La pluie tombe légèrement devant l’Hôtel de ville. Les Bondynoises s’armant de banderoles et de pancartes. Cette marche des femmes a pour but de dire non, « non au harcèlement de rue », « non aux insultes sexistes », « non aux inégalités de salaires », « non aux sifflements sexistes ». Les percussions de la fanfare Batuca Pop ont résonné dans les rues de Bondy accompagnées de la voix des manifestantes qui disaient « Non ! » à toutes les inégalités et « Oui ! » aux femmes.

10h30, la marche des femmes contre les inégalités avance dans les rues de Bondy en passant devant la place du marché. Rabia Nahar Hamidi, conseillère municipale déléguée aux manifestations et à la manœuvre de l’évènement, mégaphone en main, entraîne les manifestants en scandant « Quand c’est non c’est non, non, non ! ». Le cortège passe par des petites rues qui donnent sur des habitations puis par la gare.

Sur les trottoirs, certains passants regardent le cortège avec étonnement, d’autres le saluent d’un geste de la main ou l’applaudissent. Faire un tour de la ville et se faire entendre pour enfin être à l’aise dans la rue, là où les femmes se font généralement toutes petites.

Le cortège a défilé de la mairie à la gare / (C) Chloé Palade

Louise, 24 ans, présente à la marche explique : « Je pense que cette manifestation est surtout là pour se réapproprier la rue car il y a plein de manières de pouvoir contrer les oppressions patriarcales. C’est quelque chose qu’on remarque beaucoup quand on est une femme, ne pas se sentir à sa place dans la rue, avoir l’impression que la rue n’est pas à nous. On est là aussi pour parler des autres choses qui sont problématiques comme les inégalités salariales. » Louise affirme avoir déjà vécu du harcèlement de rue, comme beaucoup d’autres femmes.

Depuis plus d’un siècle, les femmes se mobilisent le 8 mars contre les inégalités hommes-femmes. Aujourd’hui, le combat n’est pas fini, « 150 : c’est le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex conjoint en 2019 », indique une des cartes distribuées lors de la manifestation. Le combat doit continuer et être transmis aux générations futures. Voir des enfants tenir des pancartes « Non aux insultes sexistes » donne espoir en la nouvelle génération.

On vit dans un monde machiste et sexiste

Des hommes étaient également là pour soutenir la marche des femmes. C’est le cas de Jacques, 60 ans : « Je suis là pour dire non à toutes les inégalités entre les hommes et les femmes, explique-t-il. Les inégalités salariales, les inégalités d’emploi en fonction de la couleur, les inégalités d’accession à des métiers à formation égale… Il n’y a pas qu’une seule des inégalités qui pèsent, c’est un ensemble qui fait que l’on vit dans un monde qui est machiste et sexiste qui n’autorise pas aux femmes d’accéder à une vie sociale équivalente à celle des hommes ».

Des hommes et des enfants étaient là aussi / (C) Chloé Palade

Et le sexagénaire de poursuivre, convaincu : « C’est complètement hors du temps par rapport à ce qui se passe dans d’autres pays. Dans les pays nordiques par exemple, où les hommes peuvent prendre des congés parentaux beaucoup plus facilement que les femmes. C’est tout un ensemble qui fait qu’on a parfois l’impression de ne pas être au 21e siècle. »

La manifestation s’est arrêtée à midi à la Ferme Caillard où a été servie la « soupe de la sororité ». Souad, présidente de l’association Soleil Solidarité Vacances, donne tout son soutien pour cette manifestation pour les femmes et ajoute : « Je souhaite une excellente fête à toutes les femmes du monde entier, cette manifestation, c’est pour elles ».

Chloé PALADE

Articles liés

  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels sont partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021
  • « On avait envie de ramener les vacances en bas de leurs bâtiments »

    Avec la crise sanitaire, pour de nombreux jeunes des quartiers populaires, l’été se passe souvent à la maison. Pour faire face à un été compliqué, des associations proposent (heureusement) des alternatives pour les plus jeunes. Reportage.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 16/07/2021
  • Le fast food social de l’Après M, 13 organisé à Marseille

    Dans les quartiers Nord marseillais, l’Après-M est en pleine phase de transition : de la débrouille à la structuration, mais toujours dans une quête d'indépendance. En pleine discussion avec la mairie phocéenne qui a annoncé son rachat, le 9 juillet prochain l’Après-M connaîtra la nature de sa propriété et de ses propriétaires. En attendant, l’auto-organisation locale reste toujours la marque de fabrique de la structure qui continue de fournir de l’aide alimentaire. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 08/07/2021