Mercredi 24 mai, à Argenteuil, le joueur de football professionnel Giannelli Imbula réunissait plus de 400 enfants de sa ville et de ses clubs formateurs (le RFCA local et le Racing de Colombes) pour un grand tournoi à son nom. Un après-midi de football sous un grand soleil, non sans un certain message social en filigrane.

Dans la tribune du stade du Coudray, Ilias et ses copains viennent d’apercevoir Giannelli Imbula. Le garçon s’enthousiasme : « Ohlolo, il est là, les gars ! Moi, je vais lui serrer la main, c’est une star, west ! ». Ilias ne s’y trompe pas : ce mercredi après-midi à Argenteuil, Giannelli Imbula est bien LA star du tournoi qui porte son nom. Le footballeur de Stoke City a financé, pour la deuxième année consécutive, une grande fête du football réunissant plus de 400 enfants sur les installations où il a lui-même commencé le football.

Un juste retour des choses pour l’enfant d’Argenteuil, à en croire Bernard Messi, président de l’association Impulstar et organisateur des tournois du même nom et à qui Imbula a de nouveau fait appel cette année. « C’est un petit du quartier, on l’a vu grandir, se souvient-il. Aujourd’hui, le voir donner son nom à ce tournoi, c’est aussi une manière d’envoyer un message aux plus jeunes, aux petits frères : la réussite est accessible, au prix d’un certain nombre d’efforts et de sacrifices ».

Nulle question de sacrifices, pourtant, ce mercredi-là, à Argenteuil, mais plutôt de plaisir. On croise le petit Lounis, 5 ans, une glace à la main. Depuis quelques mois qu’il a commencé à taper dans le ballon, au complexe de foot à 5 FootMax. C’est la première fois que le garçon participe à un tournoi, face à d’autres enfants. “Il est aux anges, il kiffe, sourit Alexandra, sa maman. Qu’un ancien jeune de la ville revienne, malgré sa réussite, pour offrir ça aux enfants d’Argenteuil, je trouve ça super. C’est important, dans une ville comme celle-ci ».

Argenteuil : 25 % de taux de pauvreté et 32 % de chômage chez les jeunes

Comme celle-ci, c’est-à-dire : plus de 100 000 habitants, si près et si loin de Paris, 25% de taux de pauvreté, 32% de chômage chez les jeunes… La politique, d’ailleurs, paraît très loin sur le pré du stade du Coudray. Quand le député socialiste du coin, et ancien maire de la ville, Philippe Doucet, vient piquer une tête aux alentours de 15 heures, le moins que l’on puisse dire est que l’accueil n’est pas très chaleureux. Personne n’est dupe : le député est en campagne pour sa réélection, après avoir fait – sans succès – celle de Manuel Valls pour la primaire à gauche.

Non, pas de doute, ce que sont venus chercher les jeunes et les moins jeunes ce jour-là, c’est du plaisir autour d’un ballon de football, sur un des quatre terrains disposés devant la tribune. « Il fait beau, on va jouer au foot, on n’a pas à se plaindre », s’enthousiasme David, papa de la petite Sarah, 12 ans, venue elle aussi pour le tournoi.

À quelques mètres de là, des mamans en poussette et des groupes d’enfants se dirigent vers les autres animations proposées dans le complexe sportif : des ateliers dans des structures gonflables, des petits jeux de précision balle au pied…

Yassine Benzia, Smaïl Bouabdellah, Mac Tyer, les VIP au stade du Coudray

Le tout donne une petite fête bien rodée, à mi-chemin entre une kermesse de quartier et un tournoi de prestige. Pour le côté « VIP », Giannelli Imbula a fait jouer son carnet d’adresses pour offrir quelques invités de marque aux enfants d’Argenteuil. Au fil de la journée, on croise ainsi Luis Fernandez, ancien entraîneur du PSG, Yassine Benzia, joueur de Lille, Smaïl Bouabdellah, journaliste de beIN Sports ou encore le rappeur Mac Tyer. “Pour moi, c’est normal d’être là, glisse ce dernier, originaire d’Aubervilliers. J’ai un lien particulier avec les mecs d’Argenteuil. Ce sont des débrouillards, des vrais, qui font beaucoup pour les jeunes générations. Je me retrouve pleinement dans cet esprit-là. Pour moi, voir Imbula faire tout cela, ça a un vrai sens, une vraie force. Il n’oublie pas d’où il vient.”

Ilyes RAMDANI

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