Un hôtel délabré, du plomb dans les murs, des rats, des familles africaines, un incendie  et 17 morts dont 14 enfants, le décor de l’incendie du boulevard Auriol en 2005 est planté. Inconsciemment en traversant la porte numéro 10 du Tribunal de Grande Instance, on sait vers quoi on va, dans l’espoir que les évènements nous donnent tort.

Dans la salle des pas perdus les regards et les premières déclarations aux médias à la sortie de l’audience sont sans appel face à l’amende de 30 000 euros requise par le procureur contre  l’association Freha affiliée à Emmaüs (France Euro Habitat) et l’entreprise Paris Banlieue Construction qui géraintt l’immeuble. « C’est ça la France ! » s’indigne Tapa Kanouté le porte-parole des familles. « Ces amendes sont préventives. On fait juste de la prévention sans s’attaquer au fond du problème » ajoute Franco, membre de l’Alliance Noire Citoyenne (ANC) et soutien des familles.

Demander aux familles ce qu’elles ressentent après l’audience serait aussi débile que ces questions de journalistes sportifs aux footballeurs après un match perdu. Que voulez-vous que je vous dise ? Pour ceux qui ont les idées pas bien jojos, qu’ils sachent que ces familles étaient en situation régulière, toutes, sans exception.

Le déroulement du procès ? On avait l’impression d’être à Bricorama. L’avocat de PB Construction décortiquant presque comment on installe un contreplaqué. Elément qui a été posé en masse  par l’entreprise et qui aurait accéléré la propagation de l’incendie dans l’immeuble. L’avocat de Freha, le ton grave, assure que les responsables de l’association vivent dans le tourment depuis l’incendie. Un autre maître avoua sa « honte » de voir encore ce type d’incident. De bons sentiments, des déclarations compatissantes mais bien sûr,  ils sont payés pour défendre leurs clients et l’un d’eux demande la relaxe. Pendant ce temps celui qui a mis le feu court toujours.

Que voulez vous que je vous dise  d’autres? Que l’on a pas tout mis en œuvre pour retrouver le coupable ? Certains l’ont déjà dit.

Que les victimes sont mortes brûlées vives, défenestrées et asphyxiées ? Que les enfants s’amusaient à sucer des miettes de peinture séchée bourrées de plomb parce qu’elles avaient « un goût sucré » ?  Que bouffer du plomb, tout suave que soit sa saveur, donne le saturnisme ?  Que des cas ont été signalés aux autorités ? Qu’une dizaine d’architectes, responsables sécurité et professionnels du bâtiment sont passés sans signaler le danger potentiel du contreplaqué ? Qu’il aurait fallut péter l’immeuble vétuste et reloger ces familles pour que les 17 personnes décédées soient encore parmi leurs proches aujourd’hui ? Que Freha serait intervenu depuis 1991, selon l’avocat, auprès de l’administration de Paris pour reloger ces familles, sans succès ?!

Après des conditions irréelles dans lesquelles se sont déroulées dans un premier temps, au mois de mars , le procès – les micros qui ne marchaient pas notamment – avant d’être annulé et reporté en septembre et l’absence du responsable de l’incendie criminel ; familles et soutiens ne souhaitent qu’une chose : la justice. L’égalité aussi.

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