de femmes et hommes traversant des rivières à bout de force sont plus nombreuses que les banderoles et les pancartes à slogans. Comme si le besoin de montrer une réalité insupportable et longtemps ignorée était plus important que tout le reste pour les membres de la diaspora Rohingya, réunis ce lundi après-midi à quelques mètres de l’ambassade de Birmanie, à Paris, rue de Courcelles.

Maleq Forazi, président de l’association bangladaise Human Right Mission, le 11 septembre à Paris

Une centaine de personnes a répondu à l’appel de la Burmese Rohingya Association in France (BRAF), de l’association Info Birmanie et du collectif Halte au massacre en Birmanie (Hameb), qui ont organisé ce rassemblement en soutien aux Rohingya. La minorité musulmane, persécutée dans le pays depuis des décennies, subit depuis plusieurs mois une répression ayant contraint plus de 300 000 civils à se réfugier au Bangladesh.

Les membres de la communauté Rohingya manifeste à Paris ce lundi 11 septembre, à Paris

« La France doit faire pression »

« On est là pour dénoncer ce que les Nations Unies ont enfin reconnu comme un génocide », déclare Maung Hal Aung, responsable de la BRAF. Il fait référence au haut-commissaire de l’ONU aux droits humains qui a qualifié le matin-même les violences du régime birman  d’ »exemple classique de nettoyage ethnique ». Le militant Rohingya, réfugié politique en France depuis 2001, réclame le soutien du gouvernement français et de la communauté internationale : « il faut intervenir avant qu’il ne soit trop tard ».

Maung Hal Aung, réfugié politique Rohingya et responsable de la BRAF, le 11 septembre, à Paris

Pour Camille Cuisset, de l’association Info-Birmanie qui travaille depuis vingt ans sur la situation politique du pays, la France doit « faire pression » pour que le gouvernement birman accepte de coopérer : une mission, refusée par les autorités birmanes, a été mandatée par l’ONU le 24 mars pour enquêter sur les exactions commises par l’armée. « Paris pourrait par exemple demander la suspension des négociations sur l’accord de protection des investissements européens en cours entre la Birmanie et l’Union européenne », tonne la manifestante.

Un nouveau rassemblement prévu samedi 16 septembre

« C’est bien que les médias en parlent, sauf que le problème existe depuis très longtemps », rebondit Nazik Mikali du collectif Hameb, flanquée d’un T-shirt orange « Free Rohingya ». « On ne pourra rien faire tant que les Rohingya n’auront pas récupéré leur citoyenneté ! », conclut la jeune femme, qui considère que l’exil au Bangladesh, pays très pauvre qui a entamé le minage de la zone frontalière, ne peut être une solution.

Nazik Mikali, membre du collectif Hameb, le 11 septembre, à Paris

Tandis qu’une pétition datant de l’année dernière, demandant le retrait du prix Nobel de la Paix à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, refait surface recueillant plus de 400 000 signatures, le collectif Hameb appelle à une nouvelle mobilisation parisienne à 14h ce samedi 16 septembre au Trocadéro. « C’est sûr, on sera bien plus nombreux ! », promet Nazik Mikali.

Lina RHRISSI

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