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Nombre d’écoliers ou d’étudiants pourraient dresser un inventaire à la Prévert et passer commande en cette période de fêtes. De la cantine, aux doudounes, en passant par le savon, il suffirait de presque rien…

Ecole n. f, du latin schola : établissement où l’on donne un enseignement collectif, général. Voilà la première définition de l’école que nous pouvons trouver dans n’importe quel dictionnaire de la langue française. Arrivé à 18‑19 ans l’école, on sait bien ce que c’est. Du moins, dans l’hypothèse qu’on n’ait pas décroché en route. A cet âge-là, nous sommes pour beaucoup engagés dans des études supérieures. A 19 ans, on a passé 16 ans de notre vie à l’école. 16 ans c’est beaucoup. 16 ans avec des professeurs, des camarades, des devoirs, des notes. Si l’école fonctionnait comme notre supermarché, on aurait sûrement une de carte de fidélité.

Pourtant les conditions dans lesquels nous passons la plupart de notre temps laissent souvent à désirer. Noël approche. Petits, on commandait des Barbies et des tracteurs, aujourd’hui on aurait quelques mots à toucher au Père Noël, s’il nous écoute encore.

A table

Dès le plus jeune âge nous sommes confrontés à ces incommodités, d’abord à la cantine. Ça commence par les brocolis verts fluo qu’on nous a proposés jusqu’à l’école primaire. Oui, oui il fallait manger parce que « certains enfants ne mangent pas dans le monde ». En attendant, Jade 5 ans a son mot à dire « la cantine ce n’est pas souvent très bon, en général moi je mange l’entrée et le pain ou alors le dessert et le pain, c’est tout ». Jade rassures toi avec le temps ça s’arrangera légèrement.

Merwan est lycéen depuis quelques mois « au lycée on a un self, du coup on a plus le choix. Evidemment, ce n’est pas extra mais ça se mange ». Mehdi ajoute : « et puis maintenant on est plus libre : si j’ai plus de temps pour manger, je rentre chez moi et je me fais des pâtes ou je réchauffe un truc que ma mère a fait la veille, il n’y a rien de mieux ».

Toilettes

Avant d’aller manger, il faut évidemment passer par les toilettes, au moins pour se laver les mains, hygiène oblige, c’est ce que l’on nous apprend dès le plus jeune âge. Pourtant Semra considère que l’hygiène des sanitaires laisse à désirer une fois les petites classes passées. Elle est aujourd’hui en licence de droit à Nanterre « à la fac, je viens avec mon Tupperware et mon gel hydroalcoolique. Le Tupperware c’est parce que je n’ai pas le temps de prendre une pause déjeuner, et le gel hydroalcoolique c’est parce qu’il n’y a jamais, ô grand jamais, de savon dans les toilettes, c’est hygiénique ça ? ». En plus du savon qui se fait rare, Anaëlle pointe l’absence récurrente de papier et de lumière qui s’éteint au bout de 30 secondes : « il faut prévoir les mouchoirs, la lampe torche du téléphone si tu crains le noir, une épreuve Koh-lanta ! ».

Le chauffage

Depuis quelques semaines, les températures ont considérablement baissées. Si certains foyers collectifs ont peiné à obtenir le chauffage, plusieurs établissements attendent encore. Au lycée Mozart du Blanc-Mesnil, les élèves ont mis en place un blocus pour se faire entendre.

A Paris Diderot, il y a quelques semaines une professeure a consacré 15 minutes de son cours pour expliquer à ses étudiants que « cette situation n’est plus tenable, on ne va pas faire cours tout l’hiver avec des doudounes et des écharpes ». Ainsi elle les a appelés à se mobiliser et a fait circuler une pétition. Léa est inscrite dans cette université : « c’est compliqué de rester concentrer plusieurs heures quand tu claques des dents. On a du mal à écrire tellement on a froid ».

Paris VII n’est pas une exception, à Paris VIII les étudiants connaissent le même traitement de faveur. Dans l’amphi B004 du lundi matin les chauffages ne sont toujours pas allumés. Les étudiants gardent leurs manteaux et tombent malades. Cela ne les encourage pas à quitter leur lit douillet pour suivre un cours glacial pendant 3 longues heures : « très franchement moi j’ai arrêté d’y aller, c’est horrible t’as l’impression de rentrer dans un frigo. Je n’arrive pas à me concentrer quand j’ai froid donc même quand j’y vais ça ne sert strictement à rien. Pour compenser j’essaye de rattraper les cours sur des camarades et je lis les livres que le prof nous à conseillé dans la bibliographie » explique Næl.

Donc Père Noël, voici notre liste qui coûtera sûrement moins chère que celle d’un enfant de 11 ans : du papier de toilette, du savon, du chauffage, et si tu as le temps essaies de revoir les menus proposés par le Siplarc, la restauration de collectivité. Merci.

Sarah Ichou

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